Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

29 décembre 2013

Souhaits

Alors que j’écris ceci, un air de Noël joue à la radio et ma mère prépare son repas du 25 décembre. Dans 432295_10151130281416193_857073040_squelques heures, nous serons plusieurs réunis autour de la table, et le vin coulera à flots.

J’aimerais prendre un moment pour vous remercier sincèrement, vous chers lecteurs et lectrices du Chat Qui Louche. Votre fidélité, votre grand nombre et votre enthousiasme pour nos textes nous poussent tous et toutes à continuer et à développer nos styles différents et à tenter de toujours vous offrir un produit de grande qualité. Je suis honoré de faire partie de cette merveilleuse équipe.

L’année 2013 fut riche en changements pour moi. Je suis passé d’une sorte de déprime dans une ville étrangère à une extase en renouant avec l’un de mes premiers amours, le théâtre, et ce faisant, je me suis fait une foule d’amis et de contacts professionnels.

Pour 2014, je me souhaite plusieurs choses.

Je veux tout d’abord faire mon premier semi-marathon. Tout est prévu à cet effet ; ça sera le 23 février, dans ma ville de Peterborough, là où ma passion pour la course est née. Cela occupe toutes mes pensées et ma détermination est énorme.

Je songe également à suivre une formation pour devenir entraîneur et ainsi aider les gens qui veulent se remettre en forme, comme je l’ai fait. J’aimerais partager mon expérience. Cela me passionne énormément.

À ce sujet, je me souhaite un job. Quelque chose qui me permette de vivre et non de vivoter, et de cesser de me « faire vivre par ma blonde », ce qui est pratiquement le cas présentement. Il n’y a rien de mal là-dedans, au contraire. C’est le genre de sujet que j’évite avec les « vieux » dans le temps des fêtes, mais sinon, il faut vivre avec son temps. Mais j’aimerais simplement être plus indépendant financièrement. La vie de pigiste n’est pas toujours facile…

Je souhaite que des projets auxquels je me suis joint, tels que le magazine Muse et RZO, de croitre et de toucher le plus grand public possible.

fashion_scans_remastered-doutzen_kroes-muse-fall_2011-scanned_by_vampirehorde-hq-1Muse est un nouveau genre de magazine, qui veut faire appel aux lectrices et lecteurs  qui ne se reconnaissent pas dans les publications « pour femmes » sur le marché actuel. Si le projet, dans le moment en campagne de socio-financement sur Kickstarter, voit le jour, il se pourrait je que j’y joue un rôle comme rédacteur.

En ce qui a trait à RZO, je vous en ai parlé, il s’agit d’un regroupement de baladodiffusions québécoises, les meilleures sur le web, choisies et répertoriées pour vous. Je fais partie de l’équipe d’Horreur Gamer et ma participation  à ce projet s’est avérée être l’une des choses les plus positives qui me soient arrivées en 2013.

Et je souhaite que ma collaboration au Chat Qui Louche dure encore longtemps, car cette tribune qui me permet de partager mes passions et états d’âmes avec vous me tient beaucoup à cœur.
Joyeux temps des fêtes, et une heureuse année 2014 à chacun de vous.  Que vos souhaits les plus chers se réalisent !

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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Billet de Québec, par Jean-Marc-Ouellet…

26 décembre 2013

L’équation du Père Noël

Je l’avoue.  J’ai écrit au Père Noël.  Avec bonheur, et étonnement, je reçois tout juste sa réponse.  Je vous pere-noel-traineau-reines-lunela partage :

Très cher Jean-Marc,

Quel plaisir ce fut de lire ta lettre !  Je l’ai épluchée avec intérêt, et amusement.  Maintenant que l’allégresse de Noël s’apaise, et avant que les innombrables tâches nous mènent au prochain, je prends le temps de te répondre.

Tu es un sceptique, Jean-Marc !  Tu l’as pourtant écrite, cette lettre.  Ton cœur croit donc en moi.  Mais à l’instar de beaucoup d’adultes, tu as des réserves, des doutes.  

Tu as raison.  La science s’est évertuée à prouver mon existence.  Le philosophe Karl Popper a échoué.  L’astronome Carl Sagan aussi.  Attentifs à l’appel de leur cœur, intrépides, d’autres s’y sont ingéniés.  Sans succès.  En 1988, le jeune Vernon P. Templeman a prétendument confirmé l’impossibilité scientifique que j’existe.  Cela le prouve-t-il vraiment ?  Certainement pas.  L’absence de preuves n’écarte pas le fait.

Avec toi, je réviserai maintenant vos objections.

