Chronique urbaine par Jean-François Tremblay…

22 janvier 2017

Castle, la Californie, et les gangs de rue…

Dans mon dernier texte pour Le Chat Qui Louche, je vous parlais de la télésérie américaine Castle.  Laissez-moi y revenir quelques instants.

Comme je l’ai mentionné précédemment,  le personnage principal, Richard Castle (interprété par Nathan Fillion) est un auteur à succès.  Il

Kate Beckett

accompagne la détective Kate Beckett dans ses enquêtes dans le but de s’en inspirer pour une nouvelle série de romans ayant comme personnage central « Nikki Heat » (ou Nikki Hard si vous regardez la série en français).

Et bien, la station ABC et les producteurs de la série ont mis en marché les romans de Richard Castle, sous la bannière Hyperion.  Bien qu’il ne s’agisse que de vulgaires produits dérivés, le résultat est intéressant, pour tout amateur de la série télévisée.

Les romans ont été écrits par un « ghost writer » qui demeure non identifié (du moins, aux dernières nouvelles).  Probablement un auteur de la série, mais on l’ignore pour l’instant.

Ce n’est pas de la grande littérature (j’ai lu le premier, « Heat Wave », au cours des derniers jours), mais c’est amusant.  Ça se lit comme un épisode de la série, avec un meurtre que Nikki Heat et le journaliste Jameson Rook (le personnage basé sur Richard Castle) doivent résoudre.

Le produit est très réaliste.  On retrouve au dos des livres la photo de Richard Castle (qui est bien sûr celle de Nathan Fillion) ainsi qu’une courte biographie de l’auteur.

À lire si vous aimez Castle.  Je ne le conseillerais pas, par contre, à quiconque ne suit pas la série.  Ce ne sont pas – le premier livre du moins – de très bons romans.  C’est divertissant, ça se lit vite, mais sans plus.  C’est du « junk food » littéraire.

À noter que le deuxième roman, « Naked Heat » est dans les librairies (je vais le lire bientôt), et que le troisième, « Heat Rises », s’en vient cet automne.

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Le 14 avril dernier, je prenais l’avion pour la première fois de ma vie.

Également pour la première fois ce jour-là, je mettais les pieds hors de mon pays.  À 34 ans.

Je quittais pour quatre jours en Californie avec l’équipe de Sorstu.ca, dans le but de couvrir le festival de musique Coachella, dans la vallée du même nom, à quelques heures de route de Los Angeles.

Ce fut un voyage exceptionnel, dont je garde de magnifiques souvenirs.

Coachella est l’un des (sinon LE) plus gros festivals de musique en Amérique du Nord.  Près de 150 artistes et groupes y jouaient, sur 6 scènes différentes, pendant trois jours.  Arcade Fire, les Black Keys, Kanye West, Duran Duran et plusieurs autres s’y sont produits.

Ce fut une expérience incroyablement amusante que je vais tenter de répéter dès que possible, avec ma copine cette fois-ci…

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Le matin de mon départ, vers 5 h, je me suis rendu (à pied) chez un ami, qui demeure à 20 minutes (à pied) de chez moi, pour, de chez lui, appeler un taxi et se rendre ensemble à l’aéroport.

Lorsque j’expliquai ceci à une personne de mon entourage, au téléphone, la veille, cette même personne (que je n’identifierai pas) me répondit : « Tu vas marcher 20 minutes à pied à 5 h du matin ?   T’as pas peur des gangs de rue? »

Cette personne, qui demeure en région, m’a beaucoup surpris avec son commentaire.  Ma première réaction devant cette question fut : « Euh… non. »

À vrai dire, ça ne m’avait jamais effleuré l’esprit.  Après quatre ans passés à Montréal, la dernière chose à laquelle je pense c’est bien aux gangs de rue…

Traitez-moi de naïf, mais je tombe encore sur le derrière quand quelqu’un me fait un commentaire dans le genre.

Cette semaine, j’expliquais à quelqu’un de la Rive-Sud de Montréal le fonctionnement des Bixis.  Je lui disais que l’un des avantages était de ne pas avoir à verrouiller son propre vélo et risquer de se le faire briser.  Il me répondit : « Ah oui, moi je ne barrerais pas mon vélo à Montréal, d’un coup que les gangs de rue arrivent avec un char et te le scrappent ! »

Mon commentaire faisait référence à de simples malfaisants, mais voilà encore les gangs de rue qui se pointent dans la conversation.

Dites-moi, gens des régions et de la banlieue de Montréal, c’est quoi cette obsession pour les gangs de rue?  Sérieux, je ne comprends pas.

Êtes-vous si influençables que vous croyez réellement tout ce que Mongrain, Poirier et les autres clowns de LCN peuvent débiter à longueur de journée?  Croyez-vous réellement qu’il n’y a pas de criminalité dans votre municipalité, et que Montréal est si invivable?

