G-20, temps et poésie, par Alain Gagnon…

16 juin 2017

Actuelles et inactuelles…

Post-attentats de Paris — Voici ce que j’aurais dit à Justin Trudeau et à Stéphane Dion si j’avais été en Turquiechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec pour le G-20 :
— Lorsque le feu est dans la friteuse, ce n’est pas le moment rassembler un conseil de famille, ni de penser à organiser une formation pour les pompiers : on l’éteint !
Le Canada est devenu un long navire qui dérive sans capitaine.

*

Je voudrais mes poèmes espace. Immuables, hors du temps. Le temps est un legs du dix-neuvième siècle. Taylor, Hegel, Darwin, Marx : chaîne de montage, histoire sacralisée, évolutionnisme, matérialisme dialectique… Ce siècle est le siècle du temps. Cet intrus nécessaire à l’imperfection.

*

La poésie, c’est quoi ?
— Traverser une ville, une fin d’après-midi d’octobre, alors qu’aux fenêtres s’allument les lumières.
— Les septembres chauds des classes à cahiers mauves et les soirs hâtifs aux lunes montantes des équinoxes.
— Ces barges aux fous pavillons verts qui glissent sur le fleuve en une nuit de novembre.
— Ces chiens qui aboient aux nuits lentes et pivelées d’étoiles.
— Boire sa colère aux membres difformes et aux crânes rasés des enfants croisés de rouge.
— Ces fenêtres sombres : yeux ensommeillés des maisons endormies.

*

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecNous sommes la première société où, par les jeux statistiques des sciences sociales, l’humain idéal est l’humain moyen, évalué par des courbes normales et encensé par le discours public. S’en dégagent le culte de la prévention et un jeu de cache-cache avec l’inéluctable mortalité : boire peu, manger peu, courir, faire de l’exercice, assurer sa retraite, ses vieux jours, comme s’ils devaient s’étirer éternellement. Tout cela sous le sourire niveleur de la liturgie publicitaire. Sans exigences lourdes, nous vous conduirons au bonheur.
Je n’écris pas pour ces gens. Je n’écris ni pour les pauvres ni pour les riches. Mes poèmes demandent un effort — mot honni ! J’écris pour ceux ou celles qui ont le désir et le courage d’explorer ces marges chatoyantes où univers et conscience se rencontrent, se testent, s’apprennent, s’étudient, s’éprennent et s’étreignent parfois.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Bris de réputation et fragments de Julie Turconi, par Alain Gagnon…

1 juin 2017

Actuelles et inactuelles

Bris de réputation planétaire… — Chaque nation se présente à ses voisins principalement par ses nouvelles télévisées où s’entassent les faits divers spectaculaires (du moins dans leur traitement) et majoritairement négatifs : vols, viols, assassinats, incendies, répressions et bavures policières, scandales politiques, collusions, émeutes, corruptions… Sans parler des catastrophes naturelles : tornades, feux de forêt, raz de marée, ouragans, tremblements de terre, tsunamis… Le sédentaire qui n’a jamais franchi les frontières de son pays se forme ainsi une bien bizarre et bien fausse image des États qui avoisinent le sien ou partagent la planète avec lui.

Peurs et dérision — Nous sommes des singes apeurés, perdus dans le monde des phénomènes. Privés de sens, nous nous réfugions dans l’ironie amère et la dérision, et transformons ainsi la beauté du monde en grisaille.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecFragments — J’aime les fragments, les souvenirs, les correspondances et les journaux spontanés des écrivains ; ils s’y montrent plus à nu que dans une fiction, où ils se camouflent entre personnages et péripéties.
Je suis à lire Les petits riens de Julie Turconi. Une série de tableaux bien brossés de sa vie quotidienne montréalaise. Météo, saisons, promenades dans les parcs, faunes et flores urbaines… tout y passe dans un style qui coule comme une eau libre. Contenu paisiblement amené, mais lourd de non-dit. Une force tranquille, mais efficace.
Je vous le recommande si vous aimez les conversations murmurées, les confidences où l’essentiel se révèle avec discrétion.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Escobar et Djemila Benhabid, par Alain Gagnon

21 mai 2017

Actuelles et inactuelles

 

Notes de lecture — Le testament de Pablo Escobar. Le journaliste Jean-François Fogel a rédigé une instructive biographie du baron de la drogue sur laquelle je reviendrai. J’y ai noté, entre autres, cette saillie colombienne que je vous donne :
Les Libéraux boivent en public et prient en privé, tandis que les conservateurs prient en public et boivent en privé.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecEt cet autre ouvrage : Comme je parle, une autobiographie d’Aldo Sterone, un jeune Algérien qui a fui la montée de l’islamisme radical dans son pays et qui est effaré de la situation qu’il découvre en Europe, plus précisément en France. Je lui laisse la parole :

L’islamophilie des Occidentaux frise l’addiction. Dans leurs propres pays, ils ont installé suffisamment de populations musulmanes pour créer des enclaves qui vivent en parallèle. Que sortiront-ils dans vingt ans encore ? Peut-être des califats autonomes à la tête de ces zones.
[…]
Quand je vois en France une chanteuse de rap porter le voile et venir en parler dans une chaine nationale, je ne peux m’empêcher de penser que cette société suit un chemin que nous avons déjà parcouru. L’actualité française me rappelle trop une catastrophe que j’ai vue venir au ralenti mais je ne pouvais rien faire pour l’éviter. L’Algérie a peut-être servi de laboratoire à un scénario capable de mettre n’importe lequel pays à feu et à sang.

Peut-être devrions-nous écouter plus attentivement ceux etalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec celles qui, comme Mesdames Fatima Houda-Pépin et Djemila Benhabid, nous mettent en garde contre l’extrémisme islamiste. Toutefois, il faut nous méfier des amalgames hâtifs : les fidèles de l’islam ne sont pas tous des talibans ou des tenants de l’EI, de même que les Allemands n’étaient pas tous nazis ni les Russes tous staliniens.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Marie Brazeau, télégrammes et Serge Bouchard, par Alain Gagnon

18 mai 2017

Actuelles et inactuellesalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Marie Brazeau, cabaretière. — Un extrait qui devrait fasciner les passionnés d’histoire, surtout ceux qui privilégient celle de la Nouvelle-France. Serge Bouchard nous captive avec la vie mouvementée, peu commune de Marie Brazeau, tenancière de cabaret dans le Montréal des 17e et 18e siècles.

