G-20, temps et poésie, par Alain Gagnon…

16 juin 2017

Actuelles et inactuelles…

Post-attentats de Paris — Voici ce que j’aurais dit à Justin Trudeau et à Stéphane Dion si j’avais été en Turquiechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec pour le G-20 :
— Lorsque le feu est dans la friteuse, ce n’est pas le moment rassembler un conseil de famille, ni de penser à organiser une formation pour les pompiers : on l’éteint !
Le Canada est devenu un long navire qui dérive sans capitaine.

*

Je voudrais mes poèmes espace. Immuables, hors du temps. Le temps est un legs du dix-neuvième siècle. Taylor, Hegel, Darwin, Marx : chaîne de montage, histoire sacralisée, évolutionnisme, matérialisme dialectique… Ce siècle est le siècle du temps. Cet intrus nécessaire à l’imperfection.

*

La poésie, c’est quoi ?
— Traverser une ville, une fin d’après-midi d’octobre, alors qu’aux fenêtres s’allument les lumières.
— Les septembres chauds des classes à cahiers mauves et les soirs hâtifs aux lunes montantes des équinoxes.
— Ces barges aux fous pavillons verts qui glissent sur le fleuve en une nuit de novembre.
— Ces chiens qui aboient aux nuits lentes et pivelées d’étoiles.
— Boire sa colère aux membres difformes et aux crânes rasés des enfants croisés de rouge.
— Ces fenêtres sombres : yeux ensommeillés des maisons endormies.

*

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecNous sommes la première société où, par les jeux statistiques des sciences sociales, l’humain idéal est l’humain moyen, évalué par des courbes normales et encensé par le discours public. S’en dégagent le culte de la prévention et un jeu de cache-cache avec l’inéluctable mortalité : boire peu, manger peu, courir, faire de l’exercice, assurer sa retraite, ses vieux jours, comme s’ils devaient s’étirer éternellement. Tout cela sous le sourire niveleur de la liturgie publicitaire. Sans exigences lourdes, nous vous conduirons au bonheur.
Je n’écris pas pour ces gens. Je n’écris ni pour les pauvres ni pour les riches. Mes poèmes demandent un effort — mot honni ! J’écris pour ceux ou celles qui ont le désir et le courage d’explorer ces marges chatoyantes où univers et conscience se rencontrent, se testent, s’apprennent, s’étudient, s’éprennent et s’étreignent parfois.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


Bris de réputation et fragments de Julie Turconi, par Alain Gagnon…

1 juin 2017

Actuelles et inactuelles

Bris de réputation planétaire… — Chaque nation se présente à ses voisins principalement par ses nouvelles télévisées où s’entassent les faits divers spectaculaires (du moins dans leur traitement) et majoritairement négatifs : vols, viols, assassinats, incendies, répressions et bavures policières, scandales politiques, collusions, émeutes, corruptions… Sans parler des catastrophes naturelles : tornades, feux de forêt, raz de marée, ouragans, tremblements de terre, tsunamis… Le sédentaire qui n’a jamais franchi les frontières de son pays se forme ainsi une bien bizarre et bien fausse image des États qui avoisinent le sien ou partagent la planète avec lui.

Peurs et dérision — Nous sommes des singes apeurés, perdus dans le monde des phénomènes. Privés de sens, nous nous réfugions dans l’ironie amère et la dérision, et transformons ainsi la beauté du monde en grisaille.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecFragments — J’aime les fragments, les souvenirs, les correspondances et les journaux spontanés des écrivains ; ils s’y montrent plus à nu que dans une fiction, où ils se camouflent entre personnages et péripéties.
Je suis à lire Les petits riens de Julie Turconi. Une série de tableaux bien brossés de sa vie quotidienne montréalaise. Météo, saisons, promenades dans les parcs, faunes et flores urbaines… tout y passe dans un style qui coule comme une eau libre. Contenu paisiblement amené, mais lourd de non-dit. Une force tranquille, mais efficace.
Je vous le recommande si vous aimez les conversations murmurées, les confidences où l’essentiel se révèle avec discrétion.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Escobar et Djemila Benhabid, par Alain Gagnon