D’abord, sur la base d’un jouet par enfant qui fête Noël, ce qui ne m’empêche pas d’aimer les enfants musulmans, hindous, juifs et bouddhistes, je distribue 300 millions de jouets durant la nuit de Noël.  Oui.  300 millions.  À un kilo et 4 litres de volume en moyenne par jouet, j’emporte avec moi 120 milliards de litres de jouets pour un poids de 300 000 tonnes.  Impossible ! tu t’exclames.  Pas pour moi, Jean-Marc !  Pas pour moi.  Dans mes ateliers, nous renforçons les paquets et, dans le convoi, plaçons les plus lourds en dessous de telle sorte qu’ils ne puissent abîmer les autres.  Avec stratégie, nous les disposons pour qu’à chaque arrêt je puisse rapidement les retrouver.

Tu l’as compris, je ne peux transporter tous ces jouets sur un seul traîneau.  Le convoi en comporte 300 000.  Tes calculs sont exacts.  Tirés par les derniers représentants de rennes d’une race particulière, capable de profiter d’un champ de force qui vous est inconnu, le convoi s’élève dans les airs et voyage à près de la vitesse de la lumière avec à sa tête, Rudolf, ce cher Rudolf, un mutant chez sa race, muni d’un nez rouge, senseur indispensable au convoi.  À cette vitesse, nous sommes loin de la vitesse du son dont tu me parles, et de la vitesse minimale obligatoire de 1290 km/sec, selon tes calculs, soit le Mach 3910.  À notre vitesse, vous ne pouvez nous voir et ce n’est pas les quelque 72 millions de kilomètres que nous parcourons de cheminée en cheminée qui posent problème.

Les prémisses de tes calculs prennent en compte l’incapacité habituelle à voler des rennes communément rencontrés sur Terre et les conditions usuelles qui régissent la physique terrestre.  Ainsi, tu estimes l’accélération de l’attelage à 800 millions de g, une force de 240 milliards de newtons devant être exercée par plus de 2000 millions de rennes.  C’est hautement fantaisiste, évidemment.  Mes rennes n’ont rien à voir avec ceux qui fréquentent vos terres.  Et qui te dit que votre physique s’applique à nos activités ?  Ne présume pas trop vite, mon garçon.

Comme je distribue les jouets sur plusieurs fuseaux horaires, ce n’est pas 12 heures dont je dispose pour effectuer ma tournée, mais bien 31 heures, soit l’équivalent de 762 cheminées à la seconde, ce qui, pour nous, sans me vanter, est une formalité.

J’ai été touché par ton inquiétude à propos de ma chute dans les cheminées.  Présentés comme tu le fais, les chiffres impressionnent.  M’élancer de 2,5 mètres en 250 microsecondes, et freiner, avec une décélération de 8 millions de g, peut sembler risqué.  Or, c’est faire abstraction de mon excellente condition physique, de mon imposante constitution et de mon léger embonpoint qui me protègent au moment de mon atterrissage dans l’âtre.

À propos des cheminées, il est vrai que jadis, elles étaient plus courantes, et plus grandes.  C’était le bon temps !  Mais on s’adapte.  Une faille existe dans chaque demeure.  De plus, tu as raison : je grignote en moyenne 10 g de friandises dans chaque foyer.  Je l’avoue, je suis un peu gourmand.  Il en résulte que j’engraisse un peu durant ma tournée.  Mais je ne gagne pas les 850 tonnes que tu as calculées !  Surtout pas en une seule nuit !  Tu devras revoir tes calculs, jeune homme !

Ta lettre est sévère.  Tu m’accuses même de violer les droits civiques en pénétrant illégalement dans les foyers, ne fussent que quelques millisecondes.  Tu oublies ceci, cher Jean-Marc.  Je ne vais nulle part où l’on ne m’attend pas.  Et là où je vais, on m’espère.  Je suis un invité, pas un intrus.

pnscienceJe ne critiquerai pas ici tes autres raisonnements ou équations incrédules.  Tonrenne_volant2 message est clair.  D’après toi, et ta supposée science, je viole les lois physiques connues, les lois de la zoologie, les lois de la circulation aérienne même.  Eh bien, tu as raison !  Je viole vos lois.  Pour la bonne raison qu’elles n’ont aucun pouvoir sur moi.  J’aime tous les enfants, tous les adultes aussi.  Tes savants calculs, ta science, ne tiennent pas compte du pouvoir de l’Amour, et du mérite d’être sage.  Ils n’expliquent pas les miracles, mon existence et mes dons.  Ils ne font pas le poids.  Pourquoi ?  Je vais te le dire, mon garçon.  Vos équations négligent un élément essentiel : la magie, Jean-Marc !  La magie de Noël !

