Un Noël de François Villon…

28 décembre 2014

(Spécial de Noël : VILLON !  Humanité profonde, musique de la langue et foi…  Il me convient pour cette fête chrétienne. AG)

François de Montcorbier dit Villon, né en 1431 à Paris, disparu en 1463, est le poète français le plus connu de la fin du Moyen Âge.
Écolier de l’Université, maître de la faculté des Arts dès 21 ans, il a d’abord mené au Quartier Latin une vie joyeuse d’étudiant indiscipliné. À 24 ans, il tue un prêtre chat qui louche maykan alain gagnon francophoniedans une rixe et s’enfuit de Paris. Amnistié, il doit de nouveau s’exiler un an plus tard après le cambriolage du collège de Navarre. Accueilli à la cour de Charles d’Orléans, le prince-poète, à Blois, il échoue à y faire carrière. Il mène alors une vie errante et misérable sur les routes. Emprisonné à Meung-sur-Loire, libéré à l’avènement de Louis XI, il revient à Paris après six ans d’absence. De nouveau arrêté dans une rixe, il est condamné à être pendu. Après appel, le Parlement casse le jugement et le bannit pour dix ans de la ville. Il a 31 ans. On perd alors complètement sa trace.
Villon connaît une célébrité immédiate. Le Lais, un long poème d’écolier, et le Testament, son œuvre maîtresse, sont édités dès 1489 – il aurait eu 59 ans. Trente-quatre éditions se succèdent jusqu’au milieu du xvie siècle1. Très vite prend forme une « légende Villon » constituée selon les époques de différentes images allant du farceur escroc au poète maudit.
Son œuvre n’est pas d’accès facile sans notes et sans explications. Sa langue ne nous est pas toujours accessible. Les allusions au Paris de son époque, son art du double sens et de l’antiphrase rendent souvent son texte difficile, même si l’érudition contemporaine a éclairci beaucoup de ses obscurités. Mais tel est son pouvoir verbal que, malgré ses difficultés, elle nous charme encore. (Wikipédia)

Ballade des Dames du temps jadis

Dites-moi où, n’en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu’humaine ?
Mais où sont les neiges d’antan ?

Où est la très sage Héloïs,

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Oeuvre de Brigitt Fleury

Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d’antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu’Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d’antan ?

Prince, n’enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d’antan ?

Ballade des pendus

Frères humains, qui après nous vivez,chat qui louche maykan alain gagnon francophonie
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

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François Villon…

11 octobre 2014

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir  

chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Villon par Stanley Holloway

Villon — Merveilleuse familiarité de Villon avec Dieu et avec Notre Dame.  Merveilleuse familiarité médiévale, réprouvée ou oubliée par les Temps Modernes – temps nécessaires, toutefois.  Familiarité que la science de demain nous restituera, rafraîchie, en plus dépouillée, et espérons-le, si la chose est possible, en plus intime encore.

Dieu veille sur la carrière de notre ami, de cet ami des pendus et des torturés.  Au gibet ou ailleurs.

La ballade des pendus

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis[1].
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça[2]dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons[3], pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis[4].
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie[5],
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés[6],
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie[7],
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre[8].
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

[1] Mercis = pardonnés

[2] piéça = depuis longtemps

[3] Se frère vous clamons = si, frère, nous vous appelons

[4] rassis = posé, modéré

[5] Ame ne nous harie : que personne ne nous tourmente

[6] Cavés = creusés

[7] Qui sur tous à maistries = qui sur tous à autorité

[8] A lui n’ayons que faire ne que soudre = que nous n’ayons rien à faire avec l’enfer, ni rien à  lui payer.

 

 


François Villon, par Alain Gagnon…

10 août 2014

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir  

Villon par Stanley Holloway

Villon — Merveilleuse familiarité de Villon avec Dieu et avec Notre Dame.  Merveilleuse familiarité médiévale, réprouvée ou oubliée par les Temps Modernes – temps nécessaires, toutefois.  Familiarité que la science de demain nous restituera, rafraîchie, en plus dépouillée, et espérons-le, si la chose est possible, en plus intime encore.

Dieu veille sur la carrière de notre ami, de cet ami des pendus et des torturés.  Au gibet ou ailleurs.

La ballade des pendus

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis[1].
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça[2]dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons[3], pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis[4].
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie[5],
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés[6],
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie[7],
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre[8].
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

[1] Mercis = pardonnés

[2] piéça = depuis longtemps

[3] Se frère vous clamons = si, frère, nous vous appelons

[4] rassis = posé, modéré

[5] Ame ne nous harie : que personne ne nous tourmente

[6] Cavés = creusés

[7] Qui sur tous à maistries = qui sur tous à autorité

[8] A lui n’ayons que faire ne que soudre = que nous n’ayons rien à faire avec l’enfer, ni rien à  lui payer.

 

 


Villon et la fontaine en soi, par Alain Gagnon…

1 mai 2014

Propos sur l’oubli de soi…

Nous vivons dans des trains d’ondes qui s’entrecroisent, se réverbèrent les uns dans les autres, convergent et divergent.  Nous sommes des champs d’ondes qui vibrent à des fréquences diverses, selon la nature de leur substance.  Et, grâce à nos sens, aux catégories d’espace et de temps, nous densifions artificiellement des portions du monde en coquilles stables et les définissons, les nommons, les utilisons.  Qui nous sommes, où nous sommes, nous n’en avons aucune idée.

