Propos sur l’oubli de soi… Québécois ? Rien !, Alain Gagnon…

Extraits de Propos sur l’oubli de soi 

Au Québec, les nouveaux venus, s’ils sont de religion ou culture différentes — c’est-à-dire s’ils ont des façons autres de se alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecrappeler qui ils sont —, ont droit à leurs différences, que cette différence s’exprime par le kirpan, la kippa, le foulard   ou toutes formes de manifestation — et le libéral en moi s’en réjouit.  Officiellement ou officieusement, il n’y a que les Québécois de souche qui ne peuvent être quelque chose et l’exprimer.  Ils ne peuvent qu’être rien.  Et ce Rien nous étouffe.

*

Notre personnalité apparente ?  Voilà ce que nous transportons, nommons moi et montrons aux autres comme étant soi : une masse de tissus cicatriciels ; elle forme coquille et nous suit, plus ou moins cohérente dans ses infirmités, de l’enfance à la tombe.

*

Que ou qui sommes-nous ?

Imaginez une sphère de lumière ou un diamant lumineux, pointes à la verticale.  Un rayon pâle en jaillit et pénètre une zone d’ombre où sa luminosité se tamise.  Ce rayon a pouvoir de réflexion et un fort besoin de s’identifier, se projeter.  Sans cesse, il se répète : « Je suis ce que je perçois ». Bientôt, il développera des aperçus généraux sur l’ombre, pour en arriver à se prouver la seule existence de l’ombre, et il se niera toute autre origine ou destination que l’ombre, et il souffrira d’une solitude et d’un manque que la présence d’autres rayons ternes comme lui n’arrivera pas à combler.  Ni les modes d’être au monde sans transcendance que les autres rayons et lui auront tenté, dans l’absurde, d’élaborer.

Jusqu’à ce que, par effort de conscientisation ou par révélation, il se ressouvienne soudain de sa source et réalise l’immensité de son être, de ce qu’il est.

Voilà ce que nous sommes, le fragment (ego) d’un diamant de lumière (soi), identifié à l’ombre qui l’entoure et coupé de son être originel.  Et nous nous sommes voulus rétrécis de la sorte.  C’est ce que nous avons probablement choisi.

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2 Responses to Propos sur l’oubli de soi… Québécois ? Rien !, Alain Gagnon…

  1. Pierre Patenaude dit :

    J’apprécie votre réflexion et votre capacité à générer les images de façon volontaire tout autant que celles créées dans Versets du Pluriel, et qui sont le fruit de votre inconscient, si je ne m’abuse. Toutefois, l’écart entre le comparé et le comparant, je le laisserais « écart » sans le réduire. Je laisserais au lecteur, la charge de le réduire lui-même, (soi), (égo) même au risque de s’égarer. Déjà vous avez fait l’effort de lui expliquer, à partir des sens, ce que l’esprit peine à imaginer. J’ai hâte de lire ce livre « à venir ».
    Pierre P.

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  2. Alain Gagnon dit :

    Merci.
    Je vais songer à votre commentaire.

    Alain G.

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