Je ne peux conclure sans te souhaiter la plus belle des années en ce 2014 qui approche.  Que paix, sérénité et amour abondent.  Sois sage surtout.  Ton espièglerie et tes rêveries te jouent des tours parfois.  Je transmets le même message à tes lecteurs, qui, je n’en doute pas, liront cette lettre.  Je te connais.  Qu’ils se souviennent que le merveilleux ne réside pas dans les équations.  Dans 364 jours, durant la nuit, qu’ils surveillent le ciel, et ouvrent leur cœur.  Un miracle est si vite arrivé.

Ho !  Ho !  Ho !

 Père Noël

 Source : http://oncle.dom.pagesperso-orange.fr/humour/pere_noel/pere_noel.htm

© Jean-Marc Ouellet 2013

Notice biographique

Jean-Marc Ouellet grandit dans le Bas-du-Fleuve. Médecin-anesthésiologiste depuis 25 ans, il pratique à Québec. Féru de sciences et de littérature, de janvier 2011 à décembre 2012, il a tenu une chronique bimensuelle dans le magazine littéraire électronique Le Chat Qui Louche. En avril 2011, il publie son premier roman,  L’homme des jours oubliés, aux Éditions de la Grenouillère, puis un article, Les guerriers, dans le numéro 134 de la revue MoebiusChroniques d’un seigneur silencieux, son second roman, paraît en décembre 2012 aux Éditions du Chat Qui Louche.  En août 2013, il reprend sa chronique bimensuelle au magazine Le Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

3 novembre 2013

La maladie de Noël…

En novembre 2012, la chaîne de pharmacies Shoppers Drug Mart a cessé temporairement de diffuser de la musique de Noël dans ses magasins pour cause de plaintes reçues de la part de ses clients, qui trouvaient cela trop tôt.

En ce qui me concerne, j’applaudis.  Mais rapidement sont arrivées d’autres plaintes sur la page Facebook de l’entreprise.  Des plaintes de gens qui déploraient cette décision et qui affirmaient, entre autres, qu’ils boycotteraient les magasins Shoppers si la musique de Noël n’était pas rétablie.

La compagnie a alors précisé que les airs des Fêtes reviendraient après le Jour du Souvenir, ce qui lui semblait raisonnable.  Et elle le fit, et tout rentra dans l’ordre.

Tout ce brouhaha inutile aurait été évité si notre société n’était pas aussi malade.  Je dis malade, car je ne peux qualifier autrement ce besoin que nous avons (et bien que j’écrive « nous », je ne m’inclus pas) de baigner dans l’esprit des Fêtes pendant plus de deux mois.

Chaque année, dès que l’Halloween est passée, on voit les magasins se remplir d’objets reliés à Noël ; la musique associée à cette fête nous provient de toutes parts ; et des milliers de gens « virent sur le capot » et tombent en mode des Fêtes beaucoup trop longtemps à l’avance.

Je comprends les motifs commerciaux qui amènent les maisons de disques à sortir la musique de Noël hâtivement (les disques destinés à cette période pleuvent ces jours-ci, comme à chaque année).  Ceci étant dit, je ne comprends pas les gens qui les écoutent avant le mois de décembre.  Ou plutôt, je crois les comprendre, mais je les plains.

Il faut mener une vie bien triste pour vouloir se bercer d’illusions et faire vivre Noël pendant des mois, voire à l’année – dans les cas extrêmes.  Serait-ce une sorte de maladie, ou plutôt un remède à un genre de dépression collective ?

Que peut-il se passer dans la tête d’une personne pour qu’elle prenne le temps d’écrire sur la page Facebook de sa pharmacie pour annoncer qu’elle n’y remettra plus les pieds si les haut-parleurs ne distillent plus de la musique de Noël ?  Pourquoi ce détail idiot vient-il chercher les consommateurs au plus profond d’eux-mêmes ?  Ce n’est que de la musique, pourtant.  Et Noël n’est qu’une fête de fin d’année, après tout…

Mais est-ce le cas ?  J’ai l’impression – hormis les gens qui célèbrent cette fête pour les raisons religieuses – qu’on accorde trop d’importance à Noël.  Je soupçonne qu’on s’en sert comme baume qu’on applique à une sorte de tristesse de l’âme.  Je connais des gens qui commencent à s’y préparer en août (en AOÛT !!!), et qui demandent, donc, à leurs enfants de préparer leurs listes de cadeaux quatre mois à l’avance.  Et je me demande : pourquoi ?  Qu’est-ce qui presse tant ?