Voici ce qu’il en dit en p. 4 couverture :

« Licencieuse et déshonnête, disait-on. Une cabaretière, une femme de pendu, imaginez ! regardez les registres d’audience de la ville de Montréal ! voyez combien de fois elle a paru, comparu, voyez vous-mêmes ! Ah ! la belle, la très forte Marie Brazeau. Quel bagout, quelle allure ! voici une battante qui ne s’avoua jamais battue. Laissez dire. Elle traversera bien l’Histoire. » (Serge Bouchard, Marie Brazeau, la tournée de la patronne, in Elles ont fait l’Amérique, LUX.)
Le style vif de Bouchard nous la rend très présente et nous fait voir les mœurs du temps.

À lire !

PS : On trouve cet opuscule en fichier électronique, à très bon prix, sur Amazon.

Les télégrammes. — Le téléphone tinte dans la nuit. La maisonnée se lève. On s’assemble autour de l’appareil. La tension est forte. Mon grand-père décroche et fait « O… Un télégramme. » Pendant que l’employé du Canadien National lit le texte haché, tronqué de stops, son visage se rembrunit. « C’est Amélie… », chuchote-t-il en raccrochant. « Elle est passée ! » gémit ma grand-mère.

Tous vont s’asseoir au salon. Les visages sont tristes. Des larmes coulent.

Les plus jeunes se demanderont de quoi je parle. Je parle d’un mode de communication oublié, dépassé : le télégramme. Il s’agissait de messages que l’on émettait et recevait par l’entremise du code Morse. On l’utilisait habituellement pour de mauvaises nouvelles. D’où l’angoisse qu’il provoquait, surtout de nuit. Les bonnes nouvelles (naissances, épousailles…), ça pouvait attendre. On s’écrivait. Quant au téléphone, ce n’est pas tout le monde qui y était branché.

Encore aujourd’hui, je ne peux entendre ou lire ce mot « télégramme » sans ressentir un pincement au plexus solaire.

Liberté de mouvement. — Souvent dans une journée, nous n’allons pas beaucoup plus loin qu’un prisonnier le ferait dans son établissement carcéral ; nous nous déplaçons peut-être moins que lui. Où est la différence entre lui et nous ?
Nous n’en sommes pas toujours conscients. Pourtant, elle est énorme. Si nous avons envie de changer de lieu, dans les mesures du raisonnable, nous pouvons le faire. Nous ressentirions profondément l’importance de cette liberté si nous étions privés. Un peu comme la faim. Repus, nous n’y songeons pas, ou peu.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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P-dg en bazou et Nerval, par Alain Gagnon…

16 mai 2017

Actuelles et inactuelles

 

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Comédie organisationnelle — Un P-dg vient travailler en bazou, pour faire peuple. L’intention est peut-être bonne, mais tout le monde sait que derrière son chez-soi… Et ces grands-messes d’entreprise, où on se répète : chez nous, les ressources humaines sont la priorité, chaque employé est essentiel, irremplaçable. Ben non ! Attendez jusqu’à la prochaine récession. De plus, tout le monde le sait : si un tel part, l’organisation pourrait se retrouver en difficulté, alors que le départ d’un autre passera inaperçu, quand il ne soulage pas.
On tente de camoufler les rapports d’autorité, les rapports hiérarchiques, qui pourtant sont tout le contraire des rapports de servitude.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecUtilité de la littérature — Entre autres, la littérature aide à comprendre que tu vis parce ce que d’autres l’ont vécu – fussent-ils des personnages de fiction.
C’est déjà beaucoup.
Ce cri de désespoir de Gérard de Nerval dans Les chimères, qui nous renvoie à nos propres doutes métaphysiques et aux angoisses qu’ils soulèvent parfois :

En cherchant l’œil de Dieu, je n’ai vu qu’une orbite,
Vaste, noire et sans fond,
d’où la nuit qui l’habite
Rayonne sur le monde et s’épaissit toujours ;

Ce même Nerval qui, solitaire dans son logis, rue de la Vieille-Lanterne, écrivait dans une lettre à sa tante Labrunie, dans les heures qui précédèrent son suicide – le 26 janvier 1856 :

Ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche.

Toujours sur la littérature (celle moins utile, peut-être…), cette foucade d’Alexandre Labzine dans René Guénon, Vie et œuvres :

Trop d’écrivains pris de spasmes névrotiques crurent réinventer un langage inspiré parce qu’ils étaient incapables de savoir encore ce que penser veut dire.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Un peuple se suicide…, par Alain Gagnon…

29 mars 2017

Actuelles et inactuelles…chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec

Une amie m’écrivait hier pour me confier que, cette année, elle hésitait à ajouter les termes Joyeux Noël à ses vœux électroniques et postaux. Question de respect des autres…

Je ne vous rapporte pas textuellement ce que je lui ai répondu : je m’efforce de conserver un ton poli à ce blogue.

Mais en substance : au Québec, beaucoup croient que, respecter l’autre, c’est se nier. Au contraire, le respect et l’affirmation de soi sont des prérequis au respect véritable des autres — non ce respect soumis qu’on accorde par mollesse et couardise.
Si j’invite quelqu’un chez moi, je respecterai les règles de l’hospitalité. Je ne lui offrirai pas d’aliments ou de boissons qui vont à l’encontre de ses croyances ou de sa santé. Par contre, en ce qui me concerne, j’ai bien l’intention de boire et de manger selon ma nature, sans me priver, sans rien cacher.

