Chronique urbaine par Jean-François Tremblay…

Castle, la Californie, et les gangs de rue…

Dans mon dernier texte pour Le Chat Qui Louche, je vous parlais de la télésérie américaine Castle.  Laissez-moi y revenir quelques instants.

Comme je l’ai mentionné précédemment,  le personnage principal, Richard Castle (interprété par Nathan Fillion) est un auteur à succès.  Il

Kate Beckett

accompagne la détective Kate Beckett dans ses enquêtes dans le but de s’en inspirer pour une nouvelle série de romans ayant comme personnage central « Nikki Heat » (ou Nikki Hard si vous regardez la série en français).

Et bien, la station ABC et les producteurs de la série ont mis en marché les romans de Richard Castle, sous la bannière Hyperion.  Bien qu’il ne s’agisse que de vulgaires produits dérivés, le résultat est intéressant, pour tout amateur de la série télévisée.

Les romans ont été écrits par un « ghost writer » qui demeure non identifié (du moins, aux dernières nouvelles).  Probablement un auteur de la série, mais on l’ignore pour l’instant.

Ce n’est pas de la grande littérature (j’ai lu le premier, « Heat Wave », au cours des derniers jours), mais c’est amusant.  Ça se lit comme un épisode de la série, avec un meurtre que Nikki Heat et le journaliste Jameson Rook (le personnage basé sur Richard Castle) doivent résoudre.

Le produit est très réaliste.  On retrouve au dos des livres la photo de Richard Castle (qui est bien sûr celle de Nathan Fillion) ainsi qu’une courte biographie de l’auteur.

À lire si vous aimez Castle.  Je ne le conseillerais pas, par contre, à quiconque ne suit pas la série.  Ce ne sont pas – le premier livre du moins – de très bons romans.  C’est divertissant, ça se lit vite, mais sans plus.  C’est du « junk food » littéraire.

À noter que le deuxième roman, « Naked Heat » est dans les librairies (je vais le lire bientôt), et que le troisième, « Heat Rises », s’en vient cet automne.

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Le 14 avril dernier, je prenais l’avion pour la première fois de ma vie.

Également pour la première fois ce jour-là, je mettais les pieds hors de mon pays.  À 34 ans.

Je quittais pour quatre jours en Californie avec l’équipe de Sorstu.ca, dans le but de couvrir le festival de musique Coachella, dans la vallée du même nom, à quelques heures de route de Los Angeles.

Ce fut un voyage exceptionnel, dont je garde de magnifiques souvenirs.

Coachella est l’un des (sinon LE) plus gros festivals de musique en Amérique du Nord.  Près de 150 artistes et groupes y jouaient, sur 6 scènes différentes, pendant trois jours.  Arcade Fire, les Black Keys, Kanye West, Duran Duran et plusieurs autres s’y sont produits.

Ce fut une expérience incroyablement amusante que je vais tenter de répéter dès que possible, avec ma copine cette fois-ci…

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Le matin de mon départ, vers 5 h, je me suis rendu (à pied) chez un ami, qui demeure à 20 minutes (à pied) de chez moi, pour, de chez lui, appeler un taxi et se rendre ensemble à l’aéroport.

Lorsque j’expliquai ceci à une personne de mon entourage, au téléphone, la veille, cette même personne (que je n’identifierai pas) me répondit : « Tu vas marcher 20 minutes à pied à 5 h du matin ?   T’as pas peur des gangs de rue? »

Cette personne, qui demeure en région, m’a beaucoup surpris avec son commentaire.  Ma première réaction devant cette question fut : « Euh… non. »

À vrai dire, ça ne m’avait jamais effleuré l’esprit.  Après quatre ans passés à Montréal, la dernière chose à laquelle je pense c’est bien aux gangs de rue…

Traitez-moi de naïf, mais je tombe encore sur le derrière quand quelqu’un me fait un commentaire dans le genre.

Cette semaine, j’expliquais à quelqu’un de la Rive-Sud de Montréal le fonctionnement des Bixis.  Je lui disais que l’un des avantages était de ne pas avoir à verrouiller son propre vélo et risquer de se le faire briser.  Il me répondit : « Ah oui, moi je ne barrerais pas mon vélo à Montréal, d’un coup que les gangs de rue arrivent avec un char et te le scrappent ! »

Mon commentaire faisait référence à de simples malfaisants, mais voilà encore les gangs de rue qui se pointent dans la conversation.

Dites-moi, gens des régions et de la banlieue de Montréal, c’est quoi cette obsession pour les gangs de rue?  Sérieux, je ne comprends pas.

Êtes-vous si influençables que vous croyez réellement tout ce que Mongrain, Poirier et les autres clowns de LCN peuvent débiter à longueur de journée?  Croyez-vous réellement qu’il n’y a pas de criminalité dans votre municipalité, et que Montréal est si invivable?

