Québécois ? Rien ! par Alain Gagnon…

15 janvier 2017

L’OUBLI DE SOI 

Au Québec, les nouveaux venus, s’ils sont de religion ou culture différentes — c’est-à-dire s’ils ont des façons autres de se rappeler qui ils sont —, ont droit à leurs différences, que cette différence s’exprime par le kirpan, la kippa, le foulard   ou toutes formes de manifestation — et le libéral en moi s’en réjouit.  Officiellement ou officieusement, il n’y a que les Québécois de souche qui ne peuvent être quelque chose et l’exprimer.  Ils ne peuvent qu’être rien.  Et ce Rien nous étouffe.

*

Notre personnalité apparente ?  Voilà ce que nous transportons, nommons moi et montrons aux autres comme étant soi : une masse de tissus cicatriciels ; elle forme coquille et nous suit, plus ou moins cohérente dans ses infirmités, de l’enfance à la tombe.

*

Que ou qui sommes-nous ?

Imaginez une sphère de lumière ou un diamant lumineux, pointes à la verticale.  Un rayon pâle en jaillit et pénètre une zone d’ombre où sa luminosité se tamise.  Ce rayon a pouvoir de réflexion et un fort besoin de s’identifier, se projeter.  Sans cesse, il se répète : « Je suis ce que je perçois ». Bientôt, il développera des aperçus généraux sur l’ombre, pour en arriver à se prouver la seule existence de l’ombre, et il se niera toute autre origine ou destination que l’ombre, et il souffrira d’une solitude et d’un manque que la présence d’autres rayons ternes comme lui n’arrivera pas à combler.  Ni les modes d’être au monde sans transcendance que les autres rayons et lui auront tenté, dans l’absurde, d’élaborer.

Jusqu’à ce que, par effort de conscientisation ou par révélation, il se ressouvienne soudain de sa source et réalise l’immensité de son être, de ce qu’il est.

Voilà ce que nous sommes, le fragment (ego) d’un diamant de lumière (soi), identifié à l’ombre qui l’entoure et coupé de son être originel.  Et nous nous sommes voulus rétrécis de la sorte.  C’est ce que nous avons probablement choisi.

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La démocratie en bulles, par Jean-Pierre Vidal…

4 novembre 2016

Chronique d’humeur

Au moment où j’écris ces lignes, le résultat des élections n’est pas encore connu. Mais quel qu’il soit, il n’infirme pas ce que je m’apprête à dire et qui est déjà, d’ailleurs, tout entier dans mon titre : l’enfermement confortable dans lequel nos consciences à tous coulent des jours heureux et l’insignifiance de nos discussions politiques quand, du moins, nous en avons.

Les bulles, ça me connaît : je suis un universitaire, et qui plus est, spécialiste d’une forme de littérature que le bon peuple, mais aussi la majorité de mes collègues considèrent comme absconse. Et pourtant j’ai l’impression d’avoir toute ma vie fait des pas vers l’extérieur, là où hors bulle et armure, tout se débat à découvert. Je parlerai donc de naïveté : la mienne et celle des autres. Celle de quiconque croit que le social est un dialogue et que les élections en sont le temps fort.

Chacun son enfermement

Dans une petite université régionale, quiconque a décidé de ne pas s’enfermer dans son bureau ou dans sa discipline trouve toujours injuste la vieille accusation d’habiter dans une tour d’ivoire, loin des réalités du monde. Je me suis toujours investi dans des situations et des organisations extérieures à l’université et un certain nombre de mes collègues de toutes disciplines aussi. Bien sûr, c’est toujours dans le prolongement de mon travail d’enseignant et de chercheur. Mais ce prolongement touche directement au milieu régional et transforme nécessairement ma perspective individuelle. Ici, l’université n’est pas une tour d’ivoire, sauf pour qui ne pense qu’à sa carrière de chercheur dont déjà l’enseignement l’éloigne.

Il reste cependant que l’universitaire est enfermé dans son réduit : les médias, qui devraient se soucier d’organiser la rencontre entre le détenteur d’un savoir et la curiosité du public, bouclent au contraire à double tour dans son savoir quiconque serait prêt à vulgariser. Vous n’êtes jamais assez simple pour le public. Et pourtant le Québec possède des vulgarisateurs hors pair qui seraient capables d’expliquer la physique quantique au plus épais des épais si on leur en donnait la possibilité. Mais même dépouillé de votre jargon, vous êtes toujours trop lourd, trop rude, trop exigeant pour l’écoute que les médias ont inventée de toutes pièces, car c’est une fiction : sinon, où diable sont passés tous ces gens instruits que le Québec a formés en nombre de plus en plus grand depuis un bon demi-siècle maintenant ? À moins qu’on en ait fait le deuil et qu’on pense qu’ils n’écoutent ni la télé ni la radio ? L’évolution de la Société Radio-Canada depuis une bonne trentaine d’années illustre éloquemment cette attitude méprisante qui consiste à prendre le public en général pour une mare d’incultes et d’affaissés du cerveau, ou pour des accablés du boulot, lessivés par le travail au point d’en être presque abrutis.

