Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

1 mai 2016

 De l’eau du robinet, svp…

 Lors d’un séjour récent dans ma famille (et celle de ma copine),  j’ai été surpris par la grandealain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec variété de boissons que l’on m’offrait avec mes repas.  Eau fruitée, pétillante, sucrée, boissons gazeuses de toutes sortes, jus, etc.  À un moment, on m’a proposé une boisson énergisante au « café vert » de Starbucks, ou quelque chose du genre.

Et à chaque fois, invariablement, ma réponse fut non.

– Je vais prendre de l’eau, tout simplement.  Merci.

– T’es sûr ?  Mais mon eau est pétillante !

– De l’eau du robinet, ça va faire.  Merci.

– Il paraît que le café vert c’est bon pour la santé, selon des études.

– Paraît que l’eau c’est bon aussi pour la santé, selon plusieurs siècles de consommation.  Merci.

Je ne saisis pas tout à fait cette course folle contre l’eau.  Qu’avez-vous tous et toutes contre l’eau ?

J’ai l’impression aujourd’hui que chaque personne que je connais a une opinion sur le goût de l’eau.  L’eau de Montréal, de Jonquière, de La Baie, de Shipshaw, tout le monde a quelque chose à dire sur le goût de l’eau.  Ça va de commentaires évasifs tels que « elle ne goûte pas bon » à d’autres plus précis comme « elle goûte le sable ».

Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression de faire partie d’une minorité pour qui l’eau goûte… l’eau.  Peu importe où j’habite, l’eau a le même goût.  Sa température me dérange davantage que son « goût » – j’aime l’eau froide.   Mais mon eau, je la prends du robinet pour la mettre dans un pot, et celui-ci va au frigo.  Mon eau est donc toujours froide, et très bonne.  Elle goûte l’eau, tout simplement.

Qu’est-ce que j’en ai à foutre des pétillements, du sucre, de toutes les autres cochonneries que les grandes compagnies mettent dans l’eau pour duper la population ?

Je ne comprendrai jamais les gens qui, pour une question de « goût de l’eau », et donc un caprice selon moi, vont s’acheter bouteille après bouteille, alors que de l’eau saine coule dans leurs tuyaux.

Tant qu’à jeter ainsi votre argent par les fenêtres, envoyez-moi des chèques.  Je suis à la recherche d’un emploi.  Je me ferai un plaisir d’embouteiller mon eau de robinet pour la vendre, et ainsi empocher l’argent que vous décidez stupidement de flamber.  Mon eau de robinet, ou l’eau de robinet que l’on vous vend en bouteilles sous la fausse impression qu’elle est de source, c’est du pareil au même.

Non ?

Et je trouve d’une impolitesse considérable que quelqu’un offre à ses invités des boissons sucrées et gazéifiées, alors que ceux-ci sont en processus de remise en forme.

Je veux dire, ce n’est pas comme si je n’en parlais jamais – un simple coup d’œil à mon profil Facebook sert à constater les efforts que je mets dans ma perte de poids, la course et tout le reste.

M’offrir une boisson gazeuse, ou de l’eau sucrée, ou une boisson « énergisante », alors qu’il est plutôt clair que j’ai éliminé ces formes de poison de ma vie depuis un certain temps, devient en quelque sorte une insulte.

C’est comme la fois où quelqu’un m’a mis environ quatre ou cinq bols de croustilles et bonbons de diverses sortes sous le nez, prétextant ne pas vouloir être un « mauvais hôte » et montrer qu’elle (cette personne) savait recevoir.

Que faire dans un tel cas ?  Refuser d’y toucher et ainsi être un « mauvais » invité ?  Céder à la tentation ?

Chez moi je bois de l’eau.  Que de l’eau.  Avec tous mes repas, de l’eau.

Avant d’aller courir, je vais habituellement boire un petit verre de jus de fruits.  Et je parle ici de jus pur à 100 %, sans aucun ajout.

Sinon, j’aime mon café quotidien, mon lait pour accompagner un dessert, ou encore à l’occasion un petit verre de boisson d’amandes au chocolat noir (généralement au déjeuner).

Et il y a également le vin et la bière, mais c’est toujours en quantité négligeable.  Je n’aime pas tellement l’alcool.