Ces enfants deviennent alors les victimes cette « folie », des êtres qui devront grandir avec l’illusion que Noël, ça dure toute une saison, alors qu’en fait, ce n’est qu’un jour dans l’année.

Le Noël des campeurs ne m’a jamais posé de problème – sympathique  et inoffensive pratique qui ne m’affecte pas du tout –, mais de se mettre dans l’esprit des Fêtes pendant quatre mois (ou plus) est tout à fait ridicule, selon moi.  J’aurais tendance à dire comme tous ces débatteurs qui parlent de religions ces temps-ci : « Si vous voulez fêter Noël en avance, faites-le en privé.  Mais n’imposez pas votre musique ou votre délire des Fêtes à tout le monde ! »

N’allez pas pleurer sur la place publique parce que votre pharmacie retire sa musique de Noël pendant quelques semaines, par respect pour les gens qui ont encore un pied dans la réalité.  Et si vous souhaitez décorer votre maison de bonshommes de Noël du sous-sol au grenier des mois en avance, fine !  Mais ne cherchez pas mon approbation, vous ne l’aurez pas.

À mes yeux, vous souffrez de la mystérieuse maladie de Noël, et j’ignore quel remède pourrait vous en guérir.

Sur ce, je retourne à mes monstres, mes films d’horreur et ma musique Halloween dont je vais continuer de profiter encore pendant quelques semaines…

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

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Rétro : Chronique d’humeur, par Jean-Pierre Vidal…

10 avril 2013

Métaphore d’espoir

J’ai toujours détesté Noël. Sans doute parce que cette fête aura été mon premier exemple d’unanimité obligatoire. Tout le monde aime Noël, n’est-ce pas ? Dès ma prime adolescence, je rétorquais dans ma tête : pas moi ! Mes raisons ont changé, mais ma détestation demeure, encore avivée par la confiscation qu’a opérée le discours marchand de tout ce qui est convivial, festif et même familial. Je vous épargnerai donc les couplets sucrés sur le poupon qui sauve le monde, la fête de la lumière, la famille, les amis, les cadeaux, la joie, que sais-je encore ?

Non, décidément, ma métaphore d’espoir n’est pas Noël. C’est plutôt un autre de ces signes des temps que les gens d’un certain âge, devenus progressivement, comme moi, anthropologues amateurs, se plaisent à observer avec la gourmandise de qui s’apprête à disparaître (longue ascèse, cela) et se sent donc de moins en moins concerné.

Dans ce regard, parfois amusé, souvent rageur, que je porte sur la société, l’apparition d’une nouvelle métaphore, sans doute promise à une circulation virale, comme tout ce qui nous arrive par la voie des médias, est toujours un plaisir renouvelé.

Celle qui, ces temps-ci, me met en joie, est apparue plusieurs fois sur les ondes et sa plus belle illustration nous est venue du ministre des Transports du Québec. Monsieur Moreau a en effet invoqué récemment, à propos de l’échangeur Turcot et du fait, critiqué par plus d’un, que les firmes qui avaient établi les devis et cahiers de charges des travaux seraient tout de même invitées à participer à l’appel d’offres, un exemple culinaire, où les devis étaient devenus les ingrédients et l’appel d’offres la recette. Le ministre des Transports gourmands disait en substance que donner la liste des uns ne devrait pas interdire d’appliquer l’autre.

De l’horloge à la table

Quel changement d’avec la métaphore horlogère qui jusque-là, dans la bouche des grandes-gueules rouleuses de globes oculaires des médias, nous ramenaient toujours à des nécessités d’exactitude, de précision, de prétendue vérité des choses et, en fin de compte, à la facilité imbécile du temps qui n’en finit plus de n’être que de l’argent. Et si nous allions enfin quitter ces éternelles pendules à remettre à l’heure, cette heure qu’il fallait toujours donner juste ? Si le dieu grand horloger que nous avait légué le XVIIIe siècle était enfin crevé, de sa belle mort, et que ressuscite enfin, de ses cendres de notaire ou d’actuaire, le grand Pan ou quelque dieu rabelaisien de la bonne chère et de l’amour goulu de la vie qui ne se chiffre ni ne se minute ?

Dans le mot convivial, il y a convive, et dans commensal, ce mot qui sert d’enseigne à une chaîne de restaurants végétariens, on entend une vieille expression latine qui veut dire : « faire table commune ». Depuis que l’homme a découvert le feu, il mange en famille ou en groupe. Pas de civilisation sans ces repas pris en commun, quelles que soient, par ailleurs, la délicatesse des mets et l’habileté des chefs.