Après quatre ans au cœur de la ville (dans le quartier Rosemont-Petite-Patrie), je ne cesse de m’étonner de la vivacité des gens, de leur ouverture d’esprit, de leur forme physique, de tous ces parcs où je peux aller prendre l’air, de cette effervescence culturelle, de tout ce qu’il y a de merveilleux autour de moi.  Je demeure à quelques pas du marché Jean-Talon, du métro, de la bibliothèque municipale, de plusieurs parcs, de pistes cyclables, etc.

Je demeure au cœur d’une ville qui respire la vie.

Non, marcher à 5 h du matin ne m’a jamais fait peur, surtout pas à Montréal, l’une des villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord.

Alors, de grâce, trouvez de meilleurs arguments pour nourrir vos craintes face à la ville.

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Dès un très jeune âge, il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite la métropole depuis 2007.

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Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

1 mai 2016

 De l’eau du robinet, svp…

 Lors d’un séjour récent dans ma famille (et celle de ma copine),  j’ai été surpris par la grandealain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec variété de boissons que l’on m’offrait avec mes repas.  Eau fruitée, pétillante, sucrée, boissons gazeuses de toutes sortes, jus, etc.  À un moment, on m’a proposé une boisson énergisante au « café vert » de Starbucks, ou quelque chose du genre.

Et à chaque fois, invariablement, ma réponse fut non.

– Je vais prendre de l’eau, tout simplement.  Merci.

– T’es sûr ?  Mais mon eau est pétillante !

– De l’eau du robinet, ça va faire.  Merci.

– Il paraît que le café vert c’est bon pour la santé, selon des études.

– Paraît que l’eau c’est bon aussi pour la santé, selon plusieurs siècles de consommation.  Merci.

Je ne saisis pas tout à fait cette course folle contre l’eau.  Qu’avez-vous tous et toutes contre l’eau ?

J’ai l’impression aujourd’hui que chaque personne que je connais a une opinion sur le goût de l’eau.  L’eau de Montréal, de Jonquière, de La Baie, de Shipshaw, tout le monde a quelque chose à dire sur le goût de l’eau.  Ça va de commentaires évasifs tels que « elle ne goûte pas bon » à d’autres plus précis comme « elle goûte le sable ».

Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression de faire partie d’une minorité pour qui l’eau goûte… l’eau.  Peu importe où j’habite, l’eau a le même goût.  Sa température me dérange davantage que son « goût » – j’aime l’eau froide.   Mais mon eau, je la prends du robinet pour la mettre dans un pot, et celui-ci va au frigo.  Mon eau est donc toujours froide, et très bonne.  Elle goûte l’eau, tout simplement.

Qu’est-ce que j’en ai à foutre des pétillements, du sucre, de toutes les autres cochonneries que les grandes compagnies mettent dans l’eau pour duper la population ?

Je ne comprendrai jamais les gens qui, pour une question de « goût de l’eau », et donc un caprice selon moi, vont s’acheter bouteille après bouteille, alors que de l’eau saine coule dans leurs tuyaux.

Tant qu’à jeter ainsi votre argent par les fenêtres, envoyez-moi des chèques.  Je suis à la recherche d’un emploi.  Je me ferai un plaisir d’embouteiller mon eau de robinet pour la vendre, et ainsi empocher l’argent que vous décidez stupidement de flamber.  Mon eau de robinet, ou l’eau de robinet que l’on vous vend en bouteilles sous la fausse impression qu’elle est de source, c’est du pareil au même.

Non ?

Et je trouve d’une impolitesse considérable que quelqu’un offre à ses invités des boissons sucrées et gazéifiées, alors que ceux-ci sont en processus de remise en forme.

Je veux dire, ce n’est pas comme si je n’en parlais jamais – un simple coup d’œil à mon profil Facebook sert à constater les efforts que je mets dans ma perte de poids, la course et tout le reste.

M’offrir une boisson gazeuse, ou de l’eau sucrée, ou une boisson « énergisante », alors qu’il est plutôt clair que j’ai éliminé ces formes de poison de ma vie depuis un certain temps, devient en quelque sorte une insulte.

C’est comme la fois où quelqu’un m’a mis environ quatre ou cinq bols de croustilles et bonbons de diverses sortes sous le nez, prétextant ne pas vouloir être un « mauvais hôte » et montrer qu’elle (cette personne) savait recevoir.

Que faire dans un tel cas ?  Refuser d’y toucher et ainsi être un « mauvais » invité ?  Céder à la tentation ?

Chez moi je bois de l’eau.  Que de l’eau.  Avec tous mes repas, de l’eau.

Avant d’aller courir, je vais habituellement boire un petit verre de jus de fruits.  Et je parle ici de jus pur à 100 %, sans aucun ajout.

Sinon, j’aime mon café quotidien, mon lait pour accompagner un dessert, ou encore à l’occasion un petit verre de boisson d’amandes au chocolat noir (généralement au déjeuner).

