Post mortem, un texte de Luc Lavoie…

28 mars 2017

Dans le silence…  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Dans le silence et la solitude d’un fin rayon de lumière, les cadavres aux sourires idiots marinent au sous-sol. L’odeur y est insoutenable, mais les insatiables affamés dévorent…

Les diptères, ces sales bestioles ; mouches vertes et bleues, auront trouvé terreau fertile pour la ponte. Dans les bouillons et les gargouillis répugnants, bientôt les larves naissent, puis se nourrissent. Elles sont, tels les croque-morts ; oiseaux de mauvais augure. Elles entonnent un air putride. Chantent en chœur la décomposition. Dansent dans un tourbillon malsain. Peuplades visqueuses et révulsives. Troupes d’acteurs sur une scène rongée où les bides morts deviennent les instruments inertes d’une cadence infernale.

Léthargie animée. Descente vers les profondeurs. Bal des pourritures.

Vermines rampantes au resto. À table. Là s’anime la décrépitude dans la pénombre des lendemains. Les asticots grignotent dans les orbites. Engeance malsaine qui charrie, consomme et digère ces plats savoureux. Un dîner de viande froide ? Encore un peu de foie ? De cervelle ? Le Tartare se tarit. Matière immobile et flasque qui tombe en lambeaux. Sang coagulé. Corps bleuis, enflés. Nauséabonds. Villes et cités lugubres d’un temps d’effervescence éphémère, propice au développement excessif ; à la vie trépidante dans les miasmes urbains. On passe, on dépasse. On trépasse. Moments frétillants voués à l’intemporalité finie des abîmes. Cortège des avaleurs aux appétits gargantuesques qui mastiquent dans la solitude des espaces… Oasis périssables des immondices.
Blattes, scarabées, charançons, rats et vers repoussants ; citadins étranges de quartiers incertains ; zones hautement peuplées où on circule et s’affaire sur des autoroutes osseuses. Les excavateurs se déplacent dans les fosses et les rampants progressent dans les trachées. À l’intérieur de tunnels œsophagiques, fragiles d’une architecture en décrépitude constante, l’affaissement et le glissement des tronçons sont chose commune. Dans ces ruelles incertaines, univers des organes gisants à ciel ouvert, il y a des kilomètres de voies de contournement à franchir. Les légions rouges et noires vagabondent à travers la porosité des cavernes aux parois inertes… Que de chair à excaver ! De résidus à transporter. Les équipes de dépeceurs sont au travail. Fouisseurs et exciseurs sont à l’œuvre sur des chantiers en déclin. Ils se vautrent dans la mort exquise.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecDents allongées, mandibules tranchantes, bouches broyeuses et trompes poilues. Tous sont là pour prendre part au festin. Les convives s’en donnent à cœur joie. Pour que rien ne se perde.
Quand viendra enfin le dernier jour, voraces, les videurs n’auront laissé que peu de chose derrière eux. Que contrées désertes, de carcasses en arêtes, squelettes jaunis par le temps et la poussière. Que paysages d’immobiles dépouilles où les incessants courants d’air des jours et des nuits traverseront encore agglomérations d’agrégats et charpentes. D’ossatures lisses à faire frémir. Ruines et débris sans subsistance. Instantané des victimes du temps qui passe. Dureté de l’éphémérité des éléments. Qu’absence des regards. Que deux trous béants dans des crânes vides. Qu’un bras allongé. Sa main ouverte sur le plancher, l’index recourbé ; doigt nu qui traverse la gâchette d’un révolver rouillé Smith & Wesson. 38 spécial recouvert d’une toile d’araignée tendue parmi quelques détritus.
Plus qu’un vent glacial qui lève, un coup de fouet au dos de la quiétude des éternités de ce que furent autrefois ces deux corps habités d’une vie.

Pour le meilleur, mais également pour le pire…

Luc Lavoie © tous droits réservés, 2013

Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

Son rêve ?  Être un jour remarqué et publié. Il prépare, à cette fin, un recueil de nouvelles.  Il envoie également des textes à des magazines spécialisés.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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Le jardin perdu, un conte de Karine St-Gelais…

24 mars 2017

Le jardin perdu

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Il y a un récit, une histoire si ancienne que vous n’en avez surement jamais entendu parler.  Un récit qui s’est perdu au fil du temps.  Que seul l’artiste entend. Ce conte débute dans mon jardin, chez moi, là où le malheur aime frapper en secret.  Je ne suis pas là pour vous raconter mon infortune, mais plutôt pour vous peindre un tableau comme celui-ci.