Ce peuple québécois inquiète. Il ne veut plus vivre. Il cède à tous et à tout.  Il ne se reproduit plus. Culturellement, il jette tout par-dessus bord, avant même que les nouveaux arrivants, souvent étonnés, n’aient formulé d’exigences à ce sujet. Pourquoi ? Tous les peuples ont besoin d’une mythologie qui assure leur cohésion et la nôtre, judéo-chrétienne – prononcez le mot avec dédain –, vaut bien celles de beaucoup d’autres pour expliquer ce qui échappe à la raison.  Nous ne sommes peut-être plus majoritairement pratiquants, mais ce fondement demeure la base de nos valeurs individuelles et collectives.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecQuelqu’un me disait : — Ah ! C’est l’effet de la Conquête britannique !
Nous n’avons jamais été conquis. Des puissances européennes impérialistes se menaient une guerre. Nous avons connu ici des batailles perdues ou gagnées. À la fin, il y a eu traité, et nos premiers maîtres nous ont échangés. Nous sommes alors passés d’une couronne à l’autre. Déjà, hormis la langue, nous étions peu Français.
Nous avons survécu comme entité ethnique en faisant des enfants d’abondance et en nous accrochant aux traditions. Puis, nous avons connu des instants de progressisme fier – la Révolution dite tranquille : que s’est-il passé depuis pour que nous ayons maintenant peur de ce que nous sommes et honteux de qui constitue notre réalité intime ?

Ce peuple se suicide. Et se complaît dans les puérilités du genre : « C’est la faute de… »

L’auteur…

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La vie est dangereuse avec de débiles capitaines, par Alain Gagnon…

15 mars 2017

Actuelles et inactuelles

La vie est dangereuse.

On parle d’interdire la cigarette dans les parcs.  J’en suis convaincu, on donnera de bonnes raisons pour cettechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec mesure, comme pour toutes les autres qui nous infantilisent, nous déresponsabilisent.

Ça coûte cher, dans leur vieil âge, les fumeurs, en soins de toutes sortes.  Ceux qui, chaque jour, s’empiffrent de gras trans dans les fast-foods aussi.  Tout comme ceux qui pratiquent des sports à risques, comme le hockey, l’alpinisme…  Il faut parfois traiter leurs blessures, aller les secourir à grands frais.  « Légiférons ! Défendons ! » s’écrieront les amoureux du totalitarisme soft, du gouvernemaman.  Pendant ce temps, nos droits individuels se rétrécissent.  Nous devenons de plus en plus des gouvernés et de moins en moins des citoyens libres.

Société de no fault !

La vie est dangereuse.  Refuser cette réalité, c’est en refuser la saveur.

*

La fréquentation de l’histoire et des actualités médiatiques m’a appris plusieurs choses, dont l’une :  on nous crée des amis ou des ennemis selon l’intérêt des puissants du moment.  Observez la presse, électronique ou papier.  Les masques des chefs d’État étrangers s’y modifient selon les intérêts de notre politique étrangère ou celle de nos puissants alliés.  Pensez à Kadhafi, à Saddam Hussein, aux dirigeants iraniens, au président Bachar El-Assad de Syrie…  Les reflets qu’on nous a donnés (et donne) de ces hommes de pouvoir dépendent de leur utilité ou du rôle qu’on veut leur faire jouer sur l’échiquier où s’affrontent les ambitions des groupes plus ou moins occultes qui nous gouvernent.

*

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecNotre système d’éducation n’a plus de gouvernail.  Les débiles capitaines qui y défilent comme ministres de l’Éducation n’y jouent pas grand rôle.  C’est notre civilisation qui se déboussole.

On a remplacé le principe qui conférait une valeur intrinsèque à la connaissance par des objectifs à court terme, d’un utilitarisme réducteur et accrocheur :  « Ton premier job ; ton premier char ; tes vêtements griffés… »  Et la gymnastique intellectuelle qu’imposent à l’esprit les matières ardues, mais garantes d’une pensée libre et bien huilée ?  « De quoi vous parlez, vous, là ? »

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Textes sacrés, nature et Braque, par Alain Gagnon…

3 mars 2017

Actuelles et inactuelles…

Les textes sacrés sont souvent des taches de Rorschach, ces images aux formes incertaines que les psychiatreschat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec montrent à leurs patients pour faire ressortir les structures de leur personnalité.  Chacun y voit et y puise selon ses propres bibittes ou penchants ; et, dans le cas des textes sacrés, en tire valeurs, attitudes et comportements qui lui conviennent.

*

Dans un réseau social, quelqu’un souhaite que l’école reconnecte l’enfant à la Nature.

De quelle nature parle-t-on ici ?  Physique ?  Végétale ?  Animale ?  Mentale ?  Spirituelle ?  L’humain appartient à l’ensemble.  Si l’on veut sa vie réussie, il faut préparer le jeune à vivre et progresser à l’intérieur de toutes ces catégories.

*

Il y a peu, je terminais l’écriture d’un recueil de nouvelles fantastiques (Gloomy Sunday ou Le récit de Tasha Bonte).  J’y ai rédigé une brève introduction où j’exprime exactement ce que Marc Pasterger a lui-même écrit en préface de son ouvrage inexplicable, mais vraies, lu hier soir.  Coïncidence ?  Synchronicité ?

Mon texte :

En automne progresse le noir, progresse la nuit.  Le brumeux et le flou augmentent ; le mystérieux et l’insolite sortent des sous-bois et des sous-sols et se montrent à la lumière rare des jours gris.

Même si les heures lumineuses se tassent, si le royaume de l’obscur s’étend, il serait abusif de croire qu’il en résulte pour l’esprit affaiblissement et engourdissement.  Des ténèbres jaillit le clair ; et le regard inversé de l’humain peut profiter des jours sombres pour s’adonner à l’introspection, puiser en lui-même des intuitions fulgurantes ou quiètes qui lui ouvriront sur le réel des portes qu’il croyait jusque-là inexistantes.

