Force organisatrice et création…, par Alain Gagnon…

28 avril 2017

Dires et redires

Je n’ai pas l’intention d’énumérer les preuves de l’existence de Dieu, dont celle, célèbre jadis, du Moteur premier.  Elles m’apparaissent peu chat qui louche maykan alain gagnon francophonieconvaincantes.  Par souci d’être bref et concret, j’utiliserai plutôt une approche micro, soit le petit bout de la lorgnette.

Les phénomènes parfois étonnants, bizarres, excentriques, d’une complexité inouïe, que nous présentent les sciences naturelles, m’inclinent à présumer une Force intelligente (ou des forces intelligentes) à l’œuvre dans la nature.  Dieu aurait donné le coup d’envoi, et un aspect ou l’autre de la divinité soutiendrait, dans son déploiement, l’aventure cosmique, continuerait à expérimenter dans une débauche de formes — et de complications parfois inutiles — que la sélection naturelle, darwinienne ou néodarwinienne ne saurait à elle seule expliquer.

À titre d’illustrations.  Au fond des abysses vit une crevette qui, des ténèbres, lance des signaux lumineux pour attirer ses proies.  Comment la sélection darwinienne aurait-elle pu en arriver à la doter d’un tel organe ? Tu connais les colibris, ces oiseaux-mouches qui, l’été, viennent dans nos mangeoires.  Comment la sélection aurait-elle pu conférer à cette espèce son vol hélicoptère ?  Dans les eaux de l’océan Austral, on trouve le chat qui louche maykan alain gagnon francophoniepoisson des glaces qui vit dans des eaux fortement salines, à une température sous zéro degré Celsius.  Notre vertébré possède une caractéristique étonnante : son foie sécrète un antigel — ce qui empêche son sang de se congeler et de le transformer en popsicle.  Dans les rivières amazoniennes se prélasse le gymnote, cette anguille-pile des fonds vaseux.  Ses organes électriques, au nombre de deux, se situent dans les flancs, de la tête à la queue, et leur disposition rappelle une pile de Volta — sa tête servant de pôle positif, sa queue de pôle négatif.  Le gymnote émet à volonté des décharges électriques qui paralysent ses proies et peuvent même renverser un homme.  Et que dire de cette guêpe de cauchemar, l‘Hyménoptère Liris, qui paralyse un grillon et l’enfouit dans un terrier avant de pondre un œuf sur lui : la larve, à son éveil, disposera ainsi de chair fraîche à profusion.  L’injection, qu’elle fiche aux ganglions nerveux de sa proie, doit être accomplie avec une précision inouïe — pour l’immobiliser sans la tuer —, sinon, ce sera la famine assurée pour la progéniture.  Et j’en passe ; et des meilleurs.

Il ne peut exister qu’une ou des intelligences derrière tout ça.  Cette planète paraît un immense laboratoire, où des transporteurs de fluide vital semblent avoir expérimenté d’abondance, semblent avoir ajouté grandement à la danse initiale de Maya, cette représentation sensible, ondoyante et transitoire qu’offriraient à Dieu toutes ses créatures.

(Propos pour Jacob, Éd. de la Grenouille Bleue)

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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Rémy Chauvin et le darwinisme, par Alain Gagnon…

10 mai 2014

Décès d’un homme curieux et audacieux : Rémy Chauvin…

Rémy Chauvin

Chauvin est décédé en décembre dernier (2010).  J’avais pour lui une grande admiration et je l’ai cité à quelques reprises dans mes ouvrages.  Il possédait un don rare : celui de la véritable liberté de penser.  Il se fichait de l’opinion dans un milieu — celui des  scientifiques — où les réputations se font et se défont selon que l’on adhère ou non aux dogmes de l’air du temps.

Synthèse biographique :

Rémy Chauvin (1913 – 2009) est un biologiste et entomologiste français, un penseur et un auteur de renom.   On le connaît également connu pour avoir défendu les droits des animaux et pour s’être intéressé à des thèmes comme le paranormal, la voyance, l’ufologie…

Fils de Marie-Louise Tapin, biologiste, il fait ses études secondaires, puis quatre années d’études de médecine, avant d’entrer à la faculté des Sciences de Paris. Il obtiendra son doctorat en sciences naturelles en 1941.

Il deviendra professeur honoraire émérite à la Sorbonne (professeur d’éthologie et de sociologie animale dès 1959) ;  il est aussi membre du CNRS dès 1942 (chargé de recherches, puis maître de recherches en 1946) ;  professeur à l’Office de la recherche scientifique Outre-Mer (Physiologie et Biologie de l’insecte, de 1944 à 1953) ; directeur de recherches à l’INRA au laboratoire de recherches apicoles de Bures-sur-Yvette, de 1948 à 1964 ; professeur de psycho-physiologie générale à la faculté des Sciences de Strasbourg, en 1964 ; et professeur de sociologie animale à l’université René Descartes (Paris V – la Sorbonne).

Fellow de la Société zoologique de l’Inde depuis 1950, puis lauréat de l’Académie des sciences en 1956 (Prix Schenk), il dirigera successivement trois laboratoires dans les années 1960 : le laboratoire de biologie de l’abeille de l’INRA, de 1948 à 1964, le laboratoire de psycho-physiologie de Strasbourg, de 1964 à 1968, et le laboratoire d’éthologie expérimentale de l’École Pratique des Hautes Études à Mittainville, à partir de 1969 (université de Paris). À partir de 1990, il poursuivra ses recherches sur le comportement social des insectes au château d’Ivoy-le-Pré.