Faut-il rappeler à la haute direction de la SRC — c’est elle la responsable, et non ceux qu’elle chapitre manifestement dans le sens du poil le plus court — que c’est cette institution qui a, en grande partie, donné leur culture à tous ceux et celles qui ont plus de cinquante ans ? Et à une époque où l’école, elle, s’en chargeait pourtant encore, elle aussi, ce qu’elle ne fait plus guère. À cette époque, il y avait un véritable dialogue entre les deux, l’une appuyant l’autre.

La fin du dialogue

On a plutôt l’impression, désormais, que la facilité et la complaisance médiatiques dictent, au contraire, son attitude à l’école. Il n’y a en tout cas plus le moindre dialogue entre ces deux sphères pourtant capitales pour la constitution d’une communauté. Pas le moindre dialogue, parce que l’une a avalé l’autre. Et si ni l’école ni les médias ne se soucient de refonder la communauté, comme ils le devraient, quelle institution pourra bien le faire ? La religion ? Elle a volé en éclats de sectes, de superstitions, d’églises quasi confidentielles ou d’intégrismes plus ou moins avoués, comme celui de notre bon maire.

Le nivellement par le bas de la parole et de l’écoute, le refus de l’effort sur lequel se fonde ce nivellement, l’assimilation de toute opposition à de la violence, la peur du dialogue remplacé par l’assentiment complaisant ou la haine anonyme (voyez le niveau de discours des réseaux sociaux), tout cela emprisonne chacun d’entre nous dans un quant-à-soi imbécile et stérile.

On mesure jusqu’où peut aller notre enfermement si l’on ajoute encore à tous ces facteurs le fait que nos sphères privées les plus larges (et je ne parle même pas des « amis » Facebook) sont elles-mêmes des bulles où l’on pense sensiblement la même chose sur bien des sujets : par exemple, je n’ai, quant à moi, jamais rencontré quelqu’un qui ait voté pour le maire Tremblay, sauf à l’épicerie ou dans les transports en commun, seuls lieux, peut-être, avec l’hôpital, où un individu peut rencontrer des gens qui n’appartiennent pas à son monde.

Dès lors, quoi d’étonnant à ce qu’on ait les campagnes politiques que l’on a ? Notre culture n’est faite que de manies partagées avec un petit nombre, notre communauté n’est animée que d’intérêts minuscules, notre pensée politique ne repose que sur un individualisme soufflé au point de se croire universel alors qu’il est étriqué comme jamais, peut-être, dans l’histoire.

Duplessis pas mort

La majorité dite silencieuse est constituée, hélas, de gens qui ne veulent rien savoir ni de la politique ni de l’art ni de la culture ni de quoi que ce soit qui dépasse le pain et les jeux des Romains de la décadence. La promesse d’emplois et l’appel aux intérêts les plus locaux font foi de tout et quand la majorité silencieuse se réveille en grognant, une fois tous les quatre ans, pour voter, un peu comme on rote, on lui parle son langage : le simplissime et « les vraies affaires », le retour des Nordiques et les mines d’amiante à jobs, la loi qui défait toutes les lois et l’ordre de tous les baillons.

Mais de quelles oubliettes obscures de l’histoire du Québec a donc bien pu sortir ce maire d’une municipalité du lac Saint-Jean qui prétendait se faire élire comme indépendant pour se joindre ensuite au parti victorieux ? Pourquoi élirions-nous à l’Assemblée nationale des gens qui ne s’intéressent qu’au bien de leur bled et sont prêts à avaler toutes les couleuvres idéologiques pour le servir ? N’est-ce pas ainsi, petit intérêt par petit intérêt, que Harper a conquis le Canada ? Et Jean Charest n’a-t-il pas tenté in extremis de nous faire le même coup ?

Prise entre une majorité qui se tait massivement pendant quatre ans et des « individus » qui gazouillent en prenant leurs pouces pour des neurones, mais ne font que répéter les mêmes quatre ou cinq « opinions » simplettes, les mêmes blagues tristounettes, les mêmes injures de cour d’école, que devient la démocratie dont tout le monde se gargarise ?

Je crois qu’elle fait, elle aussi, des bulles.

Dans son bain d’indifférence.