Un long hiver froid se termine en même temps que mon dernier chef-d’œuvre.  Je peins depuis que je suis toute petite.  Je peins des portes.  Toutes sortes de portes.  De bois, de fer ou de pierre.  Des entrées ou des sorties sur le Paradis ou vers l’enfer ?  Cela m’importe peu.  L’important pour moi est de dessiner une belle issue qui me mène quelque part…

Un matin, mon salon s’éteint sous une ombre étrange.  J’ouvre les rideaux et je vois quelque chose qui flotte sur la neige.  Étonnamment, c’est une splendide porte !  Elle scintille d’un blanc franc et elle se laisse caresser par les flocons de neige incandescents.  Elle se fond au paysage comme si elle avait toujours été là, sans que je m’en doute.  Un portail vraisemblablement fait de bois, mais je n’en suis pas certaine.  Elle est lustrée comme le verre et bordée de moulures idylliques, sorties tout droit d’une époque que je ne connais pas, en fait, pas encore.

Ma première idée est de peindre un nouveau tableau pour la rendre telle que je la vois sous le soleil matinal.  Mais quelque chose me dit que cette ouverture mène plus loin que mon imagination.  Qu’elle ouvre sur quelque chose d’extraordinaire, j’en suis profondément convaincue.  Je prends mes moufles de laines ainsi que mon manteau.  J’oublie que je suis toujours en pantoufles et je pars découvrir cette mystérieuse frontière.  Contrairement aux autres, celle-ci me parait différente.  Le froid me rappelle que je ne rêve pas et l’arbre devant moi aussi lorsque je m’y cogne et m’y appuie.  Devant l’immanquable monument, je m’arrête.  Je pose mon oreille contre le bois, il est bizarrement tiède et je n’entends rien.  Je tourne finalement la poignée.  Soudain, je sens un courant électrique qui irradie le long de mon bras droit, je le secoue, il me fait mal.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecAlors, par le pas entrouvert, un petit scorpion noir sort.  Je suis terrifiée, je la referme aussitôt !  Je détale comme une gamine pour revenir à la maison.  L’insecte est maintenant devant ma porte, la queue retroussée, prêt à attaquer.  Mais qu’est-ce qu’il fait là ?  Il ne peut survivre dans le froid du Canada.  Je prends une boite vide et je sors la déposer sur la créature.  J’ai de la peine pour cette petite bête loin de chez elle.  Je réussis à l’enfermer à l’intérieur et je la ramène près du passage mystique.  Je tourne de nouveau son mignon pommeau et je lance la boite de l’autre côté, soulagée d’être débarrassée de cette chose horrible et heureuse d’avoir pu retourner ce scorpion chez lui.  Je soupire de soulagement, mais j’ai toujours envie de voir ce qui se cache derrière cette fameuse entrée !  Je mets de nouveau ma main sur la ferrure, mais cette fois-ci, j’ouvre rapidement, d’un coup sec.  Maintenant grande ouverte, une fine toile noire me bloque le passage.  Je la touche, elle réagit comme une pellicule plastique.  Cela ressemble à un vortex, une brèche dans l’espace-temps, comme dans un film de science-fiction.  Qu’est-ce que je fais ?  Je décide d’y aller malgré tout et je referme derrière moi.

Je suis de retour chez moi !  Qu’est-ce qui a changé ?  C’est impossible !  Je regarde par la fenêtre, mon quartier semble le même, mais plus beau, plus calme et beaucoup plus serein.  Pourtant, mon chat me lance le même miaulement interrogateur qu’hier matin.  Il a quelque chose de différent ?  Quelque chose s’opère en moi, dans mon cœur !  C’est inhabituel, je souris et je regarde de nouveau dehors.  La porte est toujours là, survolant tout doucement mon jardin au gré du vent.  Je ne comprends rien !  Je sors de nouveau et je tourne une nouvelle fois la poignée de la majestueuse fente avec hâte.  Je vois enfin de l’autre côté, c’est un petit village cajolé par les fleurs printanières, c’est très charmant !  Je referme derrière moi, sans savoir si je vais revenir, tout en jetant la dernière couleur sur cette enjôleuse toile.

Un blanc brillant et bleuté imbibe mon pinceau de nouveau.  Je fignole les flocons de soie et ensuite les rayons dorés, délicatement, comme si j’y étalais de l’or.  Je parfais le petit diablotin noir dans l’entrebâillement de cette entrée peu ordinaire.  Je termine avec joie ce seuil magique qui ouvre enfin sur quelque chose !  Ce fût le plus beau de mes tableaux, mélangeant la peur et la joie, mais ce sera malheureusement le dernier.  Car j’ai enfin trouvé ce que je cherchais, car je me peins maintenant du bonheur !