Ses travaux sur les insectes et les oiseaux (son épouse Bernadette Muckenstürm le seconde souvent) font autorité. Auteur de plus d’une cinquantaine d’ouvrages –consacrés essentiellement à l’éthologie animale — et de plus de deux cent cinquante articles parus dans des publications scientifiques spécialisées, telles les revues Insectes ou Abeilles et Fleurs (mais aussi dans Question de de Louis Pauwels, entre 1974 et 1977). Il est également membre du conseil de rédaction bruxellois de la Revue internationale Pierre Teilhard de Chardin en 1960, membre du conseil éditorial du Journal of Scientific Exploration, du conseil scientifique de l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP) depuis 1995, et membre d’honneur de l’association Plasticités Sciences Arts.

En septembre 1977  il est co-fondateur de la « Ligue française des droits de l’animal ». Il est aussi membre fondateur de la « Ligue internationale des scientifiques pour l’usage de la langue française » (LISULF).  (Et j’abrège…)

Membre de l’équipe journalistique de la célèbre revue Planète, il y côtoiera  Bernard Heuvelmans, Aimé Michel, Jacques Bergier, Louis Pauwels… Il est membre d’honneur de l’Institut métapsychique international (IMI).

Positions sur le darwinisme :

Rémy Chauvin, s’inscrivant dans une tradition française auprès de Pierre-Paul Grassé et Piveteau, se montre très critique à l’égard du darwinisme et de la sociobiologie. Voici un résumé de ses positions développées principalement dans trois ouvrages  (Dieu des fourmis, Dieu des étoiles ; La biologie de l’Esprit ; Le darwinisme ou la mort d’un mythe) :

— Le néodarwinisme est un ensemble de tautologies (par exemple la sélection naturelle prédit la survivance du plus apte.  Or quel est le plus apte ? Celui qui survit !).
— La vie se caractérise par une immense adaptabilité à des variations très étendues de milieux.
— L’étroitesse de l’adaptation, c’est la mort (ex : le panda, ne se nourrissant que de bambous, est condamné à mort à plus ou moins long terme).
— À côté d’un dispositif compliqué, on peut souvent en trouver un plus simple à proximité qui fonctionne apparemment aussi bien.
— L’Évolution s’intéresse au but et non aux moyens qui peuvent être très différents (ex : l’aile et le vol).
— Le milieu n’est sélectif que dans un très petit nombre de cas.
— L’Évolution est dirigée. C’est un programme interne qui se déroule et qui ne revient pas en arrière. Le but visé semble être le plus haut psychisme possible.  — L’Évolution va dans une direction et pas dans une autre… il est évident que l’univers est orienté.

Critiques des scientifiques à l’égard de Chauvin :

Rémy Chauvin a été l’objet de nombreuses critiques de la part d’autres scientifiques parce qu’il aurait fait appel à des notions mystiques (le Démiurge et la Volonté diffuse dans La biologie de l’Esprit), et s’attaquerait plus à une caricature du darwinisme qu’au darwinisme même. On l’accuse aussi de renforcer, par ses critiques, le créationnisme  — bien que Rémy Chauvin, notons-le bien, ait été un évolutionniste convaincu.

Critiques des sceptiques :

Son intérêt pour la parapsychologie et l’ufologie lui a attiré les critiques des sceptiques. Dans son ouvrage À l’écoute de l’au-delà, il prend position en faveur de la Trans-Communication Instrumentale — recherche de communication avec les morts au moyen de la technologie moderne. Il lui est reproché de faire appel à la notion maçonnique d’égrégore pour expliquer le phénomène ovni.  De plus, les sceptiques lui reprochent une proximité d’esprit avec la revue Planète et l’ouvrage Le Matin des Magiciens de Jacques Bergier et de Louis Pauwels.


Œuvres (quelques suggestions : bibliographie très incomplète)

Vie et mœurs des insectes, éd. Payot, 1956
Dieu des savants, Dieu de l’expérience, éd. Mame, 1958
Le comportement social des animaux, éd. PUF, 1961
Les sociétés animales, de l’abeille au gorille, éd. Plon, 1963
Nos pouvoirs inconnus (sous le pseudo de Pierre Duval, + Jacques Bergier), éd. Planète (coll. Encyclopédie Planète), 1966, rééd. CGR (revue et corrigée), 1997
Le monde des insectes, éd. Hachette, 1967
Le monde des fourmis, éd. Plon 1969, rééd. du Rocher 1994, complétée
Certaines choses que je ne m’explique pas , éd. CELT, 1976 ; rééd. Famot, 1982 (Edition revue et corrigée de « La science devant l’étrange »)
Les abeilles et moi, éd. Hachette, 1976
Le monde animal et ses comportements complexes (+ Bernadette Chauvin), éd. Plon, 1977
La biologie de l’esprit, éd. du Rocher, 1985 (Je vous le recommande.  A.G.)
Le monde des oiseaux, éd. du Rocher 1996
Le darwinisme ou la fin d’un mythe, coll. « L’Esprit et la Matière », éd. du Rocher, 1997
A l’écoute de l’au-delà (+ père F. Brune), éd. Lebeaud, 1999 (remise en forme de « En direct de l’au-delà »)
Le bal des abeilles, tome 1, éd. du Goral, 2001 (bande dessinée, scénario RC, dessins de Patrice Serres
Le bal des abeilles, tome 2 « Le parfum des fleurs de café », éd. du Goral, 2002 (trilogie prévue)


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