Les récits que l’on tire de cet état d’esprit ont ce côté orbiculaire – in-finalisé – de plusieurs légendes innues ou inuites.  Le plafonnier n’éclaire pas tous les recoins de la pièce.  Les solutions totales des Maigret et des Sherlock Holmes en sont absentes.  La magie du clair-obscur survit à la dernière ligne du texte.  Le règne du non-dit et de l’indicible perdure, sans faste, mais assurément.  (Le récit de Tasha Bonte)

Et ma lecture d’hier :

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecRien ne me plaît davantage qu’un fait avéré laissant patauger l’homme de ce début de troisième millénaire nanti d’un savoir minuscule et d’une culture très parcellaire.  J’adore les histoires n’arborant pas une fin en béton sans discussion possible.  Je raffole des récits — authentiques — laissant la porte grande ouverte à l’imaginaire, à l’existence d’un autre monde, parallèle, invisible, différent, meilleur ou moins bon, et même un peu de tout ça à la fois !  (Marc Pasterger)

Ces textes me ramènent en mémoire une citation de Braque :  « Je ne cherche pas la finition, je tends vers l’infinition. »

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

 


Réverbère, SRC, Lac-Saint-Jean et Queneau, par Alain Gagnon…

2 mars 2017

Actuelles et inactuelles…

Petite histoire — Dans un quartier urbain, un homme se promène dans la nuit.

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Tiré du blog Les Pas Sages

Sous un réverbère, penché vers le trottoir, un autre homme semble chercher quelque chose.
Le promeneur s’arrête et demande :
— Vous avez perdu quelque chose ?
— Mon porte-monnaie.
— Je peux vous aider ?
— Non, ça va, tout est clair ici, sous cette lumière. Je ne trouve rien. Mais je crois bien avoir perdu mon porte-monnaie un peu avant ou un peu après être passé sous ce réverbère.
— Pourquoi chercher ici, alors ?
— Parce qu’ailleurs c’est l’obscurité.
Cette histoire entendue ou lue il y a longtemps m’est revenue à l’esprit à la suite d’une conversation téléphonique.
Nous préférons piétiner dans notre zone de confort à chercher où les probabilités de trouver l’objet de la quête seraient plus assurées.

*

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecRadio Canada — J’apprécie généralement le travail de notre radio d’État. En bonne partie, elle a transformé et rescapé notre langue. J’aime aussi la rigueur de ses enquêtes journalistiques.
Cependant, on a les défauts de ses qualités. Notre SRC, surtout à la radio, souffre parfois d’un snobisme délirant, qu’accentue un montréalisme acharné.
Entendu cette semaine : un chroniqueur invité chez Catherine Perrin ridiculisait les nouveaux modes de décoration inspirés du zen, qui font des ravages, selon lui. Et il déclarait en substance : l’appartement d’une certaine dame, qui en a été victime, ne plaira certainement qu’à la visite du Lac-Saint-Jean… Forts ricanements dans le studio.
À quel point faut-il se mépriser soi-même pour en arriver à un tel mépris des autres, qu’on évalue selon leur provenance géographique ?

*

J’éprouve mes propres problèmes avec les éditeurs et, comme écrivain et comme éditeur, je reçois beaucoup dechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec questions d’écrivants qui souhaitent publier. Souvent, j’aurais envie de leur citer et de me répéter, à moi-même, ces paroles : Je garde encore en tête le jugement de Charles Nodier : « La plupart des fous conservent assez de raison pour ne pas écrire » et la correction de Raymond Queneau : mais certains maintiennent « assez d’adaptation sociale pour faire imprimer et éditer un livre » .*

  • Arthur Landry, Mystères vrais

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Jacob et l’Ange, par Alain Gagnon…

27 février 2017

Actuelles et inactuelles : la lutte avec l’Ange…

Dans la Genèse, on retrouve ce récit d’un affrontement. L’un des combattants estchat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie Jacob, fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham. Son adversaire est sans nom.
Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants et passa le gué du Yabboq. Il leur fit passer le torrent, et il fit passer aussi tout ce qu’il possédait. Et Jacob resta seul.
Un étranger survint et lutta avec lui jusqu’à l’aurore. Voyant qu’il ne le maîtrisait pas, l’inconnu frappa Jacob à l’emboîture de la hanche, et sa hanche se démit.
L’étranger lui dit alors :
— Cessons ! Le jour est levé.
Mais Jacob répondit :
— Je ne te laisserai pas aller avant que tu ne m’aies béni.
L’inconnu lui demanda :
— Quel est ton nom ?
— Jacob.
L’étranger reprit :
— On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et contre les hommes, et tu l’as emporté.
Jacob réitéra sa demande :
— Révèle-moi ton nom, je t’en prie.
L’inconnu répondit :
— Et pourquoi veux-tu donc savoir mon nom ?
Et il bénit Jacob, qui donna à cet endroit le nom de Penuel. « Car, dit-il, ici j’ai vu Dieu face à face et j’ai eu la vie sauve. »
Au lever du soleil, il avait passé Penuel, et il boitait à cause de sa hanche. (Genèse, 32, 22-32)

Nous n’avons toujours pas la réponse. Avec qui Jacob a-t-il lutté ? Avec un ange ? Avec un dieu ou avec Dieu ?
La pensée ésotérique, d’inspiration judéo-chrétienne, nous propose un quaternaire explicatif. Quatre représentations symboliques décrivent les différentes parties de ce qui constitue la personne humaine. Tout d’abord, il y a le Bœuf (Gouph) – l’élément Terre : le corps physique, les instincts primaires, la patience de la vie qui dure et se perpétue. Puis on trouve le Lion (Nephesh) – l’élément Eau : lieu de l’astral qui vibre, des émotions, des passions, des sentiments, de l’action. En troisième, l’Aigle (Ruach) – l’élément Air : la raison claire, qui géométrise l’espace, le possède et s’adonne à la dialectique. Enfin, l’Ange (Neshamah) – la dimension spirituelle : le lieu de l’âme, de la spiritualisation, de la rencontre de l’âme mortelle et du divin qui nous habite tous ; pont vers l’infini, domaine de la Raison et de l’Intuition supérieure.
Avec qui, et dans lequel des mondes, Jacob s’est-il battu pour en arriver à reconnaître le visage de Dieu ? Il a lutté avec lui-même et en lui-même.
Nous ne pouvons pas vaincre ; l’Ange ne veut pas vaincre : il s’agit d’un duel amoureux.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Actuelles et inactuelles, Les règles de Bill Gates, par Alain Gagnon…

