L'Ultima Genova, un texte de Clémence Tombereau…

L’Ultima Genova

 

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québec

Crédit photo : A.L. ©

 

Marcher pour la dernière fois jusqu’à longtemps jusqu’à jamais peut-être dans ces ruelles rubans où les odeurs se mêlent Croiser une mouette une fresque presque presque effacée et chercher le repos dans le cœur calme et vert des palazzi secrets Dans les églises laisser les saints à l’agonie charmer tous les chalands La mer ne pas la voir mais la sentir présente dans le cri des oiseaux ou dans le souffle humide qui vient saler la peau Et le ciel surtout le ciel où les nuages ne se posent jamais longtemps voyageurs subtils sur les routes d’azur sur cette peau bleutée Le ciel toujours qui peine à glisser sa lumière sous les arches humides et dans les rues veineuses où des femmes attendent les marins de tous bords les exilés faciles Deviner les grues girafes qui espèrent la charge découpent le crépuscule de leur silhouette métal S’adosser aux murs ocres et roses dont la seule idée serait de rivaliser avec le ciel avec les rayons du soleil avec les aubes aux doigts rosés et le soir au sourire rouge

Les places ombragées ne seront pas bien tristes de ne plus me croiser et l’insolent soleil au détour d’une rue ne s’offusquera pas de m’attendre toujours Les volutes épicées du cuir ou des cuisines ne seront pas bien tristes de ne plus se jeter dans mes narines avides non rien dans cette ville ne souffrira ma perte mon départ mon absence

Je ne suis pas la mer je ne suis pas la mouette je suis une ombre errante sur les murs défraîchis entre statues marines aux muscles minéraux je suis un mouvement sur les pavés salis je suis un souffle court dans les courants marins dans les lueurs moirées de la ville rêveuse et cette iridescence se moque bien de moi je ne fais que passer je ne fais que goûter embrasser et étreindre la douce Genova
C’est la dernière fois que Gênes sous mes pieds déroule son corps de rêve et ses charmes étranges
Fini le phare fini les ondes souples qui bercent les bateaux

Voi ch’uscite lasciate ogni speranza

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge chat qui louche maykan alain gagnonDéclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai (Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.  Récemment, elle a publié Débandade (roman) aux Éditions Philippe Rey.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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