21 mai 2017

Actuelles et inactuelles

 

Notes de lecture — Le testament de Pablo Escobar. Le journaliste Jean-François Fogel a rédigé une instructive biographie du baron de la drogue sur laquelle je reviendrai. J’y ai noté, entre autres, cette saillie colombienne que je vous donne :
Les Libéraux boivent en public et prient en privé, tandis que les conservateurs prient en public et boivent en privé.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecEt cet autre ouvrage : Comme je parle, une autobiographie d’Aldo Sterone, un jeune Algérien qui a fui la montée de l’islamisme radical dans son pays et qui est effaré de la situation qu’il découvre en Europe, plus précisément en France. Je lui laisse la parole :

L’islamophilie des Occidentaux frise l’addiction. Dans leurs propres pays, ils ont installé suffisamment de populations musulmanes pour créer des enclaves qui vivent en parallèle. Que sortiront-ils dans vingt ans encore ? Peut-être des califats autonomes à la tête de ces zones.
[…]
Quand je vois en France une chanteuse de rap porter le voile et venir en parler dans une chaine nationale, je ne peux m’empêcher de penser que cette société suit un chemin que nous avons déjà parcouru. L’actualité française me rappelle trop une catastrophe que j’ai vue venir au ralenti mais je ne pouvais rien faire pour l’éviter. L’Algérie a peut-être servi de laboratoire à un scénario capable de mettre n’importe lequel pays à feu et à sang.

Peut-être devrions-nous écouter plus attentivement ceux etalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec celles qui, comme Mesdames Fatima Houda-Pépin et Djemila Benhabid, nous mettent en garde contre l’extrémisme islamiste. Toutefois, il faut nous méfier des amalgames hâtifs : les fidèles de l’islam ne sont pas tous des talibans ou des tenants de l’EI, de même que les Allemands n’étaient pas tous nazis ni les Russes tous staliniens.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Marie Brazeau, télégrammes et Serge Bouchard, par Alain Gagnon

18 mai 2017

Actuelles et inactuellesalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Marie Brazeau, cabaretière. — Un extrait qui devrait fasciner les passionnés d’histoire, surtout ceux qui privilégient celle de la Nouvelle-France. Serge Bouchard nous captive avec la vie mouvementée, peu commune de Marie Brazeau, tenancière de cabaret dans le Montréal des 17e et 18e siècles.

Voici ce qu’il en dit en p. 4 couverture :

« Licencieuse et déshonnête, disait-on. Une cabaretière, une femme de pendu, imaginez ! regardez les registres d’audience de la ville de Montréal ! voyez combien de fois elle a paru, comparu, voyez vous-mêmes ! Ah ! la belle, la très forte Marie Brazeau. Quel bagout, quelle allure ! voici une battante qui ne s’avoua jamais battue. Laissez dire. Elle traversera bien l’Histoire. » (Serge Bouchard, Marie Brazeau, la tournée de la patronne, in Elles ont fait l’Amérique, LUX.)
Le style vif de Bouchard nous la rend très présente et nous fait voir les mœurs du temps.

À lire !

PS : On trouve cet opuscule en fichier électronique, à très bon prix, sur Amazon.

Les télégrammes. — Le téléphone tinte dans la nuit. La maisonnée se lève. On s’assemble autour de l’appareil. La tension est forte. Mon grand-père décroche et fait « O… Un télégramme. » Pendant que l’employé du Canadien National lit le texte haché, tronqué de stops, son visage se rembrunit. « C’est Amélie… », chuchote-t-il en raccrochant. « Elle est passée ! » gémit ma grand-mère.

Tous vont s’asseoir au salon. Les visages sont tristes. Des larmes coulent.

Les plus jeunes se demanderont de quoi je parle. Je parle d’un mode de communication oublié, dépassé : le télégramme. Il s’agissait de messages que l’on émettait et recevait par l’entremise du code Morse. On l’utilisait habituellement pour de mauvaises nouvelles. D’où l’angoisse qu’il provoquait, surtout de nuit. Les bonnes nouvelles (naissances, épousailles…), ça pouvait attendre. On s’écrivait. Quant au téléphone, ce n’est pas tout le monde qui y était branché.

