En flânant dans une usine désaffectée… par Alain Gagnon…

Lieux de beauté

Lorsque j’intervenais en milieux industriels, je perdais du temps à vagabonder dans les aires de travail, à admirer les machineries, tuyautages, courroies, engrenages… de toutalain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec genre. Non pour en apprécier l’efficacité technique, je suis d’une nullité sous zéro en mécanique. Leurs formes allongées, rondes, pleines, dures, rugissantes me fascinaient. Leurs beautés étranges, sauvages me séduisaient. Se pourrait-il que la recherche impérieuse de l’efficacité, du rendement, de la fonctionnalité s’approche du Beau, tende à rejoindre les critères de la Beauté ? Que l’esthétique se nourrisse de tout ce qui tend vers une perfection ?

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecIl y a quelques jours j’errais dans une usine désaffectée, une ancienne pulperie. Les machines y sont aujourd’hui silencieuses, immobiles. Dans leur silence même, elles me parlent encore du Beau. Ces roues de métal, ces engrenages interrogent autrement, parlent autrement qu’au temps de leur utilité ; ils parlent de formes, d’absolu à révéler, d’une dimension en bordure de laquelle notre esprit tournaille constamment, de la naissance à la mort.

L’auteur…

Auteur prolifique, Alain Gagnon a remporté à deux reprises le Prix fiction roman du Salon du Livre du Saguenay–agLac-Saint-Jean pour Sud (Pleine Lune, 1996) et Thomas K (Pleine Lune, 1998). Quatre de ses ouvrages en prose sont ensuite parus chez Triptyque : Lélie ou la vie horizontale (2003), Jakob, fils de Jakob (2004),Le truc de l’oncle Henry (2006) et Les Dames de l’Estuaire (2013). Il a reçu à quatre reprises le Prix poésie du même salon pour Ces oiseaux de mémoire (Le Loup de Gouttière, 2003), L’espace de la musique (Triptyque, 2005), Les versets du pluriel (Triptyque, 2008) et Chants d’août (Triptyque, 2011). En octobre 2011, on lui décernera le Prix littéraire Intérêt général pour son essai, Propos pour Jacob (La Grenouille Bleue, 2010). Il a aussi publié quelques ouvrages du genre fantastique, dont Kassauan, Chronique d’Euxémie et Cornes (Éd. du CRAM), et Le bal des dieux (Marcel Broquet). On compte également plusieurs parutions chez Lanctôt Éditeur (Michel Brûlé), Pierre Tisseyre et JCL. De novembre 2008 à décembre 2009, il a joué le rôle d’éditeur associé à la Grenouille bleue. Il gère aujourd’hui un blogue qui est devenu un véritable magazine littéraire : Le Chat Qui Louche 1 et 2 (https://maykan.wordpress.com/).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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9 Responses to En flânant dans une usine désaffectée… par Alain Gagnon…

  1. Dominique B. dit :

    Bonjour Alain,

    Au nord du Maroc, j’ai visité il y a longtemps une ancienne « baleinerie. » Je me souviens que j’avais été très impressionnée pour ne pas dire médusée par l’immobilité des machines, hélas, rouillées. Ces machines symbolisaient la marque du temps qui s’arrête, d’une époque qui s’est immobilisée pour toujours. Je comprends tellement votre fascination pour cette usine désaffectée. Et c’est vrai qu’il y a du Beau dans cet arrêt du temps, dans le figement des personnages qui ne sont plus. Marcel Proust aurait certainement aimé…

    Je me convainc que j’aime la pluie en plein été !

    Dominique

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    • Alain Gagnon dit :

      Chère Dominique,

      Il y a l’arrêt du temps, mais aussi la perfection vers laquelle tendent ces formes pourtant conçues pour l’utilitaire.

      La pluie a ses charmes : verre de vodka, cerises et Bach…

      Bonne journée,

      Alain

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  2. Jean-Marc Ouellet dit :

    N’est-ce pas un peu ça l’Harmonie? La beauté dans le simple, et le simple dans le beau.

    Quant à moi, la pluie, je la regarde de mon bloc opératoire.

    Bonne journée.

    Jean-Marc O.

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  3. Dominique B. dit :

    Alain,

    La beauté est aussi dans la manière de boire une vodka, je veux dire dans le geste. Des gestes sont tellement violents ou vulgaires. D’autres touchants par leur maladresse… Et tant d’autres encore qu’ils inspireraient un texte..

    Je viens d’envoyer un mot à Désirée S., à suivre…

    La pluie tiède sur le sol stable, quoi de mieux ?

    D.

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  4. Dominique B. dit :

    on m’a souvent dit que j’avais une écriture poétique mais je suis incapable d’écrire un poème. Il me semble que je me sentirai corsetée dans cette forme d’écriture… Pour moi, écrire un poème ne me serait pas naturel.

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  5. Dominique B. dit :

    … sauf que je ne le sais pas.

    Dominique

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