Alain Gagnon : Nordicité et Le truc de l'oncle Henry — critique

Maxime Bock analysait dans le Canadian Literature # 194, Automne 2007, p. 126-127,  les ouvrages de trois auteurs québécois du point de vue de la nordicité et et de l’amérindianité.  Il s’agissait de  Le truc de l’oncle Henry (Alain Gagnon, Éditions Triptyque), de Au nord de nos vies (Jean Désy, XYZ) et de La mort d’un chef (François Chabot, Éditions Triptyque).

Extrait :

Les trois romans dont nous rendons compte ici, bien que fort différents par leur forme et leur ton, sont reliés par le thème de l’amérindianité et par les rapports interculturels qui en découlent. Cette amérindianité, aspect fondamental d’un imaginaire nordique québécois lié à l’appropriation et à l’occupation du territoire, s’articule dans ces ouvrages autour de trois pôles : la réinterprétation des croyances séculaires, la fascination admirative et la culpabilité postcoloniale.

À Saint-Euxème, petite ville du Moyen Nord québécois, Olaf Bégon, chef de la Sûreté municipale, voit sa routine compromise lorsque des événements inexplicables viennent semer la peur dans sa communauté. Il doit alors élucider meurtres et disparitions, coincé entre la détresse de ses concitoyens, les manigances de politiciens corrompus et les manifestations paranormales qui mettent son pragmatisme à l’épreuve.

Le pacte de lecture de ce roman à suspense est rempli sans surprise par un scénario enlevant et bien ficelé. Mais c’est de la maîtrise formelle dont fait preuve Alain Gagnon que Le truc de l’oncle Henry tire son véritable intérêt. Toute la tension du récit prend sa source dans un jeu d’ellipses et d’analepses, où la correspondance d’un marchand de Nouvelle-France et les extraits d’un mémoire du XIXe siècle, enchâssés au récit de l’enquête de Bégon, dévoilent peu à peu les mystères de la région : depuis toujours, des êtres surnaturels, nommés Wendigos par les Amérindiens, hantent la forêt laurentienne, dévorant les hommes et les bêtes.

« Il est des milliers de kilomètres carrés où l’humain n’a jamais mis le pied.  Alors les histoires,  les légendes  ont tout le territoire qu’il leur faut… » Par ces simples phrases, Gagnon ancre son roman au cœur même de l’imaginaire nordique, et s’offre ainsi tout l’espace nécessaire pour entremêler, dans un plaisir d’écriture manifeste, les légendes amérindiennes, les récits fondateurs et la science-fiction.

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