D’une peintre inconnue

Notice biographique :

Karine St-Gelais est une écrivante qui promet.  Nous avons aimé ce conte plein de fraîcheur et de naïveté enfantines alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecqu’elle nous offre.  Laissons-la se présenter.  « Je suis née à Laterrière, dans la magnifique ville de Saguenay. Depuis près de huit ans une Arvidienne, j’aime insérer dans mes histoires des frasques de l’enfance et des coups d’œil sur ma région.  Je suis mariée depuis dix ans. J’ai trois beaux enfants, un  affectueux Bouvier Bernois et un frère cadet de 21 ans. Je suis née le 3 septembre 1978 sous le signe astrologique de la Vierge. J’adore l’automne et sa majestueuse toile colorée. J’aime la poésie, les superbes voix chaleureuses et les gens qui ne jugent pas à première vue. Née d’une mère incroyablement aimante et d’un père absent, je crois que la volonté et l’amour viennent à bout de tout.  Au plaisir de vous rencontrer sur mon blog:http://www.facebook.com/l/3b24foRTZrfjfcszH7mnRiqWa9w/elphey »

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Qui ?, une nouvelle de Richard Desgagné…

13 mars 2017

Qui ?alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

          Ce héros fut un type sans envergure.  Je ne vous ai confié que peu d’épisodes de sa vie parce que ça n’en valait pas la peine : un tel héros, si pauvre, si neutre, peut-il attirer les regards, soutenir l’intérêt chez les lecteurs que vous êtes ?  Poser la question, c’est apporter une réponse.

         Il est, bien entendu, regrettable qu’un écrivain, sans doute poussé par une recherche futile, choisisse, dans le trésor des personnages qui reposent dans les caves de l’imaginaire, un simple d’esprit, faible excroissance de l’arbre de l’humanité auquel s’attachent pourtant des êtres nobles ou de monstrueux champignons vénéneux.  Son nom, que vous aurez oublié, repose dans les quelques pages de cette nouvelle intitulée    « Qui ? », laquelle offre peu d’intérêt ; les faits et gestes du héros ne passeront pas à l’histoire littéraire.

         À quoi bon savoir que ce personnage terne est issu d’une famille moyenne, qu’il a vécu une vie sans saveur, accroché aux basques d’une épouse tout aussi insignifiante que lui ?  Rien ne vous retiendra de cette triste biographie et rien ne mérite d’être retenu.  Vous auriez pu juger par vous-mêmes, je n’en doute pas.

         Rien, sinon une certaine fatuité d’auteur, ne m’obligeait à vous cacher des pans entiers de ce qu’il a été.  J’ai craint, je l’avoue, que de fins psychologues eussent pris plaisir à analyser les arcanes d’une personnalité banale et eussent publié les fruits de leurs recherches dans une revue internationale de littérature comparée ; que des critiques se fussent empressés de construire un bâtiment dans lequel ils auraient niché l’ensemble d’une vie pour ensuite y mettre le feu, dégoûtés par l’insignifiance du personnage.  Mais, demanderez-vous, pourquoi se donner la peine de créer un héros, même quelconque, si c’est pour cacher ce qu’il fut vraiment, ce qu’il recelait de précieux puisqu’il était tout de même humain ?  Cette question, pour cruciale qu’elle soit à vos yeux, n’en est pas moins superfétatoire.  Vous n’avez pas le droit de la poser puisque vous êtes lecteurs soumis à des caprices d’auteur.

         Le triste sire n’a point connu autre chose que cette vie soumise aux caprices de toutes les malchances, n’a voulu que passer sous silence, secret, timoré, le dos courbé sous le poids des obligations.  Il n’a jamais demandé la parole, n’a jamais recherché les feux de la rampe ou même d’un simple paragraphe ; il a choisi, en quelque sorte, les conditions de son existence.  Direz-vous, après cet aveu, qu’il y a chez lui une force de caractère qui ne relève pas du tout de la mollesse ?

        alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec Vous direz que choisir, c’est s’imposer, c’est obliger, c’est aussi veiller au déroulement de ses jours ; que ce n’est pas se laisser porter par des courants trop forts.  Vous direz que ce héros a de la puissance, qu’il sait ce qui est bon pour lui, qu’il cherche son mieux-être.  Vous direz qu’il offre de l’intérêt et que l’écrivain, sous un prétexte idiot, ne peut se le réserver, le garder au secret dans une prison.  Oubliez-vous qu’il existe une liberté qui transcende vos droits de lecteurs ?  Il existe cette condition supérieure à tout autre, celle du bon vouloir du créateur.  Vous en doutez ?  Comment réagiriez-vous si tout de suite je déchirais les quelques pages de cette nouvelle et les jetais au feu ?  Elle n’a jamais été publiée ; plus alors aucune preuve n’existe.  Je nierai même le souvenir de ce héros falot, créé pour faire s’apitoyer les cœurs tendres.  Ce fut un cas sans importance.

