À tire d’elle… par Sophie Torris…

30 avril 2017

Les balbutiements chroniques…

Cher Chat,

Elle était ma tour jumelle.  Elle avait le mal d’altitude, mais plus aucune attractionchat qui louche maykan alain gagnon francophonie terrestre.  Je suis restée debout, pas elle.

Elle était ma tour de Babel.  Elle parlait toutes mes langues, mais moi, je ne la comprenais plus.

Elle disait qu’elle avait fait le tour de ses horizons et que tous ses soleils étaient couchants.  Je m’étais alors postée au guet de sa tour d’ivoire, mais elle m’a joué un tour pendable.

Mon amie, ma sœur kamikaze s’est envolée il y a 10 ans.  Un aller sans retour.  Triste anniversaire d’un attentat suicide.

Au nom de sa compagnie, je voudrais aujourd’hui affréter un long courrier et voyager un moment vent arrière.  Je vous invite, le Chat, à vous pencher au hublot de son souvenir.  Merci de rester assis, là, jusqu’à l’arrêt complet de ce rappel.

Nous avons appris à voler de nos propres ailes, ensemble, du tarmac de l’école secondaire.  Hôtesses de l’ère adolescente, on croyait au 7e ciel, prêtes à accueillir toutes les destinations avec, pour seuls bagages, l’insouciance de nos 16 ans et le goût de la turbulence.  Baptêmes de l’errance enfin !  J’étais son copilote parce que de nous deux, c’était surtout elle qui ne manquait pas d’air !  Pas de plan de vol et rien à déclarer.

Enfin, c’est ce que je pensais.  Mes radars n’ont rien repéré au début.  Le mal venait de la soute, du plus profond de son âme.  Elle y cachait ses excédents de bagages.  Moi, toute au plaisir de nos escales, je ne pensais qu’à vivre l’heure locale.  Certes, j’ai bien remarqué qu’elle s’asseyait toujours côté couloir, mais en cas de dépressurisation, elle portait un masque et dissimulait ainsi les valises qu’elle avait sous les yeux.  Elle préférait braver ses mauvais temps plutôt que de rester clouée au sol.  Elle se foutait des consignes de sécurité.  Elle me disait que j’étais son témoin lumineux.

Et puis un jour, j’ai quitté notre bimoteur pour une ligne régulière.  J’ai rejoint Air Canada, à des milliers de vols d’oiseaux d’elle, ma p’tite famille en orbite sur un autre fuseau horaire.  Elle, elle s’est abîmée en mère, cumulant des fécondations in vitro, mais jamais rien dans le cockpit.  Une grosse bedaine, c’est le seul gilet de sauvetage qui l’aurait peut-être empêchée de se noyer.

Ma tour jumelle est partie en vrille.  Disparue des écrans radars.  On n’a jamais retrouvé sa boîte noire.

La mort, ce sont ceux qui restent qui doivent la gérer.  Tout seuls.  Et quand elle est si violente, on n’a pas le temps de boucler sa ceinture.  On se la prend de plein fouet.

La culpabilité, d’abord, se met sur le pilotage automatique.  N’aurais-je pas pu être le tour de manivelle qui lui aurait fait faire demi-tour ?  Moi, qui étais son témoin lumineux, pourquoi l’ai-je laissée voler sans visibilité ?

Ma tour jumelle m’a damé le pion.  Pensait-elle gagner ainsi son paradis, en préférant la mort à mon amitié ?  Cette blessure d’amour-propre est longue à cicatriser.  J’ai été abandonnée.  Vous aussi peut-être, mon Chat ?

Alors, survivants d’une telle catastrophe aérienne, devant composer avec la peine, la colère, la culpabilité, n’élabore-t-on pas tout un tas de théories pour supporter la réalité, pour trouver une explication qui blesse le moins possible ?

On invoque alors le geste irrationnel, une détresse tellement intense qu’elle fait perdre tous les repères.  La soute qui s’ouvre tout grand sur la carlingue, le manque d’oxygène insoutenable.  Une telle panique à bord qu’on ne peut qu’en perdre la tour de contrôle.  Certes, la maladie mentale, le fanatisme peuvent annihiler le jugement, mais, je ne pense pas, le Chat, que la dépression occulte le raisonnement quand il s’agit de choisir de mourir.