23 février 2017

Actuelles et inactuelles…chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie

(Je serais assez d’accord avec Gates. Je regrette toutefois que ces règles négligent deux caractéristiques essentielles de l’humain : sa nature spirituelle et ce besoin qu’il a de relations significatives avec les autres, hors tout utilitarisme myope. AG)

Bill Gates a prononcé un discours dans une école secondaire, à propos des dix choses qu’on n’apprend pas, mais qu’il faut apprendre le plus vite possible, à l’école. La sagesse du bien aimé homme fort de Microsoft donne les dix règles à suivre pour réussir dans la vie.

Règle 1 : La vie est injuste : habituez-vous !

Règle 2 : Le monde se fout de votre amour-propre. Le monde s’attendra à ce que vous accomplissiez quelque chose AVANT que vous ne vous félicitiez vous-même.

Règle 3 : Vous ne gagnerez pas 60,000 $ par an en sortant de l’école. Vous ne serez pas vice-président en commençant, avec GSM et voiture de fonction fournis, avant d’avoir mérité, gagné ces privilèges.

Règle 4 : Si vous croyez que votre professeur est dur avec vous, attendez d’avoir un patron.

Règle 5 : Travailler dans une friterie n’est pas s’abaisser. Vos grands-parents avaient un mot différent pour ça : ils l’appelaient une opportunité.

Règle 6 : Si vous gaffez, CE N’EST PAS LA FAUTE DE VOS PARENTS, arrêtez de chialer et apprenez de vos erreurs.

Règle 7 : Avant que vous naissiez, vos parents n’étaient pas aussi ennuyants qu’ils le sont maintenant ! Ils sont devenus comme ça : En payant vos factures. En nettoyant vos vêtements. Et en vous entendant répéter sans arrêt combien vous êtes bons et cools. Ainsi, avant de sauver les forêts tropicales des parasites de la génération de vos parents, commencez donc par faire le ménage dans votre propre chambre.

Règle 8 : Votre école s’est peut-être débarrassée du système « gagnant-perdant », PAS LA VIE ! Dans certaines écoles, on a aboli les notes de passage et on vous donne autant de chances que vous voulez pour obtenir la bonne réponse. Ceci n’existe pas dans la vraie vie !

Règle 9 : La vie n’est pas divisée en semestres. L’été n’est pas une période de congé. Et très peu d’employeurs sont disposés à vous aider à VOUS ASSUMER, c’est votre responsabilité.

Règle 10 : La télévision n’est pas la « vraie vie ». Dans la vraie vie, les gens quittent le café et vont travailler. Si vous êtes d’accord, faites circuler, sinon, mettez-vous la tête dans le sable et prenez une grande respiration.

Source : Eddenya


Actuelles et inactuelles, par Alain Gagnon…

22 février 2017

Mai

 

Mai… alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Toits durs sous les soleils hauts – émergés d’avril.

Au jour les ventres humides des savanes – sexes bleus ouverts à juin venant.

Éclat d’ailes – refrains de gloire et d’amours en guerre.

Loin l’hiver – longs dimanches des villes blanches.

 

Débute la chasse au pissenlit

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecJ’aime ces fleurs humbles aux feuilles délicieuses.  Elles égaient les gazons trop verts de soleils soudains, qui chutent dans l’uniformité morne de nos arrière-cours.

Certains du quartier leur mènent une lutte impitoyable.  Bombonne en main, ils les pulvérisent, les déracinent…  En vain.  Toujours, ils renaissent, poèmes joyeux et sages.  Et franchiront l’été, jusqu’à devenir boules transparentes que disperseront les vents.

L’analyse tue

Les visions du monde qu’inspire la philosophie des Lumières, ne peuvent apaiser la soif de l’humain.  Tout au plus concourt-elle à soutenir la pensée technico-industrielle ou la mise en forme légaliste d’une réflexion sociopolitique qui se voulait généreuse.

L’analyse tue par la dissection.

Placez les mots ici et là ; les couleurs ici et là ; les notes ici et là…

Le plus prenant tableau ne sera plus beauté parlante, mais taches colorées, lignes et volumes disloqués.  De même pour la plus captivante musique.  Hors la portée, notes et mesures deviennent bruits.  La poésie fout le camp lorsqu’ergotent les littéraires et que s’agitent plumitivement barthiens et consorts.

Le feu n’est plus lorsqu’on sépare combustible et flamme.

La raison vaut pour l’utile et le convenable.  Lorsqu’il s’agit d’esthétique, elle fait fuir ou crée l’érudition qui se complaît en circuit stérile et fermé.

La mare calme…

La mare est calme et silence.  Repos du soir.

Bond d’un omble.

Clapotis brefs…   L’eau se ride de cercles qui vont. alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec

Surface étale.

Rien.  Sauf une étoile qui se baigne — soie moirée des eaux tièdes.

Nulle nécrologie.

(PS :  Réponse à quelqu’un qui me dit : « Quel poème pessimiste ! »  Eh bien, non !  Il s’agit d’un poème d’espoir. L’omble sauteur n’a pas été réduit au néant.  Il continue sa vie propre de poisson sous la surface, où l’œil humain ne le perçoit plus, rivé qu’il est aux épiphénomènes.)

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Jean Duval, premier pendu de Nouvelle-France… Alain Gagnon

15 décembre 2016

Début  juillet 1608, fondation de Québec et première pendaison connue en Nouvelle-France…

Quatrième voyage ( Honfleur–Québec : 1608-09). On confère à Cham­plain le titre de lieutenant de l’expédition au Saint-Laurent et à Dupont-Gravé la responsabilité de laalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québec traite des fourrures. De Poutrincourt s’étant vu adjuger Port-Royal, Champlain tourne ses desseins vers la Grande-Rivière de Canada.