Notice biographique

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecRichard Desgagné est écrivain et comédien depuis plus de trente ans. Il a interprété des personnages de Molière, Ionesco, Dubé, Chaurette, Vian, Shakespeare, Pinter, etc., pour différentes troupes (Les Têtes heureuses, La Rubrique) et a participé à des tournages de publicités, de vidéos d’entreprise et de films ; il a été également lecteur, scénariste et auteur pour Télé-Québec (Les Pays du Québec) et Radio-Canada (émissions dramatiques).  Jouer est pour lui une passion, que ce soit sur scène, devant une caméra ou un micro.  Il a écrit une trentaine de pièces de théâtre, quatre recueils de nouvelles, quatre de poésie, deux romans, une soixantaine de chroniques dans Lubie, défunt mensuel culturel du Saguenay-Lac-Saint-Jean.  En 1994, il a remporté le premier prix du concours La Plume saguenéenne et, en 1998, les deux premiers prix du concours  de La Bonante de l’UQAC. Il a publié, pendant cinq ans, des textes dans le collectif Un Lac, un Fjord de l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES). Il est membre du Centre des auteurs dramatiques. Il a été boursier du ministère de la Culture du Québec et de la fondation TIMI.  Pour des raisons qui vous convaincront, tout comme elles m’ont convaincu, je tiens à partager avec vous cette nouvelle qu’il a la gentillesse de nous offrir.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/ )


Qui ?, une nouvelle de Richard Desgagné…

8 novembre 2016

Qui ? alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

          Ce héros fut un type sans envergure.  Je ne vous ai confié que peu d’épisodes de sa vie parce que ça n’en valait pas la peine : un tel héros, si pauvre, si neutre, peut-il attirer les regards, soutenir l’intérêt chez les lecteurs que vous êtes ?  Poser la question, c’est apporter une réponse.

         Il est, bien entendu, regrettable qu’un écrivain, sans doute poussé par une recherche futile, choisisse, dans le trésor des personnages qui reposent dans les caves de l’imaginaire, un simple d’esprit, faible excroissance de l’arbre de l’humanité auquel s’attachent pourtant des êtres nobles ou de monstrueux champignons vénéneux.  Son nom, que vous aurez oublié, repose dans les quelques pages de cette nouvelle intitulée    « Qui ? », laquelle offre peu d’intérêt ; les faits et gestes du héros ne passeront pas à l’histoire littéraire.

         À quoi bon savoir que ce personnage terne est issu d’une famille moyenne, qu’il a vécu une vie sans saveur, accroché aux basques d’une épouse tout aussi insignifiante que lui ?  Rien ne vous retiendra de cette triste biographie et rien ne mérite d’être retenu.  Vous auriez pu juger par vous-mêmes, je n’en doute pas.

         Rien, sinon une certaine fatuité d’auteur, ne m’obligeait à vous cacher des pans entiers de ce qu’il a été.  J’ai craint, je l’avoue, que de fins psychologues eussent pris plaisir à analyser les arcanes d’une personnalité banale et eussent publié les fruits de leurs recherches dans une revue internationale de littérature comparée ; que des critiques se fussent empressés de construire un bâtiment dans lequel ils auraient niché l’ensemble d’une vie pour ensuite y mettre le feu, dégoûtés par l’insignifiance du personnage.  Mais, demanderez-vous, pourquoi se donner la peine de créer un héros, même quelconque, si c’est pour cacher ce qu’il fut vraiment, ce qu’il recelait de précieux puisqu’il était tout de même humain ?  Cette question, pour cruciale qu’elle soit à vos yeux, n’en est pas moins superfétatoire.  Vous n’avez pas le droit de la poser puisque vous êtes lecteurs soumis à des caprices d’auteur.

         Le triste sire n’a point connu autre chose que cette vie soumise aux caprices de toutes les malchances, n’a voulu que passer sous silence, secret, timoré, le dos courbé sous le poids des obligations.  Il n’a jamais demandé la parole, n’a jamais recherché les feux de la rampe ou même d’un simple paragraphe ; il a choisi, en quelque sorte, les conditions de son existence.  Direz-vous, après cet aveu, qu’il y a chez lui une force de caractère qui ne relève pas du tout de la mollesse ?