Notice biographique

PH.D en littérature (Laval), sémioticien par vocation, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis l’ouverture de l’institution, en 1969. Fondateur de la revue Protée, il a aussi été chercheur et professeur accrédité au doctorat en sémiologie de l’Université du Québec à Montréal. Il a d’ailleurs été professeur invité à l’UQAM (1992 et 1999) et à l’UQAR (1997).

Outre de nombreux articles dans des revues universitaires et culturelles, il a publié deux livres sur Robbe-Grillet, un essai dans la collection « Spirale » des Éditions Trait d’union, Le labyrinthe aboli ; de quelques Minotaures contemporains (2004) et deux recueils de nouvelles, Histoires cruelles et lamentables (Éditions Logiques 1991) et, cette année, Petites morts et autres contrariétés, aux éditions de la Grenouillère.  De plus, il vient de publier Apophtegmes et rancœurs, un recueil d’aphorismes, aux Éditions Le Chat Qui Louche.

Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (Spirale, Tangence, Esse, Etc, Ciel Variable, Zone occupée). Il a préfacé plusieurs livres d’artiste, publie régulièrement des nouvelles et a, par ailleurs, commis un millier d’aphorismes encore inédits.

Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec, Société et Culture.


Chronique d’humeur, par Jean-Pierre Vidal…

9 octobre 2016

La démocratie en bulles

Au moment où j’écris ces lignes, le résultat des élections n’est pas encore connu. Mais quel qu’il soit, il n’infirme pas ce que je m’apprête à dire et qui est déjà, d’ailleurs, tout entier dans mon titre : l’enfermement confortable dans lequel nos consciences à tous coulent des jours heureux et l’insignifiance de nos discussions politiques quand, du moins, nous en avons.

Les bulles, ça me connaît : je suis un universitaire, et qui plus est, spécialiste d’une forme de littérature que le bon peuple, mais aussi la majorité de mes collègues alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec considèrent comme absconse. Et pourtant j’ai l’impression d’avoir toute ma vie fait des pas vers l’extérieur, là où hors bulle et armure, tout se débat à découvert. Je parlerai donc de naïveté : la mienne et celle des autres. Celle de quiconque croit que le social est un dialogue et que les élections en sont le temps fort.

Chacun son enfermement

Dans une petite université régionale, quiconque a décidé de ne pas s’enfermer dans son bureau ou dans sa discipline trouve toujours injuste la vieille accusation d’habiter dans une tour d’ivoire, loin des réalités du monde. Je me suis toujours investi dans des situations et des organisations extérieures à l’université et un certain nombre de mes collègues de toutes disciplines aussi. Bien sûr, c’est toujours dans le prolongement de mon travail d’enseignant et de chercheur. Mais ce prolongement touche directement au milieu régional et transforme nécessairement ma perspective individuelle. Ici, l’université n’est pas une tour d’ivoire, sauf pour qui ne pense qu’à sa carrière de chercheur dont déjà l’enseignement l’éloigne.

Il reste cependant que l’universitaire est enfermé dans son réduit : les médias, qui devraient se soucier d’organiser la rencontre entre le détenteur d’un savoir et la curiosité du public, bouclent au contraire à double tour dans son savoir quiconque serait prêt à vulgariser. Vous n’êtes jamais assez simple pour le public. Et pourtant le Québec possède des vulgarisateurs hors pair qui seraient capables d’expliquer la physique quantique au plus épais des épais si on leur en donnait la possibilité. Mais même dépouillé de votre jargon, vous êtes toujours trop lourd, trop rude, trop exigeant pour l’écoute que les médias ont inventée de toutes pièces, car c’est une fiction : sinon, où diable sont passés tous ces gens instruits que le Québec a formés en nombre de plus en plus grand depuis un bon demi-siècle maintenant ? À moins qu’on en ait fait le deuil et qu’on pense qu’ils n’écoutent ni la télé ni la radio ? L’évolution de la Société Radio-Canada depuis une bonne trentaine d’années illustre éloquemment cette attitude méprisante qui consiste à prendre le public en général pour une mare d’incultes et d’affaissés du cerveau, ou pour des accablés du boulot, lessivés par le travail au point d’en être presque abrutis.

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecFaut-il rappeler à la haute direction de la SRC — c’est elle la responsable, et non ceux qu’elle chapitre manifestement dans le sens du poil le plus court — que c’est cette institution qui a, en grande partie, donné leur culture à tous ceux et celles qui ont plus de cinquante ans ? Et à une époque où l’école, elle, s’en chargeait pourtant encore, elle aussi, ce qu’elle ne fait plus guère. À cette époque, il y avait un véritable dialogue entre les deux, l’une appuyant l’autre.