*

Je meurs de seuf auprés de la fontaine…Villon

 

François Villon commence ainsi sa Ballade du concours de Blois. Et il décrit ainsi le sort commun.

À l’intérieur, tous, nous portons la fontaine de Jouvence et plus : celle qui étanche toutes les soifs.  Hypnotisés par ce que nos sens nous enseignent être le monde, nous courons tels des furets écervelés.  En rond, illusionnés.

Mais la fontaine demeure, insouillée, sous les ridules agitées de nos quotidiens.  Et nous l’ignorons : pourquoi ?


Villon et la fontaine en soi… » » »

9 février 2014

Extraits d’un ouvrage à Paraître : Propos sur l’oubli de soi…

Nous vivons dans des trains d’ondes qui s’entrecroisent, se réverbèrent les uns dans les autres, convergent et divergent.  Nous sommes des champs d’ondes qui vibrent à des fréquences diverses, selon la nature de leur substance.  Et, grâce à nos sens, aux catégories d’espace et de temps, nous densifions artificiellement des portions du monde en coquilles stables et les définissons, les nommons, les utilisons.  Qui nous sommes, où nous sommes, nous n’en avons aucune idée.

*

Je meurs de seuf auprés de la fontaine…

François Villon commence ainsi sa Ballade du concours de Blois. Et il décrit ainsi le sort commun.

À l’intérieur, tous, nous portons la fontaine de Jouvence et plus : celle qui étanche toutes les soifs.  Hypnotisés par ce que nos sens nous enseignent être le monde, nous courons tels des furets écervelés.  En rond, illusionnés.

Mais la fontaine demeure, insouillée, sous les ridules agitées de nos quotidiens.  Et nous l’ignorons : pourquoi ?

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).


Rétro* : François Villon…

28 août 2013

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir  

Villon par Stanley Holloway

Villon — Merveilleuse familiarité de Villon avec Dieu et avec Notre Dame.  Merveilleuse familiarité médiévale, réprouvée ou oubliée par les Temps Modernes – temps nécessaires, toutefois.  Familiarité que la science de demain nous restituera, rafraîchie, en plus dépouillée, et espérons-le, si la chose est possible, en plus intime encore.

Dieu veille sur la carrière de notre ami, de cet ami des pendus et des torturés.  Au gibet ou ailleurs.

La ballade des pendus

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis[1].
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça[2]dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Se frères vous clamons[3], pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis[4].
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie[5],
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés[6],
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie[7],
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre[8].
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

[1] Mercis = pardonnés

[2] piéça = depuis longtemps

[3] Se frère vous clamons = si, frère, nous vous appelons

[4] rassis = posé, modéré

[5] Ame ne nous harie : que personne ne nous tourmente

[6] Cavés = creusés

[7] Qui sur tous à maistries = qui sur tous à autorité

[8] A lui n’ayons que faire ne que soudre = que nous n’ayons rien à faire avec l’enfer, ni rien à  lui payer.


Dires et redires, par Alain Gagnon…

4 avril 2013

Liszt, Villon et la Joie…

À la SRC, chaîne culturelle, la fière et sémillante Rhapsodie hongroise de Liszt.

Les exigences généreuses de la musique.

Combien discutent des heures et des heures des diverses interprétations, de la qualité des orchestres symphoniques !  Pour éviter ces sommations de la musique qu’ils ne sauraient ou ne voudraient entendre.  On s’adonne aux mêmes évitements érudits avec la poésie, la peinture, le roman…

(Le chien de Dieu, ÉD. du CRAM)

*

À l’ami Jean Chaumely qui craint de ne plus pouvoir boire d’alcool : « La musique et le vin débroussaillent le cœur pour laisser filtrer cette joie permanente qui gît au fond de notre nature même, et qui est de la nature de l’Être. »

(Le chien de Dieu, ÉD. du CRAM)

*

Un ouvrage (un autre !) sur Simenon.  Par Pierre Caron, un écrivain québécois qui, par les chemins obscurs du hasard et du cœur, est devenu l’ami du plus célèbre des Belges après Tintin.  L’auteur ne nous apprend pas grand-chose sur le grand homme ; sur lui-même, comme écrivain en gésine, oui ; et c’est intéressant.

À la page 46, Caron nous parle de ses premières lectures : Ronsard, Apollinaire, Rimbaud… et Villon – qui le rendait triste.  Nous différons beaucoup.  Il y a du chagrin, de la révolte, de la pitié, de la compassion chez Villon.  Mais cette tristesse qui confinerait au désespoir, je ne l’ai jamais perçue.  Villon ne m’a jamais rendu triste.  Je n’écrirai pas qu’il me rend guilleret, mais il m’entraîne dans ces parages de ma psyché qui sont contigus à la Joie.  À la Joie et à cette solidarité profonde entre humains, par-delà les siècles, les espaces, les classes sociales, les ethnies, les langues et autres contingences.  J’ai souvent eu l’impression que Villon me prenait par la main et m’entraînait dans cette fantastique ronde transhumaine qu’on appelle la Communion des saints.  Le poète des Testaments est un maître ès humanité qui ne renie aucune des contradictions inhérentes à notre nature : bordel, sac et corde avoisinent la Vierge et la Croix.

(Le chien de Dieu, Éd. du CRAM)


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