Et il y a également le vin et la bière, mais c’est toujours en quantité négligeable.  Je n’aime pas tellement l’alcool.

L’eau du robinet demeure ma boisson principale.

J’ai longtemps (TRÈS longtemps) été accro aux boissons gazeuses.  Si bien que lorsque j’étais en manque, je le ressentais physiquement.  C’est une véritable drogue, croyez-moi.

Je suis probablement passé près d’être diabétique.  Il y a des cas de cette maladie dans ma famille.  Je suis une vraie bibitte à sucre.  C’est à cela que je dois toujours faire attention.

Le décès de mon père en 2008, qui a succombé à la mi-cinquantaine à divers problèmes de santé reliés à la mauvaise alimentation et un manque d’activité physique, fut un éveil pour moi.  J’ai réussi, depuis, à me débarrasser de mon accoutumance aux boissons gazeuses.  Je n’en bois plus du tout.  Et ça ne me manque plus.  Et j’ai changé de nombreuses autres choses dans ma vie.

En changeant mon alimentation, en commençant à courir, en étant raisonnable dans mes alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecportions, j’ai perdu du poids de manière considérable et ainsi, je l’espère, gagné quelques années de vie.

Je tiens fortement à maintenir mon style de vie saine, et ce, le plus longtemps possible.  Et vivre très vieux.

Alors svp, je vous en prie, si vous me recevez chez vous un jour, pouvez-vous éviter de m’offrir ces cochonneries de boissons énergisantes, d’eau gazeuse, sucrée, pétillante, etc. ?

De l’eau du robinet, ça conviendra parfaitement.  Merci.

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Il a fait ses études collégiales en alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecLettres, pour se diriger parla suiteverslesArts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


Chronique urbaine, par Jean-François Tremblay…

7 février 2016

Deux belles découvertes de l’été…

 

Rave On, un hommage à Buddy Holly

À la fin juin est paru un disque totalement charmant, mais qui semble être passé inaperçu. Il s’agit d’une compilation des plus grands titres de Buddy Holly,alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec interprétés par plusieurs des artistes les plus intéressants de l’heure.

The Black Keys, avec une reprise minimaliste, mais très efficace de Dearest, ouvrent l’album. Fiona Apple et Jon Brion enchaînent tout en douceur avec Everyday, qui nous mène vers la rockeuse It’s So Easy chantée par un Paul McCartney complètement déchaîné. McCartney, détenteur depuis plus de 30 ans des droits d’auteur de Buddy Holly, est un fan fini du défunt musicien, et il s’en donne à cœur joie ici.

Parmi les autres belles surprises notons (You’re so Square) Baby I Don’t Care livrée par un Cee-Lo Green presque méconnaissable, Oh! Boy par le duo She & Him (dont fait partie l’actrice Zooey Deschanel), Heartbeat par le groupe The Detroit Cobras, Not Fade Away par Florence & The Machine, ou encore la sublime Raining in My Heart, chantée avec beaucoup de sensibilité par Graham Nash, et qui vient clore ce disque enchanteur.

Vraiment une belle découverte cet été, que je recommande à tout le monde.

Rise of the Planet of the Apes

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecJe suis un amateur, un très TRÈS grand amateur des films originaux de la Planète des Singes, qui datent des années 60 et 70. Je les ai vus, revus, et re-revus maintes fois au cours de ma vie. Ainsi que la série télévisée de l’époque. Et quelques documentaires, et des livres, etc.

J’ai également apprécié le remake de Tim Burton il y a près de dix ans, mais à un degré moindre. Le film était nettement inférieur au matériel d’origine.

Se trouve maintenant sur nos écrans un nouveau film, qui puise son inspiration dans le récit original : Rise of The Planet of The Apes.

Le scénario raconte l’ascension à la tête des singes d’un chimpanzé nommé César, fils d’une femelle ayant servi de cobaye à des expériences visant à améliorer ses capacités intellectuelles. Et donc son petit, ayant hérité de ses capacités, devient à l’âge adulte un singe redoutable, exaspéré de sa vie en captivité et du traitement des humains envers les singes.

Le film rappelle (volontairement) le quatrième film de l’ancienne série, Conquest of the Planet of the Apes, qui racontait les débuts de la révolution des singes, menée par un chimpanzé du nom de César (fils des célèbres Cornelius et Zira).

Mais les ressemblances entre les deux œuvres sont peu nombreuses. Le nouveau film est parsemé de références tantôt subtiles, tantôt évidentes, au film original qui mettait en vedette Charlton Heston, mais ça s’arrête là. Il s’agit d’une œuvre à part, et du possible départ d’une autre série, dont les fondements sont ancrés dans une matière différente.

En effet, alors que dans la série originale, l’évolution des singes en êtres parlants s’était produite naturellement (ou presque, hormis un voyage dans le temps plutôt

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Frida Pinto

pratique), dans Rise… les singes prennent le pouvoir grâce à une drogue expérimentale qui accentue leurs capacités mentales. L’Homme est à la base, donc, des changements qui s’opèrent en eux.