         Vous direz que choisir, c’est s’imposer, c’est obliger, c’est aussi veiller au déroulement de ses jours ; que ce n’est pas se laisser porter par des courants trop forts.  Vous direz que ce héros a de la puissance, qu’il sait ce qui est bon pour lui, qu’il cherche son mieux-être.  Vous direz qu’il offre de l’intérêt et que l’écrivain, sous un prétexte idiot, ne peut se le réserver, le garder au secret dans une prison.  Oubliez-vous qu’il existe une liberté qui transcende vos droits de lecteurs ?  Il existe cette condition supérieure à tout autre, celle du bon vouloir du créateur.  Vous en doutez ?  Comment réagiriez-vous si tout de suite je déchirais les quelques pages de cette nouvelle et les jetais au feu ?  Elle n’a jamais été publiée ; plus alors aucune preuve n’existe.  Je nierai même le souvenir de ce héros falot, créé pour faire s’apitoyer les cœurs tendres.  Ce fut un cas sans importance.

Notice biographique

Richard Desgagné est écrivain et comédien depuis plus de trente ans. Il a interprété des personnages de Molière, Ionesco, Dubé, Chaurette, Vian, Shakespeare, Pinter, etc., pour différentes troupes (Les Têtes heureuses, La Rubrique) et a participé à des tournages de publicités, de vidéos d’entreprise et de films ; il a été également lecteur, scénariste et auteur pour Télé-Québec (Les Pays du Québec) et Radio-Canada (émissions dramatiques).  Jouer est pour lui une passion, que ce soit sur scène, devant une caméra ou un micro.  Il a écrit une trentaine de pièces de théâtre, quatre recueils de nouvelles, quatre de poésie, deux romans, une soixantaine de chroniques dans Lubie, défunt mensuel culturel du Saguenay-Lac-Saint-Jean.  En 1994, il a remporté le premier prix du concours La Plume saguenéenne et, en 1998, les deux premiers prix du concours  de La Bonante de l’UQAC. Il a publié, pendant cinq ans, des textes dans le collectif Un Lac, un Fjord de l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES). Il est membre du Centre des auteurs dramatiques. Il a été boursier du ministère de la Culture du Québec et de la fondation TIMI.  Pour des raisons qui vous convaincront, tout comme elles m’ont convaincu, je tiens à partager avec vous cette nouvelle qu’il a la gentillesse de nous offrir.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/ )


Cougar blues…, une nouvelle de Catherine Baumer…

26 octobre 2016

Cou alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecgar blues…

L’odeur de citronnelle qui imprègne la moustiquaire me prend à la gorge. Il fait trop chaud dans cette chambre. Moite.  Étouffant. Qu’est ce que je suis venue faire dans cette galère ? J’aperçois à l’autre bout de la pièce une araignée grosse comme le poing. J’arrête de respirer, le temps qu’elle ressorte en se faufilant sous la porte. Elles font toutes ça, je ne sais pas pourquoi. Tant mieux. Je ne suis pas sûre qu’une moustiquaire suffise à arrêter ces monstres et il faut bien que je bouge de temps en temps pour aller aux toilettes et dans la salle de bain. Jamais pieds nus. On ne sait pas trop sur quoi on peut marcher. Il paraît même qu’il y a des scorpions. Toujours vérifier ses chaussures avant de les enfiler. Et des serpents, aussi, qui remontent le long des canalisations. Je n’en ai pas encore vu et je ne sais même pas si c’est vrai, mais rien que l’idée me glace le sang. Je hais cet endroit. Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté ce voyage au Kenya. Je déteste la chaleur et les bestioles, surtout. Allergique à tout, en plus. Puis ces safaris-photos c’est pour les péquenots, les beaufs, les cadres en mal d’exotisme. Même si j’avoue qu’approcher des lions me fascinait, j’ai toujours eu beaucoup moins peur des grosses bêtes que des petites. Un lion, tu peux lui parler, au moins. Puis s’il a bouffé, il ne te regarde même pas. Une araignée, un scorpion, c’est sournois, insidieux, ça se glisse dans tes vêtements, ça te parcourt le corps pendant ton sommeil, ça te mord. Les moustiques te pompent le sang, et ici ils sont énormes et te laissent des cloques grosses comme des placards. Beurk.

Je suis venue parce qu’il me l’a demandé, c’est aussi simple que ça. J’ai tout plaqué, mon mari, mes enfants, pour aller le retrouver. J’ai dit que j’avais besoin de changer d’air et que je partais faire un safari au Kenya. Ce qui techniquement était vrai, puisque Mathias est guide de safaris là bas.  Je l’ai rencontré à mon club de gym, trente ans, frimeur, tout ce que je déteste. Beau comme un dieu, aussi.