Le 7 avril 1608, le pilote malouin Dupont-Gravé lève l’ancre à Honfleur sur le Lièvre et le lieutenant Champlain sur le Don-de-Dieu, le 13 du même mois. Tadoussac, à l’époque, est le terminus de la navigation transatlantique, le port d’attache et de ralliement des vaisseaux d’Europe : car, en amont du fleuve, la navigation semble périlleuse. Ayant mouillé l’ancre, Dupont-Gravé fut forcé, en vertu de son privilège royal, d’engager la lutte contre le capitaine basque Darache, qui l’avait devancé au trafic avec les autochtones. Champlain survient le 3 juin et ménage un prompt accommodement. Aussitôt, il apprête deux barques pour transporter à Québec une partie du matériel d’installation. Auparavant, il remonte de nouveau le Saguenay et recueille, auprès des premiers habitants du pays, de vagues informations relatives à l’hinterland : lac Saint-Jean et ses tributaires, rivières et lacs septentrionaux, baie du Nord…

Le 3 juillet (on ne s’entend pas sur la date exacte…  nous avons vu 30 juin et 5 juillet…), il entre dans la rade de Québec et cargue ses voiles au pied du promontoire. « Il ne peut, écrit-il, trouver d’endroit plus commode, ni mieux situé, que la pointe de Québec, ainsi appelée des Sauvages, et remplie de noyers. » Sans tarder, trente ouvriers et artisans, parmi lesquel Jean Duval, La Taille, Antoine Natel, les jeunes Nicolas Marsolet et Etienne Brûlé, le chirurgien Bonherme, entament la forêt, creusent caves et fossés. Entre temps, une partie de l’équipage transporte, de Tadoussac à Québec, vivres et munitions, ustensiles et meubles. Le Don-de-Dieu ne montera donc jamais le fleuve jusqu’à l’habitation. Par malheur, à l’intérieur de ce groupe, on fomente un complot contre la vie de Champlain. Cinq artisans auraient rêvé de s’enrichir en assassinant le lieutenant pour ensuite livrer aux Basques de Tadoussac tout le matériel de l’installation. Mais Natel, l’un des conjurés, pris de remords, dévoile la conspiration au capitaine Têtu qui la révèle à Champlain. Aussitôt arrêtés, les coupables font des aveux : un conseil instruit le procès et condamne à mort Jean Duval.  Pendu et décapité, on fichera sa tête au haut d’un piquet, sur l’habitation de Champlain. Ses complices seront mis aux fers ; on les graciera ultérieurement. (Tiré en partie de Louis-Marie Le Jeune, o.m.i, Dictionnaire, 1931.)

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Montréal, Rome et Henri IV, par Alain Gagnon…

10 décembre 2016

Actuelles et inactuelles

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Tallemant Des Réaux

 

Montréal et Rome… — Ce n’est pas aujourd’hui que l’on craint l’autre, l’immigration, le multiculturalisme et les métissages. À preuve, cet extrait d’Appien. « Depuis bien longtemps, dit Appien à cette occasion, le peuple romain n’était plus qu’un mélange de toutes les nations. Les affranchis étaient confondus avec les citoyens, l’esclave n’avait plus rien qui le distinguât de son maître. Enfin les distributions de blé qu’on faisait à Rome y attiraient les mendiants, les paresseux, les scélérats de toute l’Italie. » Cette population cosmopolite sans passé, sans tradition, n’était plus le peuple romain. Le mal était ancien, et les esprits clairvoyants auraient dû depuis longtemps le découvrir. (Gaston Boissier, Brutus d’après les lettres de Cicéron.)

Anecdote sur Henri IV — Tirée des Historiettes de Tallemant Des Réaux.
Ce roi traversait la France. Il s’arrête avec sa cour à une auberge de village. Aussitôt à table, il demande :

« — Quel est l’homme de ce village qui a le plus d’esprit ?
— Gaillard, reprennent les curieux.
— Alors, allez me chercher ce dénommé Gaillard !
L’homme arrive, s’installe. Le Roi lui demande :
— Dites-moi, mon ami. Quelle différence y a-t-il entre gaillard et paillard ?
— Sire, répond le paysan, il n’y a que la table entre deux.
— Ventre-saint-gris ! j’en tiens, dit le Roi en riant. Je ne croyais pas trouver un si grand esprit dans un si petit village. »
Pour en savoir plus sur Des Réaux : http://urlz.fr/4c4v

Dans le même ouvrage, Des Réaux souligne un trait plutôt bizarre de la Reine alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec Marguerite de Valois :
Elle portait un grand vertugadin (jupon), qui avait des pochettes tout autour, en chacune desquelles elle mettait une boîte où était le cœur d’un de ses amants trépassés ; car elle était soigneuse, à mesure qu’ils mouraient, d’en faire embaumer le cœur. Ce vertugadin se pendait tous les soirs à un crochet qui fermait à cadenas, derrière le dossier de son lit.

Vive la France !

L’auteur : Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose ont ensuite paru chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale(2003), Jakob, fils de Jakob (2004), Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan,Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux(MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur. On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com).


Faits brefs mais non divers, par Alain Gagnon…

30 novembre 2016

Despotisme ordinaire…

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecDeux jeunes internautes tibétains ont été condamnés à trois ans de prison, notamment pour avoir téléchargé des photos du Dalaï-lama, a affirmé le 7 déc. 2009 l’organisation Reporters sans Frontières dans un communiqué.

Gyaltsing et Nyima Wangchuk sont détenus depuis le 1er octobre à Lhassa. Ils ont été condamnés début décembre pour communication d’informations à des contacts à l’extérieur de la Chine.  « Leurs familles n’ont jamais pu leur rendre visite en prison, n’ont reçu aucune information les concernant et s’inquiètent de leur état de santé », dénonce également l’organisation.

Déjà en juillet :

D’après le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), un moine tibétain a été condamné à 3 ans de prison début juillet (2009) pour avoir voulu résister à la campagne de (ré) éducation patriotique du gouvernement chinois il y a 2 ans.