Malgré cette différence, le film est captivant et passionnant, même pour un amateur de longue date comme moi, qui craignait de détester cette nouvelle mouture. Les effets spéciaux sont relativement bons, mais c’est surtout la performance de l’acteur Andy Serkis qui, par le procédé appelé « motion capture », fait vivre le singe César.  Cette performance est ce sur quoi repose tout le film, et ce qui le rend si intéressant. Car Serkis donne à César une profondeur que ses collègues en chair et en os (James Franco, Frida Pinto) n’ont pas. Hormis peut-être John Lightgow, toujours aussi doué, les humains semblent incapables d’émotions dans ce film.

Par contre, les singes ont des personnalités très fortes. Et si vous avez une certaine sensibilité pour les animaux en général, comme dans mon cas, vous serez grandement touchés par cette œuvre qui s’élève au-delà de la mêlée des films estivaux habituels, sans toutefois être pour autant un chef-d’œuvre.

Notice biographique

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecJean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Dès un très jeune âge, il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite la métropole depuis 2007.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.


Chronique urbaine, par Jean-François Tremblay…

20 novembre 2015

Insécurités et lectures lumineuses

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Installé devant mon moniteur, avec un café noir et la douce voix de Sarah Slean en arrière-plan, je me demande par où commencer.

Tout d’abord, s’il n’y a pas eu de chronique il y a deux semaines, c’est que j’étais en vacances Californie.   Au Coachella Valley Music and Arts Festival, le même où je m’étais rendu l’année dernière.

J’y allais pour me plonger dans trois jours de découvertes et d’extase musicale, mais aussi pour décrocher. J’en étais rendu au point où un collègue de travail m’a demandé, quelque temps avant mon voyage, si j’étais en burnout. C’est dire comment j’avais mauvaise mine…

En fait, l’hiver de merde que j’ai passé, et ce début de printemps tristounet (autant au niveau de la température que tout le reste) sont dus en grande partie à l’écriture des derniers paragraphes d’un chapitre important de ma vie.  Celui de ma vie à Montréal.  Je ne veux pas m’étaler sur le sujet. Je l’ai assez fait ici.

J’ai choisi d’aller vivre avec mon amoureuse là où elle travaille.   Je partirai à la fin juin. Il y a quelques années à peine, l’homme que j’étais n’aurait pu faire ce compromis. J’avais peur de m’enfermer à jamais dans une relation amoureuse.  Plus maintenant.  Pas avec elle.   Avec elle, je n’ai peur de rien.  Et avec elle, j’irais n’importe où.

J’ai également songé à quitter le Chat qui Louche. Je le dis tout haut ici pour la première fois.

La raison est simple : l’autocritique. Un sentiment profond d’inadéquation envers les bons auteurs de ce site. Mais ça aussi, j’en ai déjà parlé ici. Je me répète. Et il ne s’agit pas de la première fois où mes éternelles insécurités me causent des problèmes…  Mais je persiste et je reste. Je crois que la grisaille qui m’assaille depuis des mois va bientôt se dissiper.

Et d’ailleurs, j’aurai plus de temps à consacrer à l’écriture cet été, lorsque je serai à la recherche d’un emploi dans ma ville ontarienne. Tel que me l’a suggéré un ami, je bloguerai très certainement sur mes expériences là-bas.

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Roger Ebert

Au cours de l’hiver, j’ai lu trois livres qui m’ont grandement plu et ont apporté de la lumière dans ma vie. Trois livres par trois hommes vieillissants qui font parler leur cœur.  Laissez-moi vous en faire part.

Tout d’abord, il y eut Life Itself  de Roger Ebert.

Ebert est l’un des critiques de cinéma les plus reconnus dans le monde. Cet américain de 69 ans, gagnant du prix Pulitzer, est un auteur que j’admire énormément. Ses critiques sont toujours riches, détaillées, et extrêmement bien écrites. Avec la défunte Pauline Kael, il est probablement le critique américain le plus influent.

Son livre, une autobiographie, raconte sa vie en détail, divisé en chapitres thématiques. Auteur d’un blogue très populaire, il a repris diverses entrées et les a retravaillées, pour créer les chapitres du bouquin.

Avec sa verve teintée d’ironie, son don de conteur et sa mémoire fabuleuse, il nous raconte sans pudeur sa vie, son métier, sa famille, ses amis, et ses rencontres avec diverses célébrités. Il nous parle aussi de son cancer, de son alcoolisme, de son amour profond pour sa femme.

J’ai versé quelques larmes au cours de la lecture. J’ai aimé ce livre de tout mon cœur. Et je le recommande à tout le monde.

Ensuite, ma copine m’a offert en février, pour mon anniversaire, un livre du critique canadien David Gilmour intitulé The Film Club (L’école des Films, en français).