Putain ! Mais qu’est qui m’a pris de venir ! Pour commencer, il n’était pas comme prévu à l’aéroport de Nairobi pour m’accueillir, le beau Mathias. Il m’a juste envoyé un SMS pour me dire qu’il avait un empêchement, qu’il  était désolé et que le mieux était que je prenne un taxi et que je m’installe dans le lodge d’un village où il viendrait me chercher.  J’ai failli reprendre le premier vol pour Paris.  Mais j’aurais dit quoi à mon mari ? Puis je n’étais pas venue jusqu’ici pour rien, quand même ! J’ai regardé les étoiles, respiré un grand coup et je suis montée dans un taxi. On a roulé longtemps, d’abord sur des routes, puis sur des pistes. Le chauffeur ne m’a pas dit un mot, sauf pour me réclamer le prix de la course.

L’hôtel semblait correct, à première vue, le genre de palace pour touristes en fin de safari. J’étais la seule pensionnaire, mais Mathias devait arriver le lendemain soir avec son groupe. J’ai trouvé que le personnel me dévisageait avec un drôle d’air, une femme seule, ils ne devaient pas être habitués. J’ai décidé de dîner dans ma chambre, me rassurant en me disant que demain Mathias serait là. Je me suis couchée après avoir fermé la porte à double tour et bloqué une chaise devant, au cas où. J’ai ensuite installé la moustiquaire tant bien que mal et vidé la moitié de ma bouteille d’essence de citronnelle dessus.

Le lendemain soir Mathias n’était toujours pas arrivé. J’écoutais John Lennon en boucle sur mon portable pour me calmer les nerfs et ne plus entendre le bruit du vent qui s’était levé à l’extérieur. Les communications devenaient de plus en plus difficiles, jusqu’à cesser totalement au fur et à mesure que la tempête se déchaînait dehors.

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecCela fait trois jours que ça dure et que je suis coupée du monde extérieur. Nous ne sommes que quatre dans l’hôtel, moi, le directeur, le réceptionniste et un serveur.  Ils m’apportent un plateau dans ma chambre matin, midi et soir, et me parlent à peine. Je reste cloîtrée,  repliée sur mon lit, sous la moustiquaire, à attendre que ça s’arrête et à me maudire d’être venue ici.  Je vais finir ma boîte de calmants et m’endormir en priant pour qu’à mon réveil ce cauchemar soit terminé. J’ai chaud, la tête me tourne, pas d’air…Une araignée se glisse sous la moustiquaire… Sortir d’ici… La fenêtre… J’étouffe… La fenêtre…

Bulletin d’alerte. Suite à la tempête qui a frappé Nairobi et ses environs on a retrouvé une femme blonde de type caucasien, âgée d’environ cinquante ans, errant dans la savane, pieds nus, juste vêtue d’un paréo, ne se souvenant plus de son nom ni des raisons de sa présence sur les lieux, articulant de temps en temps un prénom ressemblant à Mathieu ou Mathias. On l’a admise à l’hôpital de Nairobi pour des examens qui ne révèlent aucune blessure grave malgré un état de déshydratation avancé, de multiples plaies aux pieds et des piqûres d’insectes sur tout le corps.

Toute personne susceptible de nous fournir des informations au sujet de cette femme est priée de  contacter les autorités au numéro indiqué ci-dessous.

Catherine Baumer

 Notice biographique

Catherine Baumer est née et vit en région parisienne où elle exerce depuis peu et avec bonheur le métier de bibliothécaire. Elle participe à des ateliers d’écriture,  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecdes concours de nouvelles (lauréate du prix de l’AFAL en 2012), et contribue régulièrement au blogue des 807http://les807.blogspot.fr/, quand elle ne publie pas des photos et des textes sur son propre bloguehttp://catiminiplume.wordpress.com/ Elle anime également de temps en temps des ateliers d’écriture pour enfants.


La mémoire qui flanche, un texte de Francesca Tremblay…

13 septembre 2016

La mémoire qui flanche

La vie est un cimetière de souvenirs / Où j’apporte à ma tombe / Le dernier pétale de rose

 De toute ma longue vie, il n’y a pas beaucoup de soleils que je n’ai pas vus ni de lunes qui n’ont pas veillé sur mes chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québecnuits.  Mais je sais pourtant que quelque chose m’échappe.  Il y a quelque chose, dans mon esprit, qui fuit et qui me renie.