L’eau du robinet demeure ma boisson principale.

J’ai longtemps (TRÈS longtemps) été accro aux boissons gazeuses.  Si bien que lorsque j’étais en manque, je le ressentais physiquement.  C’est une véritable drogue, croyez-moi.

Je suis probablement passé près d’être diabétique.  Il y a des cas de cette maladie dans ma famille.  Je suis une vraie bibitte à sucre.  C’est à cela que je dois toujours faire attention.

Le décès de mon père en 2008, qui a succombé à la mi-cinquantaine à divers problèmes de santé reliés à la mauvaise alimentation et un manque d’activité physique, fut un éveil pour moi.  J’ai réussi, depuis, à me débarrasser de mon accoutumance aux boissons gazeuses.  Je n’en bois plus du tout.  Et ça ne me manque plus.  Et j’ai changé de nombreuses autres choses dans ma vie.

En changeant mon alimentation, en commençant à courir, en étant raisonnable dans mes alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecportions, j’ai perdu du poids de manière considérable et ainsi, je l’espère, gagné quelques années de vie.

Je tiens fortement à maintenir mon style de vie saine, et ce, le plus longtemps possible.  Et vivre très vieux.

Alors svp, je vous en prie, si vous me recevez chez vous un jour, pouvez-vous éviter de m’offrir ces cochonneries de boissons énergisantes, d’eau gazeuse, sucrée, pétillante, etc. ?

De l’eau du robinet, ça conviendra parfaitement.  Merci.

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Il a fait ses études collégiales en alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecLettres, pour se diriger parla suiteverslesArts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche : https://maykan2.wordpress.com/)

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Profond sommeil, un texte d’Aurélien Nevers…

6 mai 2015

Profond sommeil

Elle rêve de l’eau, je crois. Elle en rêve chaque nuit…chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Pas de celle que je lui propose toujours. Ces piscines. Ces aquariums. C’est de l’océan qu’elle rêve. Des océans.

Difficile à comprendre pour moi, tout ça…

L’eau, je ne sais la regarder que d’en haut. Je navigue…

Elle, elle n’oublie rien, sans doute. Son avenir, elle ne le devine que trop. Il lui reste… Sa mémoire… Et ses rêves. Ses rêves d’eau.

 Elle m’observait, sur le pont de mon bateau. Elle me trouvait lent. Maladroit. Lourd, aussi. Ça l’attendrissait. Plus tard, elle comprit que ce n’est pas moi qui suis ainsi, mais nous tous, tous autant que nous sommes. Mais j’étais le premier qu’elle rencontrait.

Tout a basculé le jour de sa découverte de la surface de l’océan. Ça ne lui a pas plu. À cause du ciel, qu’elle n’imaginait pas si lointain. Et si inaccessible.

 Chez elle, l’infini vertical n’existe pas ; depuis toujours, lorsqu’elle levait les yeux, elle devinait le toit de l’océan. Même lorsqu’elle nageait dans les abysses. La surface, c’était… Un écran. Et une frontière. Comme le fond, l’autre limite. Mais ce ciel… C’était vertigineux. Sa tête tournait vraiment. Elle a replongé. Très bas.

Ensuite, elle y pensait tout le temps, à ce ciel. Une obsession, qui amusait beaucoup les autres. Elle est remontée, forcément…

 Et le hasard a voulu que, cette fois, la nuit fût tombée. Une splendeur de nuit. Elle ne connaissait pas les étoiles… Et elle m’a aperçu.

Eux, ceux d’en bas, sont capables de voir dans le noir. C’est toujours si sombre, chez eux… Ce qui les gêne, c’est la lumière. Qui leur fait peur, aussi…

Je barrais mon bateau. Et mon regard portait loin.

Plus tard, elle a compris que c’était juste pour voir où j’allais. Sur le moment, elle crut que je regardais son océan… Comme elle regardait les étoiles. Elle m’a pris pour un héros, qui ressemblait à ceux des légendes dont on l’avait bercée. Et le vertige l’a reprise. Pas le même. Celui-ci… Lui interdisait de replonger.