Le tribunal du peuple du district de Kardze a condamné Jamyang Tenzin, 35 ans, du monastère Yonru Geyden Rabgayling à Lithang, pour avoir défié la campagne “d’Éducation Patriotique” en 2007.

Citant une source, le TCHRD explique que Jamyang a été arrêté le 3 octobre 2007 pour s’être opposé à ce qu’une “équipe de travail” mène une campagne “d’Éducation Patriotique” dans son monastère dépendant de celui de Lithang.

Le TCHRD se préoccupe également du fait que le gouvernement chinois ait “violé la constitution et les lois internationales” en gardant en prison le moine pendant plus de 21 mois avant le procès. Le TCHRD émet aussi des doutes sur le respect du processus légal et si Jamyang a pu bénéficier d’une aide juridique. Avant le procès début juillet, sa famille ne savait absolument pas où il se trouvait.

Le TCHRD s’oppose à la condamnation de Jamyang Tenzin dont le droit d’expression n’enfreint pas la constitution.

Une campagne massive “d’Éducation Patriotique” a été lancée dans les institutions monastiques du district de Lithang à la suite des manifestations anti-Chine initiées par Ronggye A’drak lors de la fête annuelle du cheval à Lithang le premier août 2007.

Pendant une visite d’une “équipe de travail” au monastère de Yonru Geyden Rabgayling le 3 octobre 2007, Jamyang Tenzin a refusé de collaborer et a exprimé son soutien à Ronggye A’drak. Il a même clamé des slogans souhaitant une longue vie au Dalaï-lama avant d’être arrêté par la police.

Jamyang Tenzin, est né dans le village de Youru Sakhor dans le district de Lithang. Il a visité l’Inde en 1995 et étudié au monastère de Gaden Jangtse dans l’Inde du sud avant son retour au Tibet en 2004. Alors qu’il revenait au Tibet, il a été détenu à la frontière Népalo-Tibétaine et encore détenu plus tard pendant 3 mois.

source : Phayul


Actuelles et inactuelles : Démocratie et Etty Hillesum, par Alain Gagnon…

17 novembre 2016

Avril 2015

Démocratie

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Etty Hillesum

Être citoyen devrait se mériter chez nous. La démocratie est le régime qui exige le plus de ses membres. Si elle est saine,  on y a plus de devoirs que de droits.

En dictature, l’assujetti n’a qu’à se laisser mener, et voir à ses intérêts particuliers, tout en évitant les comportements ou énoncés d’opinion qui pourraient aller à l’encontre des visées du tyran ou du groupe dominant.

La démocratie réclame davantage. Le citoyen doit savoir lire, écrire, compter ; il doit s’informer, connaître son histoire politique, celle de ses institutions, leur fonctionnement… De façon à élire des représentants capables de légiférer adéquatement ; et de façon à surveiller efficacement ces mêmes élus dans l’exercice de leurs responsabilités.

On demande sans cesse des droits. Qui parle des devoirs ? Personne, ou presque – électoralement peu rentable. C’est ce qui mène nos régimes à la dissolution lente, dans les faux lendemains espérés d’une démagogie somnifère.

Pour pagayer un canoë de quatre mètres, on exige un permis. Pour l’obtenir, vous avez dû démontrer des capacités minimales. Pour devenir électeur ? La naissance sur le bon territoire suffit. Écoutez les vox pop. Ottawa y devient la capitale des USA ; Obama, le premier ministre du Canada ; et j’en passe, et des meilleures…

Le vote du plus ignare annule le vote du citoyen responsable qui a pris soin de se cultiver, de s’informer, de réfléchir. Je ne crois pas au proverbe : Vox populi, vox Dei. (La voix du peuple est la voix de Dieu.)

*

Etty Hillesum

Hier, à la SRC, on ânonnait : « On a beaucoup tué au XXe siècle. »

On a toujours tué. Si on a moins tué dans les siècles précédents, c’est qu’on n’avait pas encore les moyens techniques d’aujourd’hui.

Le mal est là, rampant, dans toute l’histoire humaine. Guerres, pillages, génocides et massacres résument la fresque de nos traces sur cette planète. Et pourtant… Et pourtant, ça et là, un Jakob Boehme, un Jésus, une Etty Hillesum… ; des événements, comme ces fraternisations spontanées entre ennemis lors de conflits guerriers, nous laissent croire que, sous la cendre des siècles, couve le feu de l’espérance.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Personnalité et lendemains qui ne chantent plus, par Alain Gagnon…

16 novembre 2016

Actuelles et inactuelles…

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Notre personnalité se construit à coups d’identifications – parents, maîtres, proches, héros littéraires ou cinématographiques…  Des attitudes et comportements découlent de chacune.  Nous utilisons l’une ou l’autre de ces intégrations selon les circonstances de la vie.  Nous opterons en faveur d’une représentation à donner de soi plus stoïque en temps de conflits, etc.  On en change pour s’adapter et survivre socialement, tout comme, selon les saisons, on change de vêtements dans nos pays tempérés.

Mais…  Et c’est là l’unique et cruciale question : qui se promène d’une identification à l’autre ?  Qui en soi change de vêtements ?  Celui-là veut durer et perdure sous les masques ou les oripeaux.

*

Je n’arrive pas à comprendre cette grogne médiatique et des réseaux sociaux sur cette déclaration de Harper : à savoir qu’il est utile pour un fermier vivant en région isolée de posséder une arme.  J’ai grandi au Lac-Saint-Jean ; les fusils et carabines pullulaient.  Il m’est difficile de ressentir cette frilosité des urbains envers les armes à feu.

Je sais :  elles peuvent tuer en des mains irresponsables.  Les autos aussi, et la malbouffe ; et les ponts d’où l’on se jette ; et l’alpinisme ; et les couteaux de cuisine ; et les sports de combat…  Même le hockey.