Il s’agit d’un fait vécu. L’auteur nous raconte dans ce livre la solution bien particulière qu’il a trouvée pour faire face aux graves problèmes que son fils adolescent éprouvait à l’école. L’entente entre le jeune homme et son père était que le fils pourrait abandonner l’école, mais qu’en revanche, il serait obligé de regarder au moins trois films par semaine avec son père. Des films choisis par ce dernier, dans le but de faire son éducation.

Le livre nous raconte donc cette période charnière dans la vie du fils de David Gilmour, du point de vue du père. On nous montre l’évolution du fils, mais aussi tout ce que le père a lui-même appris au fil de ces quelques années précieuses passées avec son fils.  Souffrant moi-même du grand vide laissé par mon père il y a quatre ans, j’ai été profondément touché par ce récit d’amour paternel. Le livre nous fait passer agréablement du rire aux larmes, et se lit en très peu de temps. Un petit bijou.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecEt je viens de terminer, ce week-end, la lecture du long roman 11/22/63 de Stephen King.   Plus de 800 pages qui tournent autour, vous l’aurez deviné, de cette fameuse journée où JFK fut assassiné.

En 2011, un jeune professeur d’anglais au secondaire,  Jake Epping, apprend par le biais d’un ami restaurateur l’existence d’un passage vers le passé, plus précisément vers l’année 1958. Un passage qui se trouve dans le restaurant de son ami.  Celui-ci étant trop vieux et trop malade pour mener à terme son projet, il convainc donc Jake d’aller en 1958 et d’y rester jusqu’en 1963, et de tenter de sauver le président Kennedy. Et du fait même, de vérifier si Oswald a bien agi seul.

Et c’est ce que Jake, 35 ans, décide de faire.

Sur plus de 800 pages, on suit donc la vie de Jake Epping dans l’Amérique des années 60. Les magnifiques voitures, la musique, les cigarettes, les vêtements, le rythme de la vie moins effréné…  Ici, Stephen King est en mode nostalgique et sentimental. Il s’agit de l’un de ses romans les plus atypiques.

Il ne s’agit pas d’un roman parfait, loin de là. Il y a des longueurs. Et il a deux histoires auxquelles on s’intéresse à des degrés différents. Tout d’abord, il y a la mission de Jake, c’est-à-dire le travail de détective qu’il effectue : pendant des années, il suit Oswald et sa petite famille, tente de mieux connaître le futur assassin du président et de savoir, hors de tout doute, s’il est coupable ou non.

Et puis il y a la vie au quotidien de Jake, qui se trouve un boulot d’enseignant dans une petite ville, près de Dallas, et qui tombe amoureux de Sadie la bibliothécaire.

Cette histoire est certes plus intéressante que l’autre, et on en vient à ne plus vraiment se soucier de la mission de Jake, du moins jusqu’à un certain point. Quand ces deux histoires se déroulent en parallèle, on ressent de la frustration à passer constamment de l’une à l’autre. Mais lorsque les deux récits finissent par se rejoindre, le tout devient palpitant, et les quelque 200 ou 300 dernières pages sont des plus enlevantes.

Stephen King se permet de réécrire l’histoire, mais ceci ne se fait pas sans conséquence. La finale est déchirante et fait partie des choses les plus sensibles que King ait écrites. L’histoire d’amour au cœur de ce roman est l’une des plus belles qu’il a inventées. Et c’est cet élément que l’on retient le plus lorsqu’on referme le roman.

En cette fin avril, je vais de mieux en mieux.

On se revoit dans deux semaines.

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Dès un très jeune âge, il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite la métropole depuis 2007.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.


Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

15 novembre 2015

Existe-t-il réellement un accent gai ?