Je sais que l’oubli sera mon pire ennemi.  Maints dommages sont constatés chaque jour que Dieu fait…  Il est dans un coin de mon esprit et apparaît quand je m’y attends le moins.  Rongeur sournois qui gruge mes souvenirs et les digère dans son grand estomac, gobant toute ma vie entière.  Son appétit rattrapera bientôt mes vieilles jambes chancelantes et je me noierai dans ma salive, qui coule et qui s’épaissit à tant vouloir y échapper.

Démence qui fait que certains matins où rien ne va plus, j’ai envie de cracher au visage de cette inconnue qui me déshabille dans le grand froid de ma chambre remplie de souvenirs qui ne m’appartiennent plus.  Le réconfort n’est plus ce caprice que j’ai tant chéri.  Je crie qu’on vienne me chercher, mais ma panique ne fait qu’attirer les regards des autres perdus comme moi, qui espèrent retrouver leur chemin.  Je suis le pèlerin égaré qui croyait avoir trouvé la vérité.

Je n’ai pas laissé assez de repères avant d’oublier.  Je ne retrouve pas non plus la mince ficelle rouge.  Cette nuit, je me lèverai pour aller dans ce long corridor.  Pieds nus sur le carrelage, j’avais laissé se dérouler cette boule de laine pour que je puisse retrouver mon chemin vers la maison.  Mais on me ramène toujours ici.

L’oubli.  Si j’avais su qu’un jour, toute ma vie d’érudite s’émietterait comme ce vulgaire morceau de pain trop grillé qu’on me graisse et qui craque, qui se brise dans la main, j’aurais probablement…  Ah !  Si j’avais su… mais qu’est-ce que j’aurais pu faire ?  Être triste chaque jour jusqu’à ce que j’oublie d’être triste ?  Pauvre vieille femme que je suis.  Si j’avais su, je n’aurais rien changé.  En fait, j’aurais peut-être été très affolée.  C’est une chose qu’on ne nous dit pas quand on vient au monde.  « Tu souffriras » qu’ils devraient annoncer au détour d’un chemin de vie.  Mais après tout, c’est peut-être pour ça qu’on pleure, lorsque nous naissons.  Ils nous le disent peut-être, en fin de compte, mais on oublie…

L’oubli.  Venin translucide et vilain qui me laisse entrevoir la lumière, mais qui ne me laisse pas m’en approcher.

J’ai oublié les visages, ils sont flous et ne me disent plus rien.  Soudain, je crois reconnaître ce sourire, l’odeur d’un parfum, les cheveux ou la silhouette de quelqu’un, mais c’est passager.  Une lueur dans les yeux qui réchauffe mon regard et qui fait sourire la personne devant moi.  Mais ça aussi c’est passager.

Il y a des matins, j’aimerais tout oublier.  Ils se disent mes fils, mes petites-filles et je leur souris.  Juste pour ne plus avoir à penser que je ne me souviens plus.  Je ne sais même pas que je redécouvre quelque chose comme si c’était la première fois !  Une folle succession de recommencements.  Où est-elle, la fin ?  Je fais souffrir des gens qui m’aiment.  Où est-elle, leur fin à eux ?  Il m’arrive même, certains soirs, d’entendre des cris.  C’est ce qui me réveille et je me rends compte que c’est de ma bouche que sortent ces sons d’épouvante !  On vient me consoler.  Mais quand la personne repart, je me retrouve seule avec l’oubli, avec un monstre sous le lit.

Mais je n’oublie pas tout.  Les touches blanches et noires du piano.  Il m’arrive de les reconnaître, certains jours.  Parfois, je perds des journées entières à chercher si je suis toujours là, mais le vieux piano me rappelle qui j’ai été.  Il n’y a que la musique qui m’accompagne.  Je ne suis que l’ombre de ma vie, mais la musique sait me la raconter et me chante de vieux souvenirs qui persistent, qui luttent.

Je ferme les pans de ma robe de chambre et avance dans le long corridor.  Je croise des aides-soignantes, des hommes et des femmes qui sont mon reflet et j’arrive enfin dans la grande salle.  Je m’assois sur le banc noir, devant lui et je fais le vide autour de moi.  Soudain, les notes glissent telles les gouttes de pluie sur les carreaux de ma vie écorchée.  Je me surprends à sourire au soleil qui revient et réchauffe la peau plissée de mes mains qui dansent, qui se rapprochent, qui enfoncent les touches et sautent par-dessus d’autres.  Ces vieilles mains dont je ne contrôle plus les tremblements s’amusent enfin.  Je ferme les yeux et je les vois !

