Robinson Crusoé : Abécédaire, par Alain Gagnon…

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir…

RobinsonRobinson Crusoé : publié en 1711, et encore si actuel.  Robinson a survécu à la tempête et à tous ses compagnons.  Il regarde l’épave de son navire et ilchat qui louche maykan alain gagnon francophonie se fait la réflexion suivante : « Pas le temps de rester les bras croisés ».  Il lui fallait se mettre au travail.  Obsession de survivre, malgré l’espoir très incertain d’apercevoir un jour une voile à l’horizon.

Autre fait digne d’intérêt : il est le troisième des fils et il porte comme prénom le nom de famille de sa mère, Robinson.  Il est donc, par génétique et par dossier d’état civil, plus de sa mère qu’on le serait habituellement ?  Mariage, à l’intérieur du même être et dans cette vie, de l’anima et de l’animus jungiens ?  Du féminin et du masculin ?  Du yin et du yang ?  Defoe a-t-il opté consciemment pour ces noms juxtaposés qui nous ramènent aux noces alchimiques du Soleil et de la Lune ?  En plus de ses nombreux et admirables romans, Defoe rédigeait des pamphlets politiques qui lui valurent des inimitiés féroces – son poste de secrétaire de Guillaume III ne l’en protégeait pas.  Il était aussi armateur et tuileur.  Aurait-il appartenu à quelque confrérie initiatique ?  De là l’explication du nom androgyne de son héros ?  Ou était-ce la coutume en Angleterre, à l’époque, d’utiliser le nom de famille de la mère comme prénom d’un des fils ?  Mais pourquoi, alors, ne pas l’avoir fait pour l’un des deux premiers ?

chat qui louche maykan alain gagnon francophonie Toute sa littérature, toute son industrieuse activité et l’intimité du prince n’empêcheront pas Defoe de mourir dans la dèche.  Après nous avoir laissé, toutefois, un personnage que même les plus incultes reconnaissent.

Si on lit attentivement   – ce qui n’est pas facile dans un roman si bien structuré, qui emporte –   on note que Robinson est particulièrement bien adapté à la vie en société.  Il n’y a que la Nature, sous sa forme aqueuse, qui lui cause des soucis, et encore.  À Hull, après sa fuite de York et du toit paternel, il rencontre un capitaine qui se prend d’amitié pour lui et l’initie au négoce.  Puis, ce sera un corsaire turc, dont il est à la fois l’esclave et l’ami.  Puis, le Brésil, où, malgré l’exiguïté de sa plantation, il réussit et conquiert l’amitié et la confiance des autres planteurs.  On lui confiera l’achat de Nègres en contrebande – c’est d’ailleurs au cours de cette mission qu’une tempête l’échouera sur son île, quelque part entre le Venezuela et le Golfe du Mexique.  Robinson n’hésite pas à tuer, mais il ne le ferait pas inutilement.  Sa solidité psychique, sa résistance à des conditions plus que pénibles, son adaptabilité et cette confiance qu’il inspire spontanément à ses semblables, résulteraient-elles de cet équilibre du masculin et du féminin en lui ?  – équilibre dont son nom ne serait que l’expression sensible ?

Comment Defoe a-t-il vécu sa sexualité ?  Je l’ignore.  Quant à Robinson, il n’en manifeste tout simplement aucune.  Sauf sa chat qui louche maykan alain gagnon francophonie mère, aucune femme dans sa vie.  Ni aucun souvenir, ni aucun fantasme.  Annoncé du moins…  Lorsqu’il a fui les Maures, sur sa barque, il y avait un jeune garçon : Xuri.  J’ignore ce que signifie ce nom en langues ou dialectes arabiques.  Mais, par contre, je connais l’étymologie du mot vendredi.  En français, tous le savent, c’est le jour de Vénus.  En anglais, Friday signifie jour de Freyja, une divinité nordique, épouse du dieu Odin et déesse de l’amour, des voluptés de la chair.  Une Aphrodite ou une Vénus à fourrures et à rires de Viking.  Est-ce par simple coïncidence que Defoe a nommé le compagnon du naufragé solitaire Friday ?  Inconsciemment ou consciemment se laissait-il inspirer par ses propres fantasmes ?  Nous ne le saurons probablement jamais.

Mais retournons à l’Île…

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