Nous la connaissons tous et toutes, cette image caricaturale du gai, poignet cassé et voix efféminée.chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec
Mais existe-t-il réellement une voix, un accent gai ? Y a-t-il une différence entre homos et hétéros dans la façon dont ils s’expriment, ou n’est-ce qu’une question de perception ? Et si cette voix gaie existe bel et bien, pourquoi est-ce ainsi ?
Dans son documentaire Do I Sound Gay ?, le réalisateur David Thorpe se pose ces questions, à commencer par celle de son titre : Est-ce que je sonne gai ?
Conscient de sa voix au point d’en développer un certain complexe, Thorpe consulte différents experts sur la question du langage pour essayer de comprendre comment fonctionne sa voix, son élocution, son timbre, et si sa façon de s’exprimer révèle réellement son orientation sexuelle. Y a-t-il un lien entre les deux ?
Dans son célèbre ouvrage Gay New York, George Chauncer rappelle que les hommes de la fin du 19e siècle se servaient à la fois de leurs manières ainsi que de leur voix efféminée pour se distinguer des hétéros et se repérer entre eux. Mais qu’en est-il des hommes du 21e siècle ? Pourquoi l’image de la « tapette » qui zézaye, du gai à la André Montmorency de Chez Denise persiste autant, et pourquoi certains homosexuels semblent-ils avoir une voix de « feluette » ?
Au cours du film, David Thorpe consulte deux thérapeutes du langage dans le but de développer une façon de parler plus « virile ». La première docteure lui fait prendre conscience de sa façon d’allonger certains mots, de certaines inflexions de la voix qu’il doit tenter de corriger avec divers exercices. Cette docteure a travaillé avec différents acteurs, tel que Robert De Niro, et ses interventions dans le documentaire m’ont beaucoup plu. Que l’on soit gai ou non, prendre conscience de la façon dont on s’exprime est un exercice fascinant ; comment on appuie ou allonge certains sons, etc. En tant que spectateur du documentaire, j’ai pris conscience des particularités de ma propre façon de parler, et cet aspect du film est captivant.
Le deuxième thérapeute, Bob Corff, « l’arme secrète du Tout-Hollywood pour se débarrasser de l’accent gai », est lui aussi très intéressant alors qu’il analyse la façon de parler de Thorpe et lui fait prendre conscience de diverses choses qu’il pourrait corriger.
Le film est parsemé d’entrevues au cours desquelles George Takei (Star Trek), le réalisateur Andy Sidaris et le styliste Tim Gunn, entre autres, témoignent des difficultés reliées à leur vie en tant qu’homosexuels et comment ils en sont venus à apprivoiser leur propre voix.
On théorise au cours du film que la « voix gaie » pourrait venir du fait que les homosexuels se tiennent davantage auprès des femmes au cours de leur jeunesse (leur mère, tantes, sœurs, etc.). Certains la développeraient pour mieux affirmer leur identité. D’autres, au contraire, perdent leur « voix gaie » pour mieux se fondre et échapper à l’intimidation. Nous avons d’ailleurs droit, au cours du film, à quelques témoignages plutôt poignants en ce sens.
On compare les différents gais de la culture populaire auxquels les jeunes homosexuels ont été exposés au fil des décennies, tels que le flamboyant Liberace ou encore le méchant Scar du Roi Lion, qui représente un type d’homme suave et très possiblement gai, chacun influençant à sa manière le comportement et le langage des jeunes hommes, que ce soit de façon consciente ou non.

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David Thorpe

J’aurais aimé que le film soit plus long, plus détaillé, mais, dans son état actuel, il sert tout de même d’excellente entrée en matière pour un sujet qu’il serait intéressant de fouiller davantage. Chaque cas étant différent, il n’y a pas de réponse unique quant à la question des origines de la « voix gaie », mais les témoignages sont tous fascinants et j’en écouterais beaucoup plus.
J’ai beaucoup apprécié ce documentaire, que je vous recommande fortement si la question du langage en général vous intéresse. Le film sort officiellement au Canada le 10 décembre, mais vous pouvez déjà l’acheter sur le site américain d’Amazon et chez plusieurs autres vendeurs en ligne.
La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=R21Fd8-Apf0

Notice biographiquechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

11 novembre 2015

Le théâtre comme outil de socialisation

J’attends encore.  J’attends de voir qui va réagir en premier.  Qui va décider de me « unfriender » surchat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec Facebook parce que j’écris parfois/souvent mes statuts en anglais, ou dans les deux langues.

J’attends de voir lesquels de mes amis sont des séparatistes purs et durs, lesquels sont intolérants envers la langue anglaise, lesquels me traiteront de vendu ou de quelque chose dans le genre.  En fait, j’ignore s’il y en a parmi eux, mais je suis curieux.  Une sorte de curiosité malsaine, si l’on veut…

Ce qui me fascine depuis mon arrivée en Ontario, et j’en ai probablement déjà parlé, c’est de voir l’intérêt des gens pour la langue française.  S’ils ne savent pas la parler, ils s’en excusent sincèrement.  J’en suis surpris parce qu’en grandissant au Québec, j’avais une impression tout autre du regard que les Anglos de l’extérieur de la province portaient sur nous.

La plupart des gens ici envoient leurs jeunes enfants en immersion française.  La culture québécoise les intéresse, comme en témoigne l’écoute attentive des étudiants lors des cours de ma copine, ainsi que leur participation active aux discussions sur les divers sujets qu’elle enseigne et qui concernent La Belle Province.

Au-delà de ça, il y a le sentiment d’acceptation que je reçois de la part des autres.  Jamais je n’ai été jugé, jamais on ne m’a fait sentir « à part ».  J’ai toujours été inclus dans les discussions, on me questionne avec intérêt, et j’ai des conversations passionnantes avec toutes sortes de personnes de toutes les provenances.  Peterborough en Ontario est un curieux melting pot de gens de tous les coins du monde et de tous les milieux.