Ma tour jumelle a fait le tour des possibilités.  Le moment, l’endroit, la manière.  Et c’est délibérément qu’elle a sauté dans le vide, sans parachute, qu’elle a quitté les membres de son équipage.  Elle a choisi de lâcher prise.

Certains y voient un tour de force.  Ne glorifions pas le suicide, s’il vous plaît.  Ma tour d’abandon n’avait plus le courage de chercher une issue.

Elle a cherché cependant à changer de cap.  Elle avait la chance d’être entourée ma tour.  On a volé à son secours quand certains restent isolés, sans personnel à bord, en proie au vertige d’une haute voltige.  C’est dans ces cas-ci, surtout, que le suicide est inadmissible, quand on se prive de tours d’essai parce qu’on ne sait pas où ni comment chercher de l’aide*.

On l’a aidée à trouver des passerelles, à décrypter son tableau de bord pour tenter de trouver une altitude de croisière, à changer son train pour des atterrissages plus en douceur.  Elle a ainsi retardé bien des vols suicidaires.  Elle a même cédé à l’attraction céleste, épousé la religion, mais elle disait que Dieu ne l’aimait pas.  A-t-elle cru qu’elle deviendrait monarque en ciel en sautant dans le vide ?  Certains croient que la mort est un recommencement, un tour de passe-passe, alors que tout peut recommencer sur la terre.

Je ne veux surtout pas promouvoir le suicide, mais peut-on le comprendre parfois ?  Car après tout, qui suis-je, moi, bien vivante sur mon vol de première classe, où presque tout concorde, pour parler à la place de ceux qui sont partis ?  Les absents auraient-ils toujours tort ?

On aide bien à décoller ceux qui sont à l’extrémité de la piste de leur vie, ceux dont la santé physique décline, ceux que leur propre déchéance physique panique, ceux qui ne veulent pas être une charge pour ceux qu’ils aiment.  Ces suicides assistés sont-ils des actes de lâcheté, d’orgueil ou de respect de soi ?  La loi Léonetti qui tente, entre autres, de s’opposer à l’acharnement thérapeutique, pose le délicat problème de déterminer un seuil de tolérance et se heurte évidemment à l’impossibilité d’avoir une position dogmatique qui couvrirait toutes les situations.

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieLa douleur psychologique peut être aussi intense que la souffrance physique.  Quand quelqu’un, qui a eu accès à toutes les ressources sans succès, décide de partir, faut-il alors le condamner ?

J’ai 10 ans de miles de plus au compteur qu’elle aujourd’hui.  Elle me manque, ma tour jumelle.  J’aurais pu l’occulter pour soigner ma peine.  Je préfère ouvrir régulièrement le compartiment de ses bagages en prenant bien garde à la chute de tous ces objets qui nous appartenaient.  Je les attrape en plein vol et je lui vole ainsi tout un tas de baisers posthumes.

Sophie

* Si vous avez besoin d’aide, ne ratez surtout pas cet avion-là : 1 866 APPELLE

 Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieSophie Torris est d’origine française, Québécoise d’adoption depuis dix-sept  ans. Elle vit à Chicoutimi, y enseigne le théâtre dans les écoles et l’enseignement des arts à l’université. Elle écrit essentiellement du théâtre scolaire et mène actuellement des recherches doctorales sur l’impact de la voix de l’enfant acteur dans des productions visant à conscientiser l’adulte. Elle partage également une correspondance épistolaire avec l’écrivain Jean-François Caron sur le blogue In absentia. (http://lescorrespondants.wordpress.com)

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Néolibéralisme et culpabilité : Abécédaire…(39)