Mais si nous entrons maintenant dans l’ère de la métaphore culinaire après celle de la métaphore horlogère, c’est aussi peut-être parce que notre conception du temps est en train de changer. Et c’est cela aussi qui me réjouit l’âme.

Le temps des cuisines est, en effet, un temps humain, c’est-à-dire variable, élastique, organique même : aucun poulet ne met jamais le même temps à cuire. Aucun four n’est assez calibré pour garantir le même temps que celui qu’annonce la recette et aucune recette n’a le front d’oublier de placer le mot « environ » avant son minutage.

Dans les cuisines, le temps vit sa vie, comme nous. Il prend le temps d’être lui-même, dans toute la diversité qui le constitue. Même dans les restaurants, il n’a que faire de l’esclavage économique, de la folie du rendement, de l’obsession d’une exactitude machinique. Monsieur Pressé et son ami Monsieur Limportant attendront que leur poularde ait pris le temps de se dorer à point. Pour leur faire honte.

Le slow food nous est venu d’Italie, comme la fourchette et une bonne partie de ce que nous appelons l’art, qu’il s’agisse de peinture, de musique ou de cet art plus récent, dit paysager, qui compose les campagnes et les collines comme des tableaux.

Le retour du temps humain

La vie ralentie, la vie enfin revécue, empoignée à bras le corps, aimée, jouie et réjouie plutôt que consommée, nous viendra peut-être enfin, loin de l’injonction productiviste de soi-disant lucides, de ces jeunes, de plus en plus nombreux, qui décrochent, qui sortent des parcours de rats qu’on les a contraints de subir dans les labyrinthes de ces laboratoires sociaux où des savants fous plus ou moins économistes, plus ou moins moralistes ou théologiens veulent nous enfermer, pour le plus grand bien des ploutocrates malades qui leur servent de maîtres.

Combien ne voyons-nous pas, heureusement, ces temps-ci, de jeunes, cloutés ou non, tatoués ou non, qui préfèrent se restreindre, rouler un train plus modeste, oublier les signes extérieurs de richesse ou de statut, pour s’occuper mieux de leurs amours, de leurs enfants, de leurs passions et de tout ce qui ne se monnaye pas mais se vit, tout simplement, généreusement, en toute gratuité, en toute ingénuité.

C’est à ceux-là que je crois, plutôt qu’aux abrutis (foin de rectitude politique) que les médias nous montrent passant la nuit dehors pour la joie lamentable d’être les premiers à acheter la dernière bébelle électronique pourtant destinée à se vendre à des millions d’exemplaires en l’espace de quelques heures. Candide plutôt que Pavlov ! Le temps plutôt que l’argent ! La vie plus que la production ! Mon royaume et ses richesses pour un cheval qui caracole et me sauve !

Et si nous allions ainsi, tranquillement, pacifiquement, humainement, vers l’instauration universelle, pour remplacer celui que les conservateurs ont mis à mal, d’un registre des âmes à fleurs ?

Joyeuses fêtes à toutes et à tous !

Notice biographique
PH.D en littérature (Laval), sémioticien par vocation, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis l’ouverture de l’institution, en 1969. Fondateur de la revue Protée, il a aussi été chercheur et professeur accrédité au doctorat en sémiologie de l’Université du Québec à Montréal. Il a d’ailleurs été professeur invité à l’UQAM (1992 et 1999) et à l’UQAR (997).

Outre de nombreux articles dans des revues universitaires et culturelles, il a publié deux livres sur Robbe-Grillet, un essai dans la collection « Spirale » des éditions Trait d’union, Le labyrinthe aboli ; de quelques Minotaures contemporains (2004) et deux recueils de nouvelles, Histoires cruelles et lamentables (Éditions Logiques 1991) et, cette année, Petites morts et autres contrariétés, aux éditions de la Grenouillère.

Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (Spirale, Tangence, Esse, Etc, Ciel Variable, Zone occupée). Il a préfacé plusieurs livres d’artiste, publie régulièrement des nouvelles et a, par ailleurs, commis un millier d’aphorismes encore inédits.

Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec, Société et Culture.


Chronique d’humeur, par Jean-Pierre Vidal…

27 décembre 2012

Noël quand même

Au risque de casser un party qui, de toute façon, se déroulera bien sans moi, je dois confesser ici mon exécration de Noël.  Le mot n’est pas trop fort.  Car j’haïs effectivement cette période, comme on dit, « pour me confesser », c’est le cas de le dire.