La fin du dialogue

On a plutôt l’impression, désormais, que la facilité et la complaisance médiatiques dictent, au contraire, son attitude à l’école. Il n’y a en tout cas plus le moindre dialogue entre ces deux sphères pourtant capitales pour la constitution d’une communauté. Pas le moindre dialogue, parce que l’une a avalé l’autre. Et si ni l’école ni les médias ne se soucient de refonder la communauté, comme ils le devraient, quelle institution pourra bien le faire ? La religion ? Elle a volé en éclats de sectes, de superstitions, d’églises quasi confidentielles ou d’intégrismes plus ou moins avoués, comme celui de notre bon maire.

Le nivellement par le bas de la parole et de l’écoute, le refus de l’effort sur lequel se fonde ce nivellement, l’assimilation de toute opposition à de la violence, la peur du dialogue remplacé par l’assentiment complaisant ou la haine anonyme (voyez le niveau de discours des réseaux sociaux), tout cela emprisonne chacun d’entre nous dans un quant-à-soi imbécile et stérile.

On mesure jusqu’où peut aller notre enfermement si l’on ajoute encore à tous ces facteurs le fait que nos sphères privées les plus larges (et je ne parle même pas des « amis » Facebook) sont elles-mêmes des bulles où l’on pense sensiblement la même chose sur bien des sujets : par exemple, je n’ai, quant à moi, jamais rencontré quelqu’un qui ait voté pour le maire Tremblay, sauf à l’épicerie ou dans les transports en commun, seuls lieux, peut-être, avec l’hôpital, où un individu peut rencontrer des gens qui n’appartiennent pas à son monde.

Dès lors, quoi d’étonnant à ce qu’on ait les campagnes politiques que l’on a ? Notre culture n’est faite que de manies partagées avec un petit nombre, notre communauté n’est animée que d’intérêts minuscules, notre pensée politique ne repose que sur un individualisme soufflé au point de se croire universel alors qu’il est étriqué comme jamais, peut-être, dans l’histoire.

Duplessis pas mort

La majorité dite silencieuse est constituée, hélas, de gens qui ne veulent rien savoir ni de la politique ni de l’art ni de la culture ni de quoi que ce soit qui dépasse le  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecpain et les jeux des Romains de la décadence. La promesse d’emplois et l’appel aux intérêts les plus locaux font foi de tout et quand la majorité silencieuse se réveille en grognant, une fois tous les quatre ans, pour voter, un peu comme on rote, on lui parle son langage : le simplissime et « les vraies affaires », le retour des Nordiques et les mines d’amiante à jobs, la loi qui défait toutes les lois et l’ordre de tous les baillons.

Mais de quelles oubliettes obscures de l’histoire du Québec a donc bien pu sortir ce maire d’une municipalité du lac Saint-Jean qui prétendait se faire élire comme indépendant pour se joindre ensuite au parti victorieux ? Pourquoi élirions-nous à l’Assemblée nationale des gens qui ne s’intéressent qu’au bien de leur bled et sont prêts à avaler toutes les couleuvres idéologiques pour le servir ? N’est-ce pas ainsi, petit intérêt par petit intérêt, que Harper a conquis le Canada ? Et Jean Charest n’a-t-il pas tenté in extremis de nous faire le même coup ?

Prise entre une majorité qui se tait massivement pendant quatre ans et des « individus » qui gazouillent en prenant leurs pouces pour des neurones, mais ne font que répéter les mêmes quatre ou cinq « opinions » simplettes, les mêmes blagues tristounettes, les mêmes injures de cour d’école, que devient la démocratie dont tout le monde se gargarise ?

Je crois qu’elle fait, elle aussi, des bulles.

Dans son bain d’indifférence.

Notice biographique

PH.D en littérature (Laval), sémioticien par vocation, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecenseigné depuis l’ouverture de l’institution, en 1969. Fondateur de la revue Protée, il a aussi été chercheur et professeur accrédité au doctorat en sémiologie de l’Université du Québec à Montréal. Il a d’ailleurs été professeur invité à l’UQAM (1992 et 1999) et à l’UQAR (1997).

Outre de nombreux articles dans des revues universitaires et culturelles, il a publié deux livres sur Robbe-Grillet, un essai dans la collection « Spirale » des Éditions Trait d’union, Le labyrinthe aboli ; de quelques Minotaures contemporains (2004) et deux recueils de nouvelles, Histoires cruelles et lamentables (Éditions Logiques 1991) et, cette année, Petites morts et autres contrariétés, aux éditions de la Grenouillère.  De plus, il vient de publier Apophtegmes et rancœurs, un recueil d’aphorismes, aux Éditions Le Chat Qui Louche.

Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (Spirale, Tangence, Esse, Etc, Ciel Variable, Zone occupée). Il a préfacé plusieurs livres d’artiste, publie régulièrement des nouvelles et a, par ailleurs, commis un millier d’aphorismes encore inédits.

Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec, Société et Culture.


Propos sur l’oubli de soi… Québécois ? Rien !, Alain Gagnon…

2 mai 2016

Extraits de Propos sur l’oubli de soi 

Au Québec, les nouveaux venus, s’ils sont de religion ou culture différentes — c’est-à-dire s’ils ont des façons autres de se alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecrappeler qui ils sont —, ont droit à leurs différences, que cette différence s’exprime par le kirpan, la kippa, le foulard   ou toutes formes de manifestation — et le libéral en moi s’en réjouit.  Officiellement ou officieusement, il n’y a que les Québécois de souche qui ne peuvent être quelque chose et l’exprimer.  Ils ne peuvent qu’être rien.  Et ce Rien nous étouffe.

*

Notre personnalité apparente ?  Voilà ce que nous transportons, nommons moi et montrons aux autres comme étant soi : une masse de tissus cicatriciels ; elle forme coquille et nous suit, plus ou moins cohérente dans ses infirmités, de l’enfance à la tombe.

*

Que ou qui sommes-nous ?

Imaginez une sphère de lumière ou un diamant lumineux, pointes à la verticale.  Un rayon pâle en jaillit et pénètre une zone d’ombre où sa luminosité se tamise.  Ce rayon a pouvoir de réflexion et un fort besoin de s’identifier, se projeter.  Sans cesse, il se répète : « Je suis ce que je perçois ». Bientôt, il développera des aperçus généraux sur l’ombre, pour en arriver à se prouver la seule existence de l’ombre, et il se niera toute autre origine ou destination que l’ombre, et il souffrira d’une solitude et d’un manque que la présence d’autres rayons ternes comme lui n’arrivera pas à combler.  Ni les modes d’être au monde sans transcendance que les autres rayons et lui auront tenté, dans l’absurde, d’élaborer.

Jusqu’à ce que, par effort de conscientisation ou par révélation, il se ressouvienne soudain de sa source et réalise l’immensité de son être, de ce qu’il est.

Voilà ce que nous sommes, le fragment (ego) d’un diamant de lumière (soi), identifié à l’ombre qui l’entoure et coupé de son être originel.  Et nous nous sommes voulus rétrécis de la sorte.  C’est ce que nous avons probablement choisi.


Balbutiements chroniques, par Sophie Torris…

10 août 2015

Pied de nez !  (Suite)

Cher Chat,

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec

Tiré du site de CHOI 98,1 Radio X

Je vous invite, comme promis, à repartir du bon pied sur le chemin des odeurs.  Je ne voudrais pas, mon Matou, vous laisser plus longtemps la moustache en berne.  De toutes les façons, je ne supporte pas les odeurs de renfermé et ce sujet, étant propice à maintes ouvertures, m’offre de remettre sans complexe les pieds dans le même plat.

Nous chasserons aujourd’hui les mauvaises odeurs.  Enfin, pour être plus précise, ces essences naturelles que l’éducation bien pensante tente de masquer par mille et une mises à pied aseptiques du genre : « À vos déodos !  Mâtez vos aromates ! »

Eh bien, moi, je suis sceptique !

Aujourd’hui, on blanchit tout, même l’argent, et pourtant le monde n’a jamais senti si mauvais, non ?  On se tourne les talons en cultivant des relations virtuelles inodores alors que la solitude nous talonne.  On fait des pieds et des mains pour tous sentir la rose, dissimulant ainsi nos huiles essentielles derrière des mensonges qui, dans certaines bouches, ont pourtant fort mauvaise haleine.  Mais que voulez-vous, cher Chat, les odeurs autochtones sont des parfums défendus.  Il ne fait pas bon semer nos senteurs fauves.  Alors, on vaporise, on stérilise, on javellise.

Êtes-vous déjà entré, le Chat, dans une maison sans odeur ?  Ma maison a longtemps senti les Vachon.  C’est le nom des gens qui, la larme à l’œil, nous ont cédé leur demeure familiale et dont l’odeur a plané en sursis quelques mois avant que la nôtre finisse par mettre la leur au pied du mur.  Maintenant que notre maison sent comme nous, on a l’impression qu’elle ne sent plus rien du tout, sauf  quand on y revient après une longue absence.  On surprend alors, avant qu’elles ne s’échappent, nos fragrances endormies dans l’air encore immobile.  Et c’est drôlement rassurant de se sentir chez soi.