11 décembre 2016

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir…

Néolibéralisme — Le Québec en souffre, et tout l’Occident, et toutes ces parties du globe où l’on exporte cette lèpre aux dogmes aussi peu fondés que l’horoscope de votre quotidien favori.  La technologie et les capacités techniques de notre capital humain nous offrent plus que jamais la possibilité de satisfaire adéquatement une proportion importante des besoins humains – au moins de ceux qui relèvent des savoir-faire.  Pourtant, les populations s’appauvrissent, les salaires réels baissent, le chômage et l’exclusion s’accroissent, les emplois sont de plus en plus précaires.  Quant aux acquis sociaux et aux conditions de travail, on supprime des avantages déjà accordés… Toutes ces déconstructions à partir d’une fable que Smith renierait aujourd’hui et au profit de grosses corporations apatrides et d’un capital de plus en plus spéculatif, donc décroché de toute réalité.

Gérôme, L’esclave

 

 

Planqué dans cette mythologie fumeuse, l’argent s’engraisse de ses échanges incestueux et stériles, pendant que vieillards, nécessiteux et petits salariés se privent de l’essentiel.   Et nos politiques ?  Ils obéissent au doigt et à l’œil, ou plutôt au moindre sourcillement de Wall Street, de Standard and Poor, de Moody et comparses, et nous répètent : « Ça ne fait que commencer…  Ça va faire mal, vous savez…  Très mal !  On n’a pas le choix…» Le paiement de la dette devient un mythe qui permet d’asservir. Tout avantage retiré aux plus démunis de nos communautés va enrichir ceux qui sont déjà riches hors toute proportion.

 

Éclipse

 

Jamais, dans l’Histoire, n’avons-nous disposé d’autant de ressources techniques et humaines pour bien prendre soin les uns des autres : qu’attendons-nous ?  La permission de ceux qui ne voient en nous que des agents de production et de consommation ?  – quand ils ne nous considèrent pas comme de simples rejets qu’il faudra bien convaincre un jour ou l’autre des bienfaits de l’euthanasie…  La mort sera alors préférable à la vie au sein d’une société où l’on n’aura plus de rôles.  On fera du suicide une vertu !  – vous verrez.   L’asservissement du citoyen par la culpabilité suscitée et savamment entretenue.

http://maykan.wordpress.com/


Néolibéralisme et culpabilité, par Alain Gagnon…

26 novembre 2016

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir…

Néolibéralisme — Le Québec en souffre, et tout l’Occident, et toutes ces parties du globe où l’on exporte cette lèpre aux dogmes aussi peu fondés que l’horoscope de votre quotidien favori.  La technologie et les capacités techniques de notre capital humain nous offrent plus que jamais la possibilité de satisfaire adéquatement une proportion importante des besoins humains – au moins de ceux qui relèvent des savoir-faire.  Pourtant, les populations s’appauvrissent, les salaires réels baissent, le chômage et l’exclusion s’accroissent, les emplois sont de plus en plus précaires.  Quant aux acquis sociaux et aux conditions de travail, on supprime des avantages déjà accordés… Toutes ces déconstructions à partir d’une fable que Smith renierait aujourd’hui et au profit de grosses corporations apatrides et d’un capital de plus en plus spéculatif, donc décroché de toute réalité.

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Gérôme, L’esclave

 

 

Planqué dans cette mythologie fumeuse, l’argent s’engraisse de ses échanges incestueux et stériles, pendant que vieillards, nécessiteux et petits salariés se privent de l’essentiel.   Et nos politiques ?  Ils obéissent au doigt et à l’œil, ou plutôt au moindre sourcillement de Wall Street, de Standard and Poor, de Moody et comparses, et nous répètent : « Ça ne fait que commencer…  Ça va faire mal, vous savez…  Très mal !  On n’a pas le choix…» Le paiement de la dette devient un mythe qui permet d’asservir. Tout avantage retiré aux plus démunis de nos communautés va enrichir ceux qui sont déjà riches hors toute proportion.