Mes raisons sont multiples, certaines, j’en conviens, relevant du psychanalyste que je n’ai pas, mais d’autres frappent désormais quiconque indifféremment.  Parce qu’elles tiennent à ce qu’on pourrait appeler l’air du temps, ce Zeitgeist dont, il y a un peu plus d’un an, les indignés du square Victoria rappelaient justement l’importance.

Pour revenir un peu sur mon histoire personnelle, qui par bien des traits coïncide avec celle de chacun d’entre nous, chrétiens occidentaux, j’ai commencé à détester Noël, l’année, il y a maintenant un demi-siècle ! où je n’ai plus cru en Dieu.  J’ai coutume de dire, en me fendant d’un aphorisme, que je me fais de lui une idée trop haute pour y croire.

Cette idée trop haute en tout cas ne se satisfait pas de ce gentil distributeur de confiseries pour l’âme que nous présentent toutes les sectes plus ou moins protestantes et le catholicisme lui-même, maintenant saisi par le populisme complaisant qui prend notre âme pour de la guimauve.  Et je refuse d’autant plus son adoration qu’elle se fait désormais par des rituels bonbons célébrés dans une langue indigente et s’accompagne d’obligations peu contraignantes, dignes de la simple commodité que nous l’avons fait devenir.  On a les dieux qu’on mérite.

Le vieillard gâteux qui préside aux fêtes de Noël n’est pas loin de Mercure, le dieu latin du commerce dont Noël est assurément le royaume incontesté.  On y est submergé par un déluge de bons sentiments, de décorations kitsch et de musique nanane.  Au moins sur ce plan, nos amis anglo-saxons ont-ils coutume de faire une place à une autre musique de Noël, moins tartignolle et moins sucrée que celle déversée par les médias du « temps des fêtes », comme on l’appelle : à Noël, ils assistent nombreux à des exécutions du Messie de Haendel en chantant tous ensemble les chœurs.  Nous, pendant ce temps-là, gloussons aux mélodies sentimentales de quelque sirupeux crooner américain ou tressautons à la ridicule interprétation rock de Noël d’un chanteur pop en mal de disque d’or.  Et nous retrouvons fièrement nos valeurs à la courte messe de minuit de huit heures, moins fatigante que celles de la tradition.

Mais la raison sans doute la plus impérieuse pour laquelle je déteste Noël, c’est sa convivialité forcée et l’obligation qui nous est faite d’y participer, dans la plus parfaite hypocrisie.

Je ne supporte pas cette unanimité factice dont la publicité fait le moteur de sa persuasion en parvenant à nous convaincre qu’elle existe et que ses messages l’atteignent : les plus vieux se souviendront de la trouvaille ingénieuse d’un de nos publicitaires : « tout le monde le fait, fais-le donc ».  Tout le monde aime Noël.  Ben non, pas moi !  Et je suis persuadé que je suis loin d’être le seul.  Mais chut ! n’écœurons pas le bon peuple !

Répétons plutôt ici le seul message qui vaille la peine d’être relancé dans cette cacophonie de vœux pieux et de sentiments de confiserie, ce message ancestral qui est au cœur de toutes les religions du livre et qui peut se décliner en hébreu, en grec, en latin, en arabe et même en farsi, sans oublier le français, cette langue devenue très secondaire : paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, dont je suis sûr que vous êtes, vous qui me lisez.  Souhaitons-nous que leur nombre s’accroisse au moins un peu dans l’année qui vient.

Le tollé suscité jusque dans les rangs les plus fanatiques de ces joyeux innocents du Tea Party par l’insondable stupidité du vice-président de la National Rifle Association me laisse à penser que nous sommes peut-être sur la bonne voie.

Mais ce sera long, mes frères.

Notice biographique

PH.D en littérature (Laval), sémioticien par vocation, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis l’ouverture de l’institution, en 1969. Fondateur de la revue Protée, il a aussi été chercheur et professeur accrédité au doctorat en sémiologie de l’Université du Québec à Montréal. Il a d’ailleurs été professeur invité à l’UQAM (1992 et 1999) et à l’UQAR (1997).
Outre de nombreux articles dans des revues universitaires et culturelles, il a publié deux livres sur Robbe-Grillet, un essai dans la collection « Spirale » des Éditions Trait d’union, Le labyrinthe aboli ; de quelques Minotaures contemporains (2004) et deux recueils de nouvelles, Histoires cruelles et lamentables (Éditions Logiques 1991) et, cette année, Petites morts et autres contrariétés, aux éditions de la Grenouillère.  De plus, il vient de publier Apophtegmes et rancœurs, un recueil d’aphorismes, aux Éditions Le Chat Qui Louche.
Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (Spirale, Tangence, Esse, Etc, Ciel Variable, Zone occupée). Il a préfacé plusieurs livres d’artiste, publie régulièrement des nouvelles et a, par ailleurs, commis un millier d’aphorismes encore inédits.
Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec, Société et Culture.