Une maison qui n’a pas d’odeur n’a pas d’identité.  Je ne dis pas que ça doit automatiquement sentir le steak frites chez un Français, le chili con carne chez un Mexicain ou le ragoût de boulettes chez un Québécois, mais je trouve révélateur de ce siècle anezrexique, que mes semblables soient obsédés par leurs propres odeurs au point de chercher à les maîtriser sans relâche.

Même si l’on dit souvent que personne n’est dégouté par ses propres odeurs, elles sont tout de même sérieusement en voie de disparition.  Qui sait, le Chat, si un jour, on ne livrera pas une guerre intestine contre les flatulences jusque sur la voie publique ?  Je dois bien avouer que même si ma narine a le pied marin, volontiers dilatée contre vents et marées, il m’est arrivé d’entendre certains mots d’intestins dont le verbe corrosif a bien failli m’envoyer plus d’une fois six pieds sous terre.  Mais s’il faut choisir entre le bruit de l’odeur et l’odeur d’ennui des parfums d’ambiance, mon nez préfère le chaos.  Parole d’odeur !

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Tiré de Selection du Reader’s Digest

Il faut cependant que je vous avoue, cher Chat, que je ne saurais trop sur quel pied danser si mon entourage me faisait savoir que mon odeur naturelle les incommode.  Une telle critique semble en effet très proche de la blessure narcissique.  L’odeur serait alors un de nos talons d’Achille et laisser libre cours à sa spontanéité olfactive équivaudrait donc à se tirer soi-même dans le pied ?  Là, repose peut-être la raison de cette tendance à l’aseptisation.

Mais alors, comment aurais-je fait pour trouver chaussure à mon nez ?  Comment aurais-je pu reconnaître celui dont l’odeur m’était piedestiné s’il l’avait réduite comme peau de chagrin ?  Car l’amour n’est-ce pas d’abord aimer follement l’odeur de l’autre * ?

Et c’est bien là, dans l’odeur d’une peau cédée que loge mon cœur de femme.

Sophie

* Citation tirée de La vie secrète de Pascal Quignard.

Notice biographique

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecSophie Torris est d’origine française, Québécoise d’adoption depuis dix-sept  ans. Elle vit à Chicoutimi, y enseigne le théâtre dans les écoles et l’enseignement des arts à l’université. Elle écrit essentiellement du théâtre scolaire et mène actuellement des recherches doctorales sur l’impact de la voix de l’enfant acteur dans des productions visant à conscientiser l’adulte. Elle partage également une correspondance épistolaire avec l’écrivain Jean-François Caron sur le blogue In absentia. (http://lescorrespondants.wordpress.com)


Chronique d’humeur, par Jean-Pierre Vidal…

8 juin 2015

L’ignorance et le savoir : description d’un combat

Tout le monde a certainement vécu cela, en tout cas, moi, j’en ai été marqué : à l’époque où je découvrais touteschat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie sortes de choses, la littérature, la musique, le cinéma et que je les découvrais dans leur réalité vivante que l’école volontairement oubliait, je me heurtais encore et encore à des gens qui levaient le nez sur mes admirations ; j’avais fini, réaction de défense sans doute, par les considérer comme des snobs avant de m’apercevoir, au fil du temps, que ce n’étaient pas tous des snobs et que si certains trouvaient mes goûts naïfs et communs, c’était parce que plus familiers de ce chemin où je commençais de m’aventurer, ils en savaient infiniment plus que moi et avaient, somme toute, raison.

J’en ai gardé une certaine prudence qui m’incite à tenter de distinguer soigneusement les snobs des gens authentiquement « cultivés » qui peuvent parfois se retrouver sur le même terrain.  Je recherche, et reconnais en tout, ceux que l’on pourrait appeler des « connaisseurs » puisque désormais le mot culture ne désigne plus que l’appartenance à une société et n’implique en rien un effort sur soi et une recherche proche de l’ascèse dans le raffinement actif de ses goûts peut-être natifs et, en tout cas, appris.  Les connaisseurs, comme les experts, sont de nos jours dévalués dans la grande braderie populiste où tout équivaut à tout, où nul ne voit mieux ou plus loin que n’importe qui.

Connaisseurs méprisés, experts vilipendés

Un jour, je me suis rendu compte que les « connaisseurs » avaient raison sur moi, parce qu’ils en savaient plus.  Et ils en savaient plus, parce que leur savoir était le résultat d’un choix, d’une discrimination et parce que cette discrimination s’était exercée, non pas sur le tout-venant de l’actualité et de la mode, mais sur un ensemble plus vaste formé de leur petite histoire personnelle au sein de l’histoire générale de ce qui suscitait leur passion.  Autrement dit, ils connaissaient la musique alors que je ne faisais que siffloter maladroitement les airs à la mode remplacés dès le lendemain par d’autres.  Ils se fondaient sur leurs acquis auxquels ils en ajoutaient d’autres dans un processus dynamique, alors que je papillonnais dans l’air du temps, cette erre d’aller changeant comme les goûts et les impulsions de la foule.