 

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Éclipse

 

Jamais, dans l’Histoire, n’avons-nous disposé d’autant de ressources techniques et humaines pour bien prendre soin les uns des autres : qu’attendons-nous ?  La permission de ceux qui ne voient en nous que des agents de production et de consommation ?  – quand ils ne nous considèrent pas comme de simples rejets qu’il faudra bien convaincre un jour ou l’autre des bienfaits de l’euthanasie…  La mort sera alors préférable à la vie au sein d’une société où l’on n’aura plus de rôles.  On fera du suicide une vertu !  – vous verrez.   L’asservissement du citoyen par la culpabilité suscitée et savamment entretenue.

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Joseph Mengele….

4 décembre 2014

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir…

Beppo — Ses amis argentins l’appelaient Beppo.  À Auschwitz, sous le régime nazi, on le surnommait l’Ange de la mort.  Dans son  uniforme

chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Joseph Mengele

impeccable, il attendait les déportés qui descendaient du train. Et il les triait.  À droite les hommes valides pour le travail forcé et les femmes encore belles pour les bordels SS ; à gauche les vieux, les éclopés, les enfants…  On allait les gazer et brûler…   Et tout cela, il le faisait en souriant.  On le trouvait beau, rassurant même…

Le véritable nom de ce docteur de la Mort : Joseph Mengele.

Il est né en 1911 à Günzburg, en Bavière. Fils d’un riche industriel, d’une famille catholique aisée et nationaliste,  il fait des études de philosophie et de médecine, et dirige à 32 ans le Laboratoire de recherches raciales de Francfort.   Ses convictions politiques ont fortement marqué ses travaux universitaires. A 20 ans, il adhère aux Casques d’acier, une organisation nationaliste d’anciens combattants. En 1934, c’est avec enthousiasme qu’il entre aux Sections d’assauts, les SA. Quatre ans plus tard, ce fervent nazi sollicite sa carte du parti, puis entre à la SS.

Il se livre à des recherches sur les jumeaux.  Et en même temps, en 1935, Mengele soutient une  thèse d’anthropologie qui porte sur L’ examen radiomorphologique de la partie antérieure de la mâchoire inférieure dans quatre groupes raciaux .  Il cherchait à prouver la supériorité de l’Européen de type nordique, incarnation parfaite de la race aryenne.

Entre 1940 et 1943, Joseph Mengele sert notamment dans la Waffen SS. A la suite d’une blessure sur le front de l’Est qui le rend médicalement inapte au combat, il rentre en Allemagne Il est promu au grade de Hauptsturmfiirhrer, de capitaine, et reçoit quatre décorations.

Il arrive à Auschwitz le 30 mai 1943, avec la fonction de médecin-chef de Birkenau.  C’est à l’intérieur de ces responsabilités qu’il deviendra un pourvoyeur de la mort et se livrera à des expériences médicales d’une cruauté inouïe.  On le jugera pour crimes de guerre.  Ayant fui en Argentine, Beppo échappera à la justice des hommes.

Comment un être humain peut-il trier ainsi ses semblables et les envoyer avec sourire et désinvolture vers la vie, la mort ou des expériences médicales qui tortureront leur esprit et leur chair ? On se le demande encore.  Sadisme, haine, victoire de l’instinct de mort…  Une chose est certaine : il doit avoir préalablement décidé que ces personnes ne recelaient en elles aucune transcendance, qu’elles ne valaient pas plus (ou moins) qu’un steak ou un têtard.  La négation de la transcendance chez l’humain conduit à des aberrations monstrueuses.  Le nazisme, dans ces effets, n’en a montré que le commencement.

Pour ceux que ça pourrait intéresser, quelques-unes de ces expériences nazies sont rapportées dans la page web de Natanson : http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/experiences_medicales.htm


Joseph Mengele….

14 août 2014

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir…

Beppo — Ses amis argentins l’appelaient Beppo.  À Auschwitz, sous le régime nazi, on le surnommait l’Ange de la mort.  Dans son  uniforme

Joseph Mengele

impeccable, il attendait les déportés qui descendaient du train. Et il les triait.  À droite les hommes valides pour le travail forcé et les femmes encore belles pour les bordels SS ; à gauche les vieux, les éclopés, les enfants…  On allait les gazer et brûler…   Et tout cela, il le faisait en souriant.  On le trouvait beau, rassurant même…

Le véritable nom de ce docteur de la Mort : Joseph Mengele.