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Billet de Québec, par Jean-Marc Ouellet…

14 décembre 2012

Ange

 Je suis excitée.  C’est Noël !  Encore cette année, comme l’an dernier, comme les autres années.  Bientôt, plus d’ordinaire, je sortirai de la noirceur, je me ferai belle.  Maman me prendra, me caressera, je brillerai.  Comme je serai belle parmi les autres !  Parfois, c’est Papa qui vient, qui m’empoigne de ses grosses mains rugueuses.  Je l’aime, Papa.  Toujours, l’air émerveillé, il cesse les jérémiades, il me regarde, me câline, m’installe.  Et sourit.

Je pourrais être heureuse, je suis belle, on m’aime.  Or, un malaise me ronge.  J’aurais voulu être une autre.  Ange.  Voilà celle que j’aurais voulu être.  Depuis le début, depuis cette première fois où je l’ai aperçue.  J’aimerais être à sa place, être la plus jolie, qu’on me regarde la première.  Trop souvent, des étrangers entrent, ne me remarquent pas, moi, perdue parmi les autres.  Ils s’émerveillent pour Ange, la complimentent.  Pourquoi elle et pas nous, les autres ?  Pourquoi pas moi ?  Comme elle, j’aimerais être la vedette, le point d’attraction, celle de toutes les attentions.  Je sais que Maman et Papa m’aiment bien.  Ils me chouchoutent, comme les autres.  Ils m’aiment autant qu’ils aiment Ange, je le sens.  Alors, pourquoi les autres m’ignorent-ils ?

Je peine à l’avouer, mais je connais la réponse.  Elle est belle, Ange.  Splendide même !  Je ne peux le nier.  Longiligne, moins ronde que moi, les bras étendus, la robe éclatante qui descend jusqu’à ses pieds.  Elle a une certaine présence, Ange.  C’est indéniable.  Moi-même, je suis envoûtée.  Toujours, je l’observe, je l’admire.  Le jour, le soir, la nuit.  Ange m’obsède, je l’envie.

Je hais me croire jalouse.  Je tâche de me convaincre.  Chacun son importance, chacun son rôle.  Moi aussi, je contribue à la beauté de Noël.  Pourtant, il y a ce vide, je ne me sens pas à la hauteur.  Je rêve de sommet, d’être la préférée des invités de la maison.  Chaque décembre, je suis déçue.  Année après année, c’est Ange.  Toujours Ange.

Enfin, Maman approche.  Voilà mon tour.

Quelque chose ne va pas.  Maman n’est pas la même.  Une ombre assombrit son visage, obscurcit son regard.  Elle me saisit, sa main tremble, des larmes roulent sur ses joues.  Que se passe-t-il ?  Où sont les sourires, les taquineries ?  C’est Noël, Maman !  Ris !  Chante !  Danse !  Elle ne rit pas, ne chante pas, ne danse pas.  Une aura de tristesse.  Je ne comprends pas.  Où est Papa ?  Je veux voir Papa.  Il ne vient pas.

Ange-noelLa main hésite.  Elle m’accroche.  Le crochet vacille, devient funambule, se détache.  Je chute.  Le sol approche, je m’affole, j’ai peur.  Quelque chose d’affreux arrive, quelque chose de merveilleux se produit.

Kling-slink-slink!!! Mille morceaux roulent sur le sol.  Les tessons rouges s’immobilisent sur le bois d’érable.  Épars.

Maman sanglote.

Ne pleure pas, Maman.  Ta préférée est heureuse.  J’étais une boule parmi les autres.  Je suis un ange maintenant.

© Jean-Marc Ouellet 2012

Notice biographique

Jean-Marc Ouellet a grandi sur une ferme du Lac-des-Aigles, petite municipalité du Bas-du-Fleuve, puis à Québec. Après avoir obtenu un diplôme de médecine de l’Université Laval, il a reçu une formation en anesthésiologie. Il exerce à Québec. Féru de sciences et de philosophie, il s’intéresse à toutes les  littératures, mais avoue son faible pour la fiction. Chaque année, depuis le début de sa pratique médicale, il contribue de quelques semaines de dépannage en région, et s’y accorde un peu de solitude pour lire et écrire. L’homme des jours oubliés, son premier roman, a paru en avril 2011 aux Éditions de la Grenouillère. Depuis janvier 2011, il publie un billet bimensuel dans le magazine littéraire électronique Le Chat Qui Louche

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)


Texte de l'écrivaine Dominique Blondeau…

9 décembre 2009

Dominique Blondeau a eu la gentillesse de répondre à ma demande, d’où ce texte critique, percutant, exotique, hors-tradition (pour une majorité de lecteurs) sur la Fête de Noël.