Le milieu artistique ici est très vivant.  La communauté théâtrale est florissante, et de faire partie du Rocky Horror Show cet automne, spectacle sur lequel je travaille depuis trois mois, m’a grandement aidé à créer des liens qui seront, je l’espère, durables.  Je commence à avoir des projets et même des amis !

D’ailleurs, j’ai connu des gens dans le passé qui faisaient du théâtre simplement pour améliorer leurs capacités oratoires dans le but d’obtenir une promotion au travail, ou pour d’autres raisons.  Si vous cherchez une activité stimulante, sociale et amusante, le théâtre est tout indiqué, et ce, même si vous êtes débutants.  Je vous le recommande fortement !  On en apprend tous les jours sur soi-même, à tout âge, et le corps humain est un outil de travail fascinant.

La crème de la crème des podcasts québécois

Je vous ai parlé de podcasts récemment, mais laissez-moi revenir brièvement sur le sujet, car le 12 octobre dernier avait lieu à Montréal le Podcast All-Stars, un événement qui réunissait certaines personnalités derrière les podcasts les plus populaires au Québec.

Un genre « d’états généraux » sur le médium.  Pendant deux heures, il fut question de publicité et de possibles revenus pour les podcasteurs, de l’interaction avec le public et de l’influence qu’a celui-ci sur les sujets qu’abordent les divers podcasts, du choix des sujets en général, des balises que s’imposent les podcasteurs et de plusieurs autres questions importantes.

Si cela vous intéresse, vous pouvez écouter cet épisode en cliquant ici.

Bien que le médium du podcast soit encore un ovni au Québec, et que cette forme de communication ne soit pas prise au sérieux par la majorité des gens, ses acteurs principaux travaillent d’arrache-pied pour mieux la faire connaître.  Un tout nouveau réseau a d’ailleurs été créé et lancé lors de cette même soirée : RZO.

RZO regroupe (pour l’instant) 14 podcasts parmi les plus populaires au Québec.  Tous francophones, tous établis depuis un certain temps.  Leur public respectif est fidèle, et leur contenu riche et diversifié.  Allez jeter un coup d’œil au site web de RZO, un site convivial et simple.  Le but est de rendre accessible ce qui se fait de mieux en terme de podcast au Québec, en réunissant tout sous le même toit.  Ainsi, le public peut plus facilement s’y retrouver, autant les habitués que les néophytes.  L’union fait la force, quoi !

Un podcast peut être écouté en tout temps : en voiture, à pied, en faisant le ménage ou la vaisselle, en travaillant, etc.  Son avantage majeur sur la radio commerciale est sa grande liberté en ce qui a trait aux sujets abordés et à la longueur des interventions, débats et discussions.  Comme toute médaille possède deux côtés, il y a aussi place aux dérapages et au langage inapproprié, mais en général ça reste semi-professionnel, du moins en ce qui concerne les podcasts sélectionnés pour faire partie de RZO.

Si personne n’est payé dans ce milieu, et que le tout n’est pas pris au sérieux comme il le devrait, c’est la passion qui nourrit principalement les podcasteurs, et c’est cette passion contagieuse qui fait en sorte qu’on y revient.

J’ai l’immense chance de m’être joint à l’équipe de Horreur Gamer, un podcast qui traite principalement de cinéma d’horreur, une grande passion en ce qui me concerne.  J’ai participé à deux épisodes jusqu’à présent, et l’expérience fut incroyablement bonne.  Mon passage au micro fut apprécié et suivi de très bons commentaires, et j’y retournerai régulièrement.  J’ai découvert dans le podcast une avenue pour communiquer mes opinions et parler de mes sujets de prédilection de manière ludique, interactive, ce qui change de communiquer par l’entremise d’un clavier et de derrière un écran.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecIl en existe sur tous les sujets possibles, alors fouillez.  RZO est tout nouveau, mais son offre augmentera et se diversifiera avec le temps.  Le podcast mérite sa place dans le monde des communications.  Il s’agit d’une excellente option de rechange à la radio traditionnelle.

Ça me rappelle un peu le film Pump Up The Volume, dans lequel Christian Slater jouait le rôle d’un étudiant timide qui, le soir venu, se transformait en animateur d’une radio pirate dans son sous-sol et qui incitait les jeunes à se révolter contre le système en leur lançant la phrase : « Dites des horreurs ! »

Le podcast en général est plus poli, mais c’est un moyen démocratique de faire les choses différemment.

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et dechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec cinéma. Ila fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger parla suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.


Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

31 octobre 2015

La chanteuse pop et la superhéroïne

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Credit photo Chilly Plasma

Au cours de la dernière semaine, nous avons pu assister à quelque chose qui, selon moi, est plutôt intéressant.
Tout d’abord, l’adaptation cinématographique de Jem and the Holograms, sortie le 23 octobre, s’est totalement écrasée dans les salles nord-américaines face à la compétition (qui n’était pourtant pas très forte). La performance du film au box-office s’est inscrite parmi les dix pires des trente dernières années.
Le lundi suivant, le premier épisode de Supergirl, la série télé, a récolté les meilleurs chiffres en termes d’auditoire pour l’automne 2015 aux États-Unis. Ce qui n’est pas rien ! Il s’agit du meilleur départ télévisé de la saison, et ce, dans un marché immense.
Pourquoi je compare les deux ? Parce qu’il s’agit de deux icônes féministes qui s’adressent sensiblement au même public et qui envoient le même message. Pourtant, le public a décidé d’en suivre une et de bouder l’autre.
Jem and the Holograms, basé sur la ligne de jouets de Hasbro et la série animée des années 1980, est un film réalisé par John M. Chu et produit conjointement par les studios Universal et Blumhouse. Le film possède la signature de Blumhouse, c’est-à-dire un style semi-documentaire, filmé à l’épaule et qui fut tourné pour à peu près rien (à peine 5 millions de dollars). Le film met en vedette Aubrey Peeples dans le rôle-titre d’une chanteuse pop adolescente, ainsi que Molly Ringwald dans celui de sa mère et Juliette Lewis dans le rôle de la méchante présidente d’une compagnie de disques.
Malgré tout le talent impliqué dans le projet et son modeste budget, personne dans le public ne semble avoir été attiré par ce film. Même les fans de la première heure de Jem ont été réticents, certains extrémistes allant même jusqu’à faire parvenir des menaces de mort à son réalisateur.

Jem a, de plus, souffert d’une campagne promotionnelle très pauvre, quasi inexistante, qui fit en sorte que bien des gens n’avaient aucune idée que le film sortait.
De son côté, la série Supergirl, inspirée du personnage de DC Comics créé dans les années 50, et qui fut déjà le sujet d’un film médiocre dans les années 80, a bénéficié d’un battage publicitaire intense : grands panneaux installés sur le bord des routes dans différentes villes des États-Unis, de nombreuses apparitions de sa vedette, Melissa Benoist, dans des événements caritatifs et auprès d’enfants malades tout au long des derniers mois, et une forte présence sur les réseaux sociaux.
chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecSupergirl, développée par Greg Berlanti (Dawson’s Creek), Ali Adler (The New Normal) et Andrew Kreisberg (Fringe), est un mélange pas toujours adroit de « chick flick » et de série d’action/science-fiction. Son héroïne travaille pour un journal dont la patronne, jouée avec brio par Calista Flockhart (Ally McBeal), est une femme forte et intransigeante. C’est à travers elle, notamment, que le message féministe de la série semble être transmis.
Le personnage de Kara/Supergirl, joué avec énormément de charisme par Melissa Benoist (Glee), est constamment dévalorisé par les hommes, mais refuse de baisser les bras et fonce dans la vie avec optimisme et un beau grand sourire.
Le message au centre de Supergirl, du moins son premier épisode, est exactement le même que celui du film Jem and the Holograms. Dans la série, Kara/Supergirl reçoit le message suivant de la part de sa défunte mère : « Sois sage, sois forte, et sois toujours authentique » (« Be wise, be strong, and always be true to yourself »).
Dans Jem and the Holograms, l’héroïne reçoit différents messages de son défunt père (une grande partie de l’intrigue repose sur une série d’indices qu’il lui a laissés), dont entre autres « Ne crains pas l’inconnu » (« Don’t fear the unknown ») ou encore « Fais usage de tes talents » (« Use your gifts »).
Étonnamment, j’ai beaucoup apprécié Jem and the Holograms. Je ne suis pas amateur de la série animée, et j’y allais par curiosité (et parce que j’aime bien son actrice principale, qui joue aussi dans la série télévisée Nashville). Je recommanderais ce film à quiconque a des enfants. Son message est extrêmement positif et, si j’étais un ado, le film me donnerait le goût de prendre une guitare et un micro et de rêver à devenir une vedette. Ce film pourrait éventuellement devenir une sorte de The Rocky Horror Picture Show, car son message est essentiellement le même : « Don’t dream it, be it » (« Ne le rêve pas, sois-le »).
Quant à Supergirl, ses dialogues sont souvent ringards, mais l’action est amusante, son actrice principale déborde de charme et le message, ici aussi, est très positif pour les femmes. Pour une grosse dose de plaisir, je la recommande à tout le monde.
Au moment où vous lirez ceci, Jem and the Holograms aura probablement disparu des écrans, et c’est dommage. Il ne méritait pas ce sort. On nous offre souvent bien pire dans les salles. Le film présente un modèle exemplaire aux jeunes filles (et même aux jeunes hommes), et le film s’avère très divertissant. N’hésitez pas à le voir si vous le pouvez !
Pour en connaître davantage sur mon opinion, dirigez-vous sur le www.brasdeferdesfilms.com pour m’entendre parler de Jem avec ma copine et d’autres amis, dans le plus récent épisode du podcast que j’anime.

Notice biographiquechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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