Chronique urbaine, avec Jean-François Tremblay…

Un lundi soir à Hollywoodchat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec

Lundi 16 avril 2012,  Hollywood Boulevard. Vers 16 h 30.

Mon ami Marc-André, et moi-même, sortons de la station de métro Hollywood/Vine. Devant le Pantages Theater, nous prenons la décision de marcher un peu sur le boulevard, sans but précis. Nous avons toute la soirée pour nous, et nous sommes à Hollywood.

Fan de cinéma, je suis hypnotisé par les nombreuses étoiles sous mes pieds. En vérité, le Walk of Fame n’a rien de particulièrement impressionnant (surtout si vous en avez vu un autre, tel que celui de Toronto que j’ai visité en 1998).  Ce ne sont que des étoiles dans le ciment.  N’empêche que j’aurais pu passer la soirée à regarder par terre et ne rien voir d’autre autour de moi.

Au total, tel un vrai touriste, j’ai bien dû photographier une cinquantaine d’étoiles. Ridicule, je sais.

Après un délicieux hamburger chez Juicy Burger (coin Hollywood Blvd et Ivar Ave), nous continuons notre promenade. C’est alors que nous apercevons les lettres de l’enseigne d’Hollywood au loin, sur le mont Lee. Du moins, les trois premières lettres. Le reste est caché par des édifices.

Nous décidons alors de nous diriger en direction de l’enseigne pour tenter de la voir au complet. Nous partons, à pied, vers les collines d’Hollywood, sur Argyle Avenue.

Le quartier que nous découvrons est des plus pittoresques. Des maisons de tous genres, pas nécessairement luxueuses, mais très jolies, s’empilent les unes sur les autres, près des autres, formant un mélange de couleurs et de styles. La verdure luxuriante ajoute au tout.

Les rues sont étroites. La température est superbe. Nous avons cette motivation commune de voir ces grandes lettres de près (du moins, le plus près possible avant la noirceur), et nous avançons lentement, mais sûrement.

Les maisons nous cachent la fameuse enseigne, mais nous savons à peu près dans quelle direction aller