Encore aujourd’hui, je ne peux entendre ou lire ce mot « télégramme » sans ressentir un pincement au plexus solaire.

Liberté de mouvement. — Souvent dans une journée, nous n’allons pas beaucoup plus loin qu’un prisonnier le ferait dans son établissement carcéral ; nous nous déplaçons peut-être moins que lui. Où est la différence entre lui et nous ?
Nous n’en sommes pas toujours conscients. Pourtant, elle est énorme. Si nous avons envie de changer de lieu, dans les mesures du raisonnable, nous pouvons le faire. Nous ressentirions profondément l’importance de cette liberté si nous étions privés. Un peu comme la faim. Repus, nous n’y songeons pas, ou peu.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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P-dg en bazou et Nerval, par Alain Gagnon…

16 mai 2017

Actuelles et inactuelles

 

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Comédie organisationnelle — Un P-dg vient travailler en bazou, pour faire peuple. L’intention est peut-être bonne, mais tout le monde sait que derrière son chez-soi… Et ces grands-messes d’entreprise, où on se répète : chez nous, les ressources humaines sont la priorité, chaque employé est essentiel, irremplaçable. Ben non ! Attendez jusqu’à la prochaine récession. De plus, tout le monde le sait : si un tel part, l’organisation pourrait se retrouver en difficulté, alors que le départ d’un autre passera inaperçu, quand il ne soulage pas.
On tente de camoufler les rapports d’autorité, les rapports hiérarchiques, qui pourtant sont tout le contraire des rapports de servitude.

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecUtilité de la littérature — Entre autres, la littérature aide à comprendre que tu vis parce ce que d’autres l’ont vécu – fussent-ils des personnages de fiction.
C’est déjà beaucoup.
Ce cri de désespoir de Gérard de Nerval dans Les chimères, qui nous renvoie à nos propres doutes métaphysiques et aux angoisses qu’ils soulèvent parfois :

En cherchant l’œil de Dieu, je n’ai vu qu’une orbite,
Vaste, noire et sans fond,
d’où la nuit qui l’habite
Rayonne sur le monde et s’épaissit toujours ;

Ce même Nerval qui, solitaire dans son logis, rue de la Vieille-Lanterne, écrivait dans une lettre à sa tante Labrunie, dans les heures qui précédèrent son suicide – le 26 janvier 1856 :

Ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche.

Toujours sur la littérature (celle moins utile, peut-être…), cette foucade d’Alexandre Labzine dans René Guénon, Vie et œuvres :

Trop d’écrivains pris de spasmes névrotiques crurent réinventer un langage inspiré parce qu’ils étaient incapables de savoir encore ce que penser veut dire.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (MBNE) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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Un peuple se suicide…, par Alain Gagnon…

29 mars 2017

Actuelles et inactuelles…chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec

Une amie m’écrivait hier pour me confier que, cette année, elle hésitait à ajouter les termes Joyeux Noël à ses vœux électroniques et postaux. Question de respect des autres…

Je ne vous rapporte pas textuellement ce que je lui ai répondu : je m’efforce de conserver un ton poli à ce blogue.

Mais en substance : au Québec, beaucoup croient que, respecter l’autre, c’est se nier. Au contraire, le respect et l’affirmation de soi sont des prérequis au respect véritable des autres — non ce respect soumis qu’on accorde par mollesse et couardise.
Si j’invite quelqu’un chez moi, je respecterai les règles de l’hospitalité. Je ne lui offrirai pas d’aliments ou de boissons qui vont à l’encontre de ses croyances ou de sa santé. Par contre, en ce qui me concerne, j’ai bien l’intention de boire et de manger selon ma nature, sans me priver, sans rien cacher.