Des invités costumés.  Un bal !  Toute la nuit à faire danser les gens.  Je suis musicienne de l’âme et je fais vibrer leur être sur ma musique alors que la guerre vient de se terminer.  Je souris, j’ai chaud et mon chapeau à plume tombe sur mon front.  La fumée des cigares me pique les yeux, mais bon sang que je suis bien.  Un soldat me fait de l’œil.  Celui-là, je l’aimerai toute ma vie.

On secoue mon épaule.

J’ouvre les yeux et ils disparaissent tous.  Je ne reconnais plus le salon dans lequel j’aimais jouer.  Qui sont ces gens qui regardent le vide, qui se laisse absorber par sa présence.  On m’invite à descendre du banc pour prendre un médicament.

La musique s’est tue. / Une larme tombe.  S’écrase sur main. / Je ne me souviens plus. / La vie est un cimetière de souvenirs / Où j’apporte à ma tombe /  Le dernier pétale de rose.

 NOTICE BIOGRAPHIQUE

 En 2012, Francesca Tremblay quittait son poste à la Police militaire pour se consacrer à temps plein à la créationchat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec – poésie, littérature populaire et illustration de ses ouvrages.  Dans la même année, elle fonde Publications Saguenay et devient la présidente de ce service d’aide à l’autoédition, qui a comme mission de conseiller les gens qui désirent autopublier leur livre.  À ce titre, elle remporte le premier prix du concours québécois en Entrepreneuriat du Saguenay–Lac-Saint-Jean, volet Création d’entreprises.  Elle participe à des lectures publiques et anime des rencontres littéraires.

 Cette jeune femme a à son actif un recueil de poésie intitulé Dans un cadeau (2011), ainsi que deux romans jeunesse : Le médaillon ensorcelé et La quête d’Éléanore qui constituent les tomes 1 et 2 d’une trilogie : Le secret du livre enchanté.  Au printemps 2013, paraîtra le troisième tome, La statue de pierre.  Plusieurs autres projets d’écriture sont en chantier, dont un recueil de poèmes et de nouvelles.


Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

13 septembre 2015

Pure fictionchat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec

Après tout, cher, très cher lecteur, est-ce vraiment si grave si tout ce qui s’est écrit ici-bas n’est pas totalement, absolument, indéniablement VRAI ? Non. Qu’importe la réalité quand la fiction fait bien son boulot. Quand la fiction est tellement pleine de crédibilité qu’on lui donnerait le bon dieu sans confession, le monde sans demander son reste.
Crois, cher lecteur. Crois ce que je t’ai fait croire, crois ce qui est vrai dans ces lignes, crois les errements de l’auteur, ses errances aussi, son inadaptation au monde parfois, car cela, je te l’assure, cela ne ment pas.
Nous sommes dans une fiction, ami, et pourtant, on dirait que j’existe, non ? N’existes-tu pas ? Ne sommes-nous pas, toi et moi, deux êtres de chair, de sang, de matière grise ? Deux êtres de mots. Pouvons-nous douter, lecteur, de notre véracité à nous ? Ma foi, peut-être. On peut douter oui. Alors, finalement, nous ne sommes pas plus vrais, toi et moi, qu’une fiction. Nous ne sommes pas plus faux que la réalité.
Peut-être que la seule chose vraie, diablement vraie, la seule chose qui ne supportera pas le soupçon, c’est bien ce drôle de lien qui se fait entre nous, entre mes doigts et tes yeux, entre ma voix d’encre et ton oreille coquillage, entre ces pages et tes mains qui les tournent. Ce lien s’est établi dès que tes beaux yeux se sont posés sur ce monde, sur cet auteur que je prends soin de faire vivre sans complaisance et avec empathie néanmoins. Ce lien, lecteur, ce lien puisque tu es encore dans ces lignes, ce lien est absolu. Irréfutable. Tu aimes ou n’aimes pas ces pages. Tu les as feuilletées peut-être un peu vite, sans grande conviction. Tu tombes sur une phrase qui te plaît ici ou là. Tu es plongé peut-être pour la deuxième, énième fois dans ces lignes. Tu prends peut-être des notes. Tu te dis peut-être que ces pages sont vides de sens et de style. Tu as tellement de possibilités, lecteur, tellement de pouvoir finalement. Tellement de mondes à ouvrir dépendent de ta bonne volonté, de ta bienveillance ou de ta curiosité. Tu es un abysse et ces lignes, ces mots noirs ne rêvent que de plonger dans ton cœur.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge chat qui louche maykan alain gagnonDéclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade (roman) aux Éditions Philippe Rey.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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