L’imposture de Noël

Comment parler des fêtes de fin d’année quand elles ne font pas partie d’une enfance ? Je n’ai aucun souvenir de jouets mais celui d’oranges parfumées que j’allais cueillir dans l’orangeraie du voisin. L’océan, plus loin, bourdonnait à mes oreilles, le soleil se mirait dans les branches mauves ou roses des bougainvillées. Aucune trace du père Noël… Il a fallu que je m’exile pour ouvrir grands les yeux sur une tradition qui n’a pas préoccupé mes jeunes années. Mon étonnement a été d’autant plus vif que la neige devait faire partie du décor scintillant. Messe de minuit dans des églises illuminées pour honorer la prestigieuse circonstance. Jésus n’est-il pas né dans un pays oriental, un pays aux nuits glaciales mais si chaud durant les heures diurnes ? Je me demandais ce que la neige avait à voir avec la naissance de ce petit bonhomme. L’imposture commençait… Elle était dommageable, l’abondance de la nourriture contrariant mes papilles gustatives. Je n’avais connu que des repas sobres, au goût de miel, de fruits. De poissons, de coquillages. Pourquoi manger le bœuf censé réchauffer l’enfant divin dans sa mangeoire ? Bien sûr, dans l’église de la ville, priaient de bons chrétiens, ils suppliaient un nouveau-né que la paix continuât ; c’était lui donner beaucoup de responsabilité, entouré qu’il était d’une mère de quinze ans, petite moricaude aux cheveux frisés que les pères du christianisme, pour se l’approprier, ont dépeinte si souvent blonde aux yeux bleus. Et ce vieillard de quarante ans, Joseph, père supposé de l’enfant, Myriam ayant été décrétée vierge par le concile de Latran, sept siècles après la mort de l’homme Jésus. Que de questions je me posais face à l’agitation que provoquait cette fête que je jugeais plutôt païenne. Il eût été réconfortant de solenniser la naissance de l’auguste enfant dans le silence et l’humilité, leçon que personne n’a retenue : les gens autour de moi devaient célébrer pour eux-mêmes…Que reste-t-il de cet heureux événement qui devait sauver le monde de tous les péchés ? Si peu, sinon une religion fabriquée de toutes pièces par des admirateurs de Jésus, après sa mort. Là encore, ce fut l’imposture généralisée, aucun écrit de Jésus n’habilitant ce qu’avaient avancé les onze fanatiques de l’époque. Et ceux qui devinrent plus tard les serviteurs zélés d’une religion aujourd’hui en faillite. Que j’eus de la chance d’échapper au délire collectif d’une fête qui ne signifie plus que des promesses écrites sur des cartes virtuelles ! Cela dure une semaine, le temps que j’aspire la fragrance entêtante du mimosa de mon adolescence, que se déroule l’image fleurie des jacarandas bleus brisant la teinte indigo du ciel qu’une cigogne sillonne avant d’aller se poser sur quelque ruine d’un minaret de pisé rose, témoin d’une civilisation aussi ancienne que le christianisme. Sans un enfant pour en éprouver l’authenticité !

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

Installée au Québec depuis 1969, Dominique Blondeau, romancière et nouvellière, a été lauréate du Prix France-Québec/Jean-Hamelin pour son roman Un Homme foudroyé. Entre autres ouvrages, elle est aussi l’auteure de Les Feux de l’exil, Fragments d’un mensonge, Alice comme une rumeur, Éclats de femmes et Larmes de fond, ces cinq derniers livres publiés aux éditions de la Pleine Lune. En 2002, les éditions Trois-Pistoles ont édité son essai, Des grains de sel, dans la collection «Écrire». Elle a fait paraître des nouvelles dans plusieurs revues et collectifs et, en 1997, elle a été lauréate du Prix de la Meilleure Plume au concours XYZ. La revue de la nouvelle. Son treizième roman Une île de rêves a été publié en 2004 chez VLB éditeur. En 2008, elle a publié un recueil de nouvelles, Soleil et cruautés, dans Internet, sur le site Lulu. En 2007, elle a créé un blogue surtout consacré à la littérature québécoise, Ma page littéraire — vous en trouvez le lien dans la colonne de droite de ce blogue.


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