Sous la pluie, un texte de Luc Lavoie…

Sous la pluie…

La pluie tombait. Drue. Les larmes d’un ciel triste et sombre s’abattaient sur les paysages. Un ciel peint d’unchat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec interminable gris. Gris comme un Polonais. Un Polonais en costard assis au fond d’une ruelle. L’homme noyé. Une bouteille de vodka Wyborowa entre les doigts. Incapable d’affronter la tempête. Recroquevillé sur lui-même. Submergé par le chagrin…
Les milliards de gouttelettes s’éclataient en un fracas étourdissant sur les toitures et sur le bitume. De l’autre côté de la rue. C’était à la fin juillet. L’âge d’or de l’été. Où la saison donne du fruit. Les arbres aux feuillages fournis en pleuraient déjà. Tout allait si vite. Mes yeux suivaient la route sinueuse de l’eau au sol. Ruissellement, chargé d’alluvions humaines et de détritus naturels, qui emportait avec lui les pires saletés de la vie. Méandres menant vers des caniveaux obscurs. Dans de sombres endroits. Là d’où on ne revenait jamais. Là où les étoiles ne brillaient plus.
Je revoyais mes jours d’antan. Quelques éclairs de lumière qui s’étaient écoulés sans que j’accepte de les saisir. Sans que je tente de les retenir. Endigués par mes sanglots. À l’intérieur de la cage de mes malheurs passés. Puis les écluses formées par les fatalités de mon destin avaient fini par se rompre. Ces malchances, ces calamités, s’étaient déversées tel un torrent. Souvent dévastateur pour moi et pour ceux qui m’entouraient. Le sort en avait décidé pour moi. Pourtant, il n’en aurait tenu qu’à ma détermination pour en décider autrement. Mais peut-être était-ce écrit dans le ciel ? De toute façon, mon étoile en avait souvent appelé à ma sollicitude. À ma vigilance. Je le réalisais aujourd’hui avec une certaine amertume. Mais j’avais failli. J’avais abdiqué. Par lâcheté, sans doute. Je n’avais pas compris alors que ma destinée me tendait la main. Le temps d’un instant, pour que je la suive au moins un moment. Pour les minutes de ma pauvre existence. Du moins, jusqu’à la croisée des chemins. Mais j’avais eu peur. Cette satanée frousse de l’inconnu. Jusqu’au moment où je me serais libéré du corps lourd qui me sied si mal et que j’avais peine à soutenir. Hélas ! Je m’étais laissé emporter par le temps, charrié par son tumulte au lieu de demander l’aide nécessaire. Tout le long de ses rapides, de ses remous. Baigné par son courant, je m’étais laissé aller dans l’adversité. M’étais noyé. Par pure faiblesse. Jusqu’à ce que je ne devienne plus qu’un fragment. Qu’une infime particule arriviste, sédiment dissout dans les bas-fonds de l’infini océan.
L’averse avait cessé. La terre s’était saoulée. Nous, nous étions assez semblables à la fin du compte. Un silence paisible nous enveloppait, moi et les environs. Un soleil puissant s’était glissé entre les nuées. Bienfaiteur. Je n’avais pas encore rejoint le caniveau. Heureusement. Dans les rayons, mes doigts avaient laissé tomber le flacon de vodka qui roulait sur la surface du trottoir, à quelques pas de ma personne. Mon cœur battait à tout rompre dans ma tête et cette déchirure dans ma poitrine. J’avais réalisé mon erreur. J’étais prêt à la réparer. Mais en ces lieux-ci, il était trop tard. Je me sentais quitter ce monde de pair avec les vapeurs d’éther qui se dispersaient dans le lointain. Je retournais en cette chaleur enveloppante, plus léger, vers ce ciel si bleu.
Semblable à l’eau qui se répand pour ensuite retourner à son état premier. À la fin du voyage. À l’aube du recommencement.
Je reviendrai peut-être… pareil à la pluie. S’il le faut.

 Notice biographique

Âgé de 47 ans, Luc Lavoie vit à Roberval.  Il a suivi une formation en graphisme au Collège de Rivière-du-Loup.  Il est présentement courtier enchat qui louche maykan alain gagnon alimentation. Auteur autodidacte, il écrit pour le plaisir depuis quinze ans.  Il privilégie la nouvelle fantastique, d’anticipation ou de science-fiction.

Il aime voyager à travers l’espace des mots et traverser avec eux le temps.  Il explore la page blanche – cette toile vierge de l’immensité –  comme un cosmonaute aux commandes de son clavier numérique, et qui s’est lancé, de son propre chef,  dans l’infini littéraire.

Son rêve ?  Être un jour remarqué et publié. Il prépare, à cette fin, un recueil de nouvelles.  Il envoie également des textes à des magazines spécialisés.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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