Le réflexe standard, aujourd’hui, à la rencontre d’un de ceux que j’appelle les connaisseurs, tient en une formule : « pour qui il se prend, celui-là ! » Sous-entendu, qu’est-ce qu’il a de plus que moi, d’où vient l’autorité qu’il se donne ?

Le sacrifice que nous avons fait de l’autorité a jeté, avec l’eau des institutions qui la fondaient, le bébé de l’autorité du savoir et de celui qui s’en fait le porteur au prix d’un travail et d’une exigence.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonieJe l’ai déjà dit maintes et maintes fois : cette société du savoir dont nous saluons la prétendue émergence sur toutes les tribunes n’est en fait qu’une culture de l’ignorance.  C’est la loi de la société de consommation, où le loisir se pose comme l’alternative et la récompense d’un travail considéré soit comme abrutissant, soit comme un pis-aller.  Et c’est pourquoi, quand on consomme, il ne faut surtout pas « travailler », c’est-à-dire chercher, réfléchir, se transformer, éprouver et vivre le monde d’une façon inattendue.

Or, tous ceux qui s’investissent dans leur travail, tous ceux qui se passionnent pour un « loisir » vous diront que pour eux, il n’y a pas de différence entre l’un et l’autre.  J’ai eu, quant à moi, la chance de devenir un de ceux qui font de leur passion un métier et je n’ai donc jamais pris de « vacances » ni n’ai jamais « travaillé » : j’ai simplement vécu ma raison de vivre.

Et puisque cette vie s’appelle la littérature, j’ai beaucoup investi en elle, j’ai beaucoup travaillé, j’ai beaucoup joui, au point que je ne distingue plus entre chacun de ces termes.  Et je me considère comme un « connaisseur ».

Ce qui veut dire que la vulgate médiatique et le bon peuple lèvent le nez sur moi, comme sur le premier « expert » venu, et qu’on m’oppose les « prix des lecteurs » et les chiffres de vente en guise d’argument quand vient le temps d’exercer une discrimination quelconque en matière de littérature.

Tout est égal à tout, et réciproquement

Mon cas personnel et ma discipline ne sont qu’un exemple parmi des milliers.  Car de nos jours, « l’argument d’autorité », c’est-à-dire l’autorité qui le profère tenant lieu d’argument, a été remplacé par ce que l’on pourrait appeler « l’argument d’égalité », un mode de conviction dérivé de la généralisation absolue des droits de la personne et de leur corolaire : l’équivalence généralisée des personnes, des opinions, des croyances et des actions, ce qui revient, en fin de compte, à l’équivalence du savoir et de l’ignorance, de la science et de la pensée magique, de la politique et du sport, du dialogue et de l’invective.

Puisqu’il n’y a plus d’autorité, ni de celles qui s’imposent par un bras armé institutionnel ni de celles que l’on reconnaît « naturellement », rien ne met plus fin à l’empoignade et nul pays n’est désormais gouvernable.  On ne discute plus, on ne débat plus, on n’argumente plus : on affirme ou on nie ; on ne donne plus sens à quelque chose, on communique n’importe quoi et même, on se communique soi-même, point à la ligne.  Et en bons binaristes ou binarisés que nous sommes, on opine ou on s’oppose, on aime ou on n’aime pas, on est complice ou adversaire.

Loin de la dialectique qui animait, pour le meilleur et pour le pire, le siècle précédent, nous sommes à l’heure de la dichotomie triomphante où il s’agit finalement pour chacun de fortement marquer son territoire, sans doute pour se donner le sentiment d’exister.  Je me manifeste, donc je suis.  Pauvre Descartes, puisque tu ne pourrais que constater cette évidence, la mieux partagée de nos croyances : se manifester ne veut pas nécessairement dire « penser » !  La société de l’ignorance nous le fait savoir tous les jours.

Car il n’y a plus d’argument qui tienne devant l’autorité absolue du moi.  Il n’y a plus d’évolution possible devant chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophoniel’immobilité de son quant-à-soi.  Plus d’échange devant sa poussée virale.

Il va nous falloir, collectivement et individuellement, un effort surhumain pour sortir de cette complaisance de l’ignorance qui est une forme d’esclavage.  Il va nous falloir enfin reconnaître à leur juste valeur les Jos connaissants et les pelleteux de nuages, les connaisseurs et les experts, tous ceux, en un mot, qui, au fil souvent d’une vie, auront pris la peine, dans les domaines les plus insignifiants comme dans les plus capitaux, de devenir des maîtres.