Ce peuple québécois inquiète. Il ne veut plus vivre. Il cède à tous et à tout.  Il ne se reproduit plus. Culturellement, il jette tout par-dessus bord, avant même que les nouveaux arrivants, souvent étonnés, n’aient formulé d’exigences à ce sujet. Pourquoi ? Tous les peuples ont besoin d’une mythologie qui assure leur cohésion et la nôtre, judéo-chrétienne – prononcez le mot avec dédain –, vaut bien celles de beaucoup d’autres pour expliquer ce qui échappe à la raison.  Nous ne sommes peut-être plus majoritairement pratiquants, mais ce fondement demeure la base de nos valeurs individuelles et collectives.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecQuelqu’un me disait : — Ah ! C’est l’effet de la Conquête britannique !
Nous n’avons jamais été conquis. Des puissances européennes impérialistes se menaient une guerre. Nous avons connu ici des batailles perdues ou gagnées. À la fin, il y a eu traité, et nos premiers maîtres nous ont échangés. Nous sommes alors passés d’une couronne à l’autre. Déjà, hormis la langue, nous étions peu Français.
Nous avons survécu comme entité ethnique en faisant des enfants d’abondance et en nous accrochant aux traditions. Puis, nous avons connu des instants de progressisme fier – la Révolution dite tranquille : que s’est-il passé depuis pour que nous ayons maintenant peur de ce que nous sommes et honteux de qui constitue notre réalité intime ?

Ce peuple se suicide. Et se complaît dans les puérilités du genre : « C’est la faute de… »

L’auteur…

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La vie est dangereuse avec de débiles capitaines, par Alain Gagnon…

15 mars 2017

Actuelles et inactuelles

La vie est dangereuse.

On parle d’interdire la cigarette dans les parcs.  J’en suis convaincu, on donnera de bonnes raisons pour cettechat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec mesure, comme pour toutes les autres qui nous infantilisent, nous déresponsabilisent.

Ça coûte cher, dans leur vieil âge, les fumeurs, en soins de toutes sortes.  Ceux qui, chaque jour, s’empiffrent de gras trans dans les fast-foods aussi.  Tout comme ceux qui pratiquent des sports à risques, comme le hockey, l’alpinisme…  Il faut parfois traiter leurs blessures, aller les secourir à grands frais.  « Légiférons ! Défendons ! » s’écrieront les amoureux du totalitarisme soft, du gouvernemaman.  Pendant ce temps, nos droits individuels se rétrécissent.  Nous devenons de plus en plus des gouvernés et de moins en moins des citoyens libres.

Société de no fault !

La vie est dangereuse.  Refuser cette réalité, c’est en refuser la saveur.

*

La fréquentation de l’histoire et des actualités médiatiques m’a appris plusieurs choses, dont l’une :  on nous crée des amis ou des ennemis selon l’intérêt des puissants du moment.  Observez la presse, électronique ou papier.  Les masques des chefs d’État étrangers s’y modifient selon les intérêts de notre politique étrangère ou celle de nos puissants alliés.  Pensez à Kadhafi, à Saddam Hussein, aux dirigeants iraniens, au président Bachar El-Assad de Syrie…  Les reflets qu’on nous a donnés (et donne) de ces hommes de pouvoir dépendent de leur utilité ou du rôle qu’on veut leur faire jouer sur l’échiquier où s’affrontent les ambitions des groupes plus ou moins occultes qui nous gouvernent.

*

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecNotre système d’éducation n’a plus de gouvernail.  Les débiles capitaines qui y défilent comme ministres de l’Éducation n’y jouent pas grand rôle.  C’est notre civilisation qui se déboussole.

On a remplacé le principe qui conférait une valeur intrinsèque à la connaissance par des objectifs à court terme, d’un utilitarisme réducteur et accrocheur :  « Ton premier job ; ton premier char ; tes vêtements griffés… »  Et la gymnastique intellectuelle qu’imposent à l’esprit les matières ardues, mais garantes d’une pensée libre et bien huilée ?  « De quoi vous parlez, vous, là ? »

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon chat qui louche maykan alain gagnondu Livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998).  Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013).  Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011).  En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010).  Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet) ; récemment il publiait un essai, Fantômes d’étoiles, chez ce même éditeur .  On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL.  De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue.  Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

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