Il est né en 1911 à Günzburg, en Bavière. Fils d’un riche industriel, d’une famille catholique aisée et nationaliste,  il fait des études de philosophie et de médecine, et dirige à 32 ans le Laboratoire de recherches raciales de Francfort.   Ses convictions politiques ont fortement marqué ses travaux universitaires. A 20 ans, il adhère aux Casques d’acier, une organisation nationaliste d’anciens combattants. En 1934, c’est avec enthousiasme qu’il entre aux Sections d’assauts, les SA. Quatre ans plus tard, ce fervent nazi sollicite sa carte du parti, puis entre à la SS.

Il se livre à des recherches sur les jumeaux.  Et en même temps, en 1935, Mengele soutient une  thèse d’anthropologie qui porte sur L’ examen radiomorphologique de la partie antérieure de la mâchoire inférieure dans quatre groupes raciaux .  Il cherchait à prouver la supériorité de l’Européen de type nordique, incarnation parfaite de la race aryenne.

Entre 1940 et 1943, Joseph Mengele sert notamment dans la Waffen SS. A la suite d’une blessure sur le front de l’Est qui le rend médicalement inapte au combat, il rentre en Allemagne Il est promu au grade de Hauptsturmfiirhrer, de capitaine, et reçoit quatre décorations.

Il arrive à Auschwitz le 30 mai 1943, avec la fonction de médecin-chef de Birkenau.  C’est à l’intérieur de ces responsabilités qu’il deviendra un pourvoyeur de la mort et se livrera à des expériences médicales d’une cruauté inouïe.  On le jugera pour crimes de guerre.  Ayant fui en Argentine, Beppo échappera à la justice des hommes.

Comment un être humain peut-il trier ainsi ses semblables et les envoyer avec sourire et désinvolture vers la vie, la mort ou des expériences médicales qui tortureront leur esprit et leur chair ? On se le demande encore.  Sadisme, haine, victoire de l’instinct de mort…  Une chose est certaine : il doit avoir préalablement décidé que ces personnes ne recelaient en elles aucune transcendance, qu’elles ne valaient pas plus (ou moins) qu’un steak ou un têtard.  La négation de la transcendance chez l’humain conduit à des aberrations monstrueuses.  Le nazisme, dans ces effets, n’en a montré que le commencement.

Pour ceux que ça pourrait intéresser, quelques-unes de ces expériences nazies sont rapportées dans la page web de Natanson : http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/experiences_medicales.htm


Rétrospective* : Joseph Mengele….

16 août 2013

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir…

Beppo — Ses amis argentins l’appelaient Beppo.  À Auschwitz, sous le régime nazi, on le surnommait l’Ange de la mort.  Dans son  uniforme, Joseph Mengele impeccable, attendait les déportés qui descendaient du train. Et il les triait.  À droite les hommes valides pour le travail forcé et les femmes encore belles pour les bordels SS ; à gauche les vieux, les éclopés, les enfants…  On allait les gazer et brûler.   Et tout cela, il le faisait en souriant.  On le trouvait beau, rassurant même…

Le véritable nom de ce docteur de la Mort : Joseph Mengele.

Il est né en 1911 à Günzburg, en Bavière. Fils d’un riche industriel, d’une famille catholique aisée et nationaliste,  il fait des études de philosophie et de médecine, et dirige à 32 ans le Laboratoire de recherches raciales de Francfort.   Ses convictions politiques ont fortement marqué ses travaux universitaires. A 20 ans, il adhère aux Casques d’acier, une organisation nationaliste d’anciens combattants. En 1934, c’est avec enthousiasme qu’il entre aux Sections d’assauts, les SA. Quatre ans plus tard, ce fervent nazi sollicite sa carte du parti, puis entre à la SS.