Car sans ces maîtres-là, il n’est pas de liberté.

Jean-Pierre Vidal

Notice biographique

Écrivain, sémioticien et chercheur, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis safondation en 1969.  Outre des centaines d’articles dans des revues universitaires québécoises et françaises, il a publié deux livres sur Alain Robbe-Grillet, trois recueils de nouvelleschat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie (Histoires cruelles et lamentables – 1991, Petites morts et autres contrariétés – 2011, et Le chat qui avait mordu Sigmund Freud – 2013), un essai en 2004 : Le labyrinthe aboli – de quelques Minotaures contemporains ainsi qu’un recueil d’aphorismes,Apophtegmes et rancœurs, aux Éditions numériques du Chat qui louche en 2012.  Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (SpiraleTangenceXYZEsseEtc,Ciel VariableZone occupée).  En plus de cette Chronique d’humeur bimensuelle, il participe occasionnellement, sous le pseudonyme de Diogène l’ancien, au blogue de Mauvaise herbe.  Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec–Société et Culture (F.R.Q.S.C.).

 


Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

13 mai 2015

Les canots d’Obedjiwan

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Il y a longtemps, la forêt boréale était le lieu où Européens et Amérindiens échangeaient dans le commerce des fourrures.  Les peaux douces, chaudes et lustrées des castors, des martres, des loutres et des visons faisaient la joie des étrangers.  Un jour, une guerre de territoire se déclara entre les Montagnais, les Iroquois et les Attikameks.  Ces derniers furent vaincus et presque anéantis.   De plus, comble de malheur, des épidémies dévastatrices les frappèrent.   D’autres épreuves allaient s’ajouter pour assombrir encore le tableau…

Les Attikameks s’étaient établis dans le Haut-Saint-Maurice, un territoire sauvage, immense, parsemé de lacs limpides où l’épinette noire est un des rares conifères à résister aux hivers rigoureux.  La chasse à l’orignal, à la sauvagine et la pêche faisaient partie des activités quotidiennes essentielles à leur survie.  Ces Amérindiens observaient les bêtes et apprenaient de leurs comportements.   J’ai entendu dire que c’est en regardant une gélinotte marcher sur la neige qu’un homme avait eu l’idée de fabriquer des raquettes en babiche d’orignal pour faciliter ses déplacements.

L’arbre donnait la vie.  Son liber nourrissait l’homme.  On utilisait les feuilles et les branches pour produire des médicaments.  Avec l’écorce, on fabriquait des canots et  des paniers.  On utilisait les racines pour confectionner des cordages.

Un printemps où les nuits étaient très froides et les journées ensoleillées, une femme « kukum[1] » fit la découverte du sirop d’érable.  La sève montait à profusion à la cime des arbres.  La vieille entailla un tronc pour y recueillir son eau et la faire bouillir.  Elle oublia son chaudron quelques heures sur les braises…   Et un nectar sucré en résulta – il allait en régaler plus d’un.

Au vingtième siècle, l’arrivée des pensionnats autochtones bouleversa leur vie.  Les enfants, séparés de leur famille, devaient faire face à une nouvelle langue, à une nouvelle culture, à la solitude.

Il y a des hommes déportés de leurs coins de pays que d’autres ont forcés à s’exiler vers des lieux habités.  Souvent, ils déambulent dans la ville d’un pas lent, incertain.  Déracinés de la culture dans laquelle ils auraient voulu vivre, ils essaient de se tenir debout malgré la douleur.  D’autres, mieux adaptés au changement, à la modernisation, affichent fièrement leur identité amérindienne et s’intègrent bien dans la société actuelle.

Leur langue maternelle, l’attikamek, me semble abrupte à l’oreille de par ses consonnes prononcées sèchement.  C’est en les entendant s’exprimer dans leur dialecte que j’ai la conviction qu’ils sont des survivants, des guerriers.  On sent l’importance qu’ils accordent à la transmission de leur culture ancestrale.

Le canot voyage, glisse et fend l’eau.  Le pagayeur est son guide et peut le mener très loin.

Virginie Tanguay


[1] Grand-mère.

 Notice biographique de Virginie Tanguay

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieVirginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean.  Elle peint depuis une vingtaine d’années.  Elle est près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes.  Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique.  Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif.  Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion.  Les détails sont suggérés.  Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien.  Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche.

Pour ceux qui veulent en voir ou en savoir davantage, son adresse courrielle :  tanguayaquarelle@hotmail.com.  Vous pouvez vous procurer des œuvres originales, des reproductions, des œuvres sur commande, des cartes postales.


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