Les trésors du Chat, par Alain Gagnon…

(Le Chat a butiné, ici et là, et a amassé des fragments de tout genre qui consolent, éclairent le quotidien ou incitent à la réflexion.)

Langue et apprentissage

« (…) Ce qui m’inquiète, c’est le quasi silence sur certaines tendances déculturantes,alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec déstructurantes plus ou moins souterraines dans la vie quotidienne, dans les comportements, dans les pratiques, dans le psychisme et la conscience et jusque dans « les mots pour le dire ». D’aucuns se scandalisent de la pauvreté de la langue chez nous sans vraiment s’interroger, outre le procès de l’école et des médias, sur ce qui déstructure la langue ou l’empêche de se structurer. Derrière une langue informe, il y a un esprit, un psychisme et une conscience informes. Cette problématique est pratiquement absente des procès et débats sur la qualité de notre langue. Boileau disait : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. » Je sais bien que ce problème « se joue » dans les deux sens. Quand la langue est déstructurée, tous les autres apprentissages sont compromis ; la pensée, le cœur et la conscience ont peine à se dire. alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecS’agit-il d’expérience, on la communiquera difficilement. Nous sommes ici au fondement même de la construction de la personnalité et de son rapport aux autres et au monde. Au cours de ces débats où je faisais part de mes recherches sur la déculturation, j’étais tout de suite perçu comme un vieil humaniste dépassé, nostalgique du passé. Ce blocage de départ, souvent très émotif, témoignait d’un refus et même d’une hantise d’être soi-même mis en cause dans ce libre examen du présent. Pourtant, on admettait qu’il y avait beaucoup de désarrois intérieurs dans la population de tous âges et milieux, sans compter les nombreux problèmes reliés aux diverses crises d’identité. »

Extrait de : Jacques Grand’Maison, Quand le jugement fout le camp,  Essai sur la déculturation, Fides.

 L’auteur

 Jacques Grand’Maison (18 décembre 1931 – ) est un sociologue, théologien, prêtre et écrivain du Québec.  Natif de Saint-Jérôme, il étudie la sociologie à l’Université grégorienne, où il reçoit sa licence en 1962. Il obtient son doctorat en théologie à l’Université de Montréal en 1969.

 

 

 

 

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