L’arme est l’un des symboles de la liberté individuelle ?  Comme l’automobile ?  (Sous les monarchies d’ancien régime, seuls les nobles avaient le droit de porter une arme.)  La crainte des libertés pousserait-elle nos bien-pensants plateauisés à détester l’arme et l’auto ?

Je crains les lendemains qui ne chantent plus…

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Le vieil homme et la musique…, par Alain Gagnon…

15 novembre 2016

Actuelles et inactuelles

La beauté, cette liberté dans la nostalgie ; cette douleur que nous cause la proximité du lointain, selon Heidegger.

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Vernay

Notre mémoire conserve des séquences ou des scènes du passé. Elle est plus tachiste que rectiligne. Dans le courant de notre vie se détachent des îles ou des îlots qui représentent des expériences formatives qui nous reviennent en temps de nécessité.

Souvent, lorsque je désespère de l’art, que je doute de sa valeur ou de son utilité, la scène ci-dessous resurgit de l’enfance, comme si c’était maintenant. Je l’ai déjà mentionnée dans un ouvrage et je la reprends ; elle me requinque.

« Lorsque j’étais gamin, on faisait beaucoup de musique à la maison. Pianistes, chanteurs et violonistes s’y donnaient rendez-vous, surtout les soirs d’été. Un voisin, octogénaire et analphabète, traversait la route et s’installait sur un banc, sous la véranda. Il écoutait et pleurait. Mes tantes et mon grand-père l’invitaient à entrer. Avec obstination, il refusait.

« Il n’aurait pu nommer aucun des musiciens que l’on interprétait, encore moins lire ou écrire leur nom. Mais quelque chose, au plus profond de lui, le poussait vers les mélodies et les chants, et il s’approchait, fasciné, comme le scarabée d’or par la lueur du lampadaire en juin. Il y avait pressenti et y goûtait une nourriture riche, essentielle pour cette partie de son être que les aliments de la table ne pouvaient contenter. Une nécessité confuse, mais impérieuse, l’attirait jusqu’à ce banc inconfortable.

« Ce n’était pas un érudit, mais il jouissait d’une culture intérieure et silencieuse que beaucoup du salon auraient pu lui envier. De la beauté et de l’ailleurs, il avait la nostalgie. Il avait le sentiment confus de toucher, par l’œuvre, à un ordre d’expérience qui n’est pas celui du reste de nos vies », comme l’écrivait Henri Godard.

(Extrait de Propos pour Jacob, Éd. de la Grenouille Bleue)

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Actuelles et inactuelles, par Alain Gagnon…

14 novembre 2016

Février 2015

Notes de lecture : La dame en blanc de Wilkie Collins (Éd. Archipoche).

 alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecLong roman feuilleton.

Un roman que l’on peut lire à la course, comme Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, pour se distraire et se dépayser. Les péripéties et les bons et méchants ne manquent pas. (Je me refuse même à tenter de le résumer.)

Un roman que l’on peut aussi lire en écrivain ou en aficionado de la littérature. La construction en est savante et complexe, avant Borges – qui avouait d’ailleurs en être jaloux : le prosateur argentin aurait aimé écrire ce texte de fiction. De même pour Dickens, qui était ami de Collins et fut même son éditeur.

La narration est confiée à plusieurs personnages qui se superposent et se distinguent par le ton.

Un roman d’atmosphère et un roman pittoresque qui nous dépeint la campagne et les mœurs anglaises du milieu du 19e.

Rocambolesque, il captive – même si je lui reconnais quelques raccourcis avec le vraisemblable. Plusieurs soirs vous aurez peine à fermer votre lampe de chevet.

Quant à moi, je l’ai découvert par hasard et ne regrette pas les heures que j’y ai consacrées.

À lire !

Structurite — Il y a cinquante ans que le Québec souffre de structurite aigüe. En santé, en éducation, en développement économique, on fait des structures. On les défait. Puis on les refait… Et on croit tout régler.

Pendant ce temps, la population souffre.

Ça sert qui ? Les politiciens et les bureaucrates.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon  alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecdu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Politique et arrière-cour… par Alain Gagnon…

12 novembre 2016

Actuelles et inactuelles

Remèdes et politique — Il existe des remèdes trop forts. Théoriquement, ilschat qui louche maykan alain gagnon francophonie pourraient guérir une affection ; toutefois, l’état général du patient fait qu’il en mourrait. On s’abstient alors de les administrer. On attend que l’organisme soit en meilleure condition ou on offre un médicament de rechange.

De même en politique ? Certaines vérités ne sont pas bonnes à dire ? Elles traumatiseraient le corps social et causeraient plus de tort que le mal à dénoncer et guérir ? On les tait ; on se les confie sous le manteau ou autour d’une table entre esprits libres, mais faillibles — et timorés peut-être.

L’œil du poète — Dans mon enfance et mon adolescence, je chassais. En compagnie d’adultes, dont mon oncle Wilfrid. Lorsqu’on approchait d’un étang où reposaient pilets et sarcelles, ce dernier disait : « Ne les regardez pas droit dans les yeux. Regardez-les du coin de l’œil. Autrement, ils vont sentir qu’on est là. Ils vont se sauver. »   Il fallait donc regarder de biais. Ne pas les fixer.

Les poètes et les peintres regardent comme ça. Sans scruter. À la dérobée. Pour ne pas effrayer le sujet — ou l’inspiration. Pour en dire davantage sur les contours et les alentours.

Cour arrière — Toute une faune pour quelques dollars. Deux mangeoires, des alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecgraines diverses, et de tournesol, quelques arachides quotidiennes.

Les geais, surtout. Les plus bruyants – et de loin ! Qui non seulement piaillent et superposent leur bleu à celui du ciel, mais de plus exigent au petit matin que nous sortions dans le froid pour les nourrir, polissons.

Et ces mésanges, discrètes filles au bandeau noir. Elles se posent en silence, choisissent et retournent au bosquet où, on me dit, elles emmagasinent.

Toutes ces vies, ces joies animées qui nous côtoient et dont nous ignorons tout. Sauf ce qu’en disent les manuels.

L’auteur

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, québecdu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet).  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

 


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