Il se livre à des recherches sur les jumeaux.  Et en même temps, en 1935, Mengele soutient une  thèse d’anthropologie qui porte sur L’examen radiomorphologique de la partie antérieure de la mâchoire inférieure dans quatre groupes raciaux .  Il cherchait à prouver la supériorité de l’Européen de type nordique, incarnation parfaite de la race aryenne.

Entre 1940 et 1943, Joseph Mengele sert notamment dans la Waffen SS.   À la suite d’une blessure sur le front de l’Est, qui le rend médicalement inapte au combat, il rentre en Allemagne Il est promu au grade de Hauptsturmfiirhrer et reçoit quatre décorations.

Il arrive à Auschwitz le 30 mai 1943, avec la fonction de médecin-chef de Birkenau.  C’est à l’intérieur de ces responsabilités qu’il deviendra un pourvoyeur de la mort et se livrera à des expériences médicales d’une cruauté inouïe.  On le jugera pour crimes de guerre.  Ayant fui en Argentine, Beppo échappera à la justice des hommes.

Comment un être humain peut-il trier ainsi ses semblables et les envoyer avec sourire et désinvolture vers la vie, la mort ou des expériences médicales qui tortureront leur esprit et leur chair ? On se le demande encore.  Sadisme, haine, victoire de l’instinct de mort…  Une chose est certaine : il doit avoir préalablement décidé que ces personnes ne recelaient en elles aucune transcendance, qu’elles ne valaient pas plus (ou moins) qu’un steak ou un têtard.  La négation de la transcendance chez l’humain conduit à des aberrations monstrueuses.  Le nazisme, dans ses effets, n’en a montré que le commencement.

Pour ceux que ça pourrait intéresser, quelques-unes de ces expériences nazies sont rapportées dans la page web de Natanson : http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/experiences_medicales.htm


Rétrospective* : Néolibéralisme et culpabilité : Abécédaire…(39)

14 mars 2013

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir… (billet publié en juin 2010)

Néolibéralisme — Le Québec en souffre, et tout l’Occident, et toutes ces parties du globe où l’on exporte cette lèpre aux dogmes aussi peu fondés que l’horoscope de votre quotidien favori.  La technologie et les capacités techniques de notre capital humain nous offrent plus que jamais la possibilité de satisfaire adéquatement une proportion importante des besoins humains – au moins de ceux qui relèvent des savoir-faire.  Pourtant, les populations s’appauvrissent, les salaires réels baissent, le chômage et l’exclusion s’accroissent, les emplois sont de plus en plus précaires.  Quant aux acquis sociaux et aux conditions de travail, on supprime des avantages déjà accordés… Toutes ces déconstructions à partir d’une fable que Smith renierait aujourd’hui et au profit de grosses corporations apatrides et d’un capital de plus en plus spéculatif, donc décroché de toute réalité.

Gérôme, L’esclave

Planqué dans cette mythologie fumeuse, l’argent s’engraisse de ses échanges incestueux et stériles, pendant que vieillards, nécessiteux et petits salariés se privent de l’essentiel.   Et nos politiques ?  Ils obéissent au doigt et à l’œil, ou plutôt au moindre sourcillement de Wall Street, de Standard and Poor, de Moody et comparses, et nous répètent : « Ça ne fait que commencer…  Ça va faire mal, vous savez…  Très mal !  On n’a pas le choix…» Le paiement de la dette devient un mythe qui permet d’asservir. Tout avantage retiré aux plus démunis de nos communautés va enrichir ceux qui sont déjà riches hors toute proportion.

Éclipse

Jamais, dans l’Histoire, n’avons-nous disposé d’autant de ressources techniques et humaines pour bien prendre soin les uns des autres : qu’attendons-nous ?  La permission de ceux qui ne voient en nous que des agents de production et de consommation ?  – quand ils ne nous considèrent pas comme de simples rejets qu’il faudra bien convaincre un jour ou l’autre des bienfaits de l’euthanasie…  La mort sera alors préférable à la vie au sein d’une société où l’on n’aura plus de rôles.  On fera du suicide une vertu !  – vous verrez.   L’asservissement du citoyen par la culpabilité suscitée et savamment entretenue.

http://maykan.wordpress.com/


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