Après quatre ans au cœur de la ville (dans le quartier Rosemont-Petite-Patrie), je ne cesse de m’étonner de la vivacité des gens, de leur ouverture d’esprit, de leur forme physique, de tous ces parcs où je peux aller prendre l’air, de cette effervescence culturelle, de tout ce qu’il y a de merveilleux autour de moi.  Je demeure à quelques pas du marché Jean-Talon, du métro, de la bibliothèque municipale, de plusieurs parcs, de pistes cyclables, etc.

Je demeure au cœur d’une ville qui respire la vie.

Non, marcher à 5 h du matin ne m’a jamais fait peur, surtout pas à Montréal, l’une des villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord.

Alors, de grâce, trouvez de meilleurs arguments pour nourrir vos craintes face à la ville.

Notice biographique

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Dès un très jeune âge, il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite la métropole depuis 2007.

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3 Responses to Chronique urbaine par Jean-François Tremblay…

  1. Jean-Marc Ouellet dit :

    Merci, monsieur Tremblay pour cette excellente chronique. Je ne connaissais pas ce festival. J’imagine qu’il a toujours cours durant la même période de l’année? Qui sait, dans un prochain voyage en Californie.

    Tout autant que vous, je suis surpris de cette croyance qu’il existe un gang de rue à tous les coins de rue de Montréal. Peut-être que les gens qui colportent ces rumeurs devraient quitter leur douillet foyer et aller voir la réalité des grandes villes. C’est certain qu’il existe des quartiers moins recommandables dans toutes les métropoles, mais je me suis promené à des heures tardives dans bien des avenues citadines canadiennes et américaines sans que je me fasse agressé. Je suis peut-être veinard. C’est sûr que si tu te promènes à 3 hres A.M. dans une ruelle du bronx à New-York, ou de Saint-Sauveur, à Québec, tu augmentes tes chances de rencontres inopportunes. Mais je pense, que le plus souvent, les guerres de gangs ne concernent que les membres des gangs, sinon, combien d’honnêtes citoyens agressés chaque nuit entendrions-nous parler aux nouvelles chaque matin.

    Bonne journée.

    Jean-Marc O.

    J’aime

  2. pierre patenaude dit :

    Bonjour,
    Pour répondre au sujet des gangs de rues, je crois bien que les préjugés (toujours sur le dos des jeunes) continuent de rouler sur le chemin des automatismes. Octave Mirbeau (Journal d’une femme de chambre, 185?) écrivait qu’il n’y avait rien a faire avec les jeunes d’aujourd’hui. Ils ne savent rien, c’est normal, leur maîtres ne savent rien aussi, écrit-il.
    Je reste en campagne dans le bout d’un rang. Y’a des chalets qui se font dévaliser de temps en temps. Moins qu’hier, plus que demain. Je ne barre même pas ma porte et laisse traîner ma tondeuse, ma bicyclette, mon chasse-neige, ma pelle, ma brouette. Y’a deux ans on m’a volé ma brouette (barwouette). C’était la journée des grosses vidanges. Je l’ai laissée sur le bord de la route remplie de cochonneries pour que le camion ramasse le contenu mais pas le contenant. Mystère et boule de gomme. Je venais de terminer ce 36 versements. J’ai cru à un tour. Je ne saurai jamais qui a fait le coup: le camionneur, un ami, un voleur, un passant…
    Bonne journée !
    pp qui est en tabarwouette.

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  3. Sparadra dit :

    Je tombe par hasard sur votre page. Grande amatrice de la série Castle, j’ai jusqu’à maintenant toujours manifesté une certaine réticence à lire les deux livres mettant en scène le personnage de Nikki Heat. D’une part parce que, comme vous le soulignez, il s’agit de produits dérivés et, d’autre part, parce que je craignais une trop mauvaise qualité d’écriture. En lisant votre chronique, je me demande si je ne vais finalement pas changer d’avis… Après tout, il s’agit de fiction dans la fiction, et comme vous le dites les deux opus ont probablement été écrits par un (ou plusieurs) scénariste(s) de la série qui font après tout un travail remarquable avec Castle. Même si je ne m’attends évidemment pas à de la grande littérature, j’y trouverai peut-être l’humour et le second degré que j’aime tant dans la série.

    Une autre chose attire mon attention : en français, Nikki Heat a été remplacé par Nikki Hard ? Mais quelle horreur ! Etant traductrice de profession, et alors que je conçois parfaitement bien que certaines choses doivent être « retranscrites » (à défaut de pouvoir être traduites) pour le grand public francophone, ce « jusqu’auboutisme » me choque réellement. Je n’ai jamais regardé la série en français mais de là à changer carrément le nom d’un personnage, c’est sacrément gonflé. Le fait de conserver le mot « Heat » complique certes les jeux de mots dans la version française, mais c’est le rôle des traducteurs de trouver une parade. L’humour est difficilement traduisible d’une langue à l’autre, je l’admets, mais « détruire » littéralement un nom de famille me rend perplexe, autant en tant que traductrice qu’en fan de Castle. Beurk ! ;-)

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