Je l’ai enfin distinguée, malgré l’obscurité. Elle nageait si près de moi… J’ai longtemps cru que c’est moi qui l’avais pêchée. Elle m’a laissé le croire.

 Comme elle m’a laissé croire que… Ce que j’ai fait d’elle, à terre… Ne la dérangeait pas. Elle n’a pas protesté quand j’ai commencé à l’exhiber… Elle ne sait pas résister…

Aujourd’hui, on s’attroupe pour la voir nager. Elle saute à travers des cerceaux, on l’applaudit…

Autour d’elle, quelques traîtres font leur numéro. Les traîtres que nous appelons dauphins…

Il faut avoir la trahison dans le son pour vous sourire… Pour frétiller devant vous… Pour accepter de nous parler… Quand on vient de l’eau. Nous parler à nous, les ennemis de toujours… Les exterminateurs… Nous parler à nous, qui ne les comprenons même pas…

Nous parler à nous, nous qui osons retenir prisonnier leur Dieu des Profondeurs… Nous qui retenons un Grand Requin Blanc…

 Autrefois, elle nous appelait « Ceux d’en haut ». Immense erreur. Ceux d’en haut, les vrais, volent dans le ciel. Comme elle dans l’eau. Maintenant, elle sait que nous ne sommes que « Ceux du Milieu ». Condamnés à la pesanteur. À la lenteur. À deux dimensions… Maintenant elle sait que nous le méritons.

Elle a appris aussi… Que je ne suis pas un héros.

C’est vrai, jamais je ne lui ai proposé de la rendre à l’océan. Pourtant, je l’ai vue pleurer, souvent. Je lui disais… Que c’était encore une manière de goûter à l’eau salée.

Elle ne pense pas que je la regretterai vraiment.

 Lorsqu’elle a décidé de rejoindre ses rêves… Sans plus jamais se réveiller… Se réveiller, c’est la fin du monde… Elle a d’abord songé à… Entrer dans le bassin du Dieu des Profondeurs. La mort donnée par le Requin est une mort sacrée, chez elle…

Mais elle ne sait pas se déplacer, ici… Jamais je n’ai eu besoin de l’attacher. Elle a déjà eu tant de mal, ce soir, à ramper jusqu’à mon lit, pendant mon sommeil…

 L’idée ne vient même pas d’elle. Hier, un gosse, qui l’observait pendant son numéro en chantonnant sans cesse, a fini par s’interrompre pour dire à son père qu’elle devrait descendre vite du ponton, pour ne pas se noyer dans l’air…

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieAinsi, c’est à quelqu’un de chez nous qu’elle devra son évasion… Il y a des traîtres partout.

Elle ne tiendra plus longtemps, c’est certain… Elle voudra partir en me serrant dans ses bras… Qui sait, elle m’emmènera peut-être…

La chanson du petit garçon disait : Et là, nous dormirions, et là, nous dormirions, jusqu’à la fin du monde… Jusqu’à la fin du monde…

 L’auteur se présente…

 Quelques textes brefs pour la radio, un peu de production… Ensuite, écriture d’unechat qui louche maykan alain gagnon francophonie pièce de théâtre, Immortel, reçue dans une salle du 20e arrondissement pour trente représentations. Bon accueil critique, la pièce est reprogrammée deux mois plus tard.  Quelques mois plus tard, un nouveau texte, Irène des neiges, est retenu par un jury littéraire, d’où représentation au théâtre Jean Dame, dans une mise en scène de l’auteur. Qui fait ensuite l’acteur, quelque temps :  un peu de télé, de cinéma, mais surtout du théâtre.  Après, on peut évoquer pas mal de scribouilles alimentaires (pub, .com, marketing, biographies, sketches, élaborations de programmes courts) et une tournée de conférences pour Visages-du-Monde-Reportages.  Suivront quelques courts-métrages, parfois récompensés en festivals (ex. :  Prix du scénario lors du MFF 2009).  En 2011, sortie d’un premier roman, Mise au point sur l’infini. Aujourd’hui, un nouveau bouquin est en chantier, un roman. Parallèlement, écriture et présentation d’une conférence-spectacle Visionnaires. Artistes et chercheurs : associations d’idées : première à Crans-Montana (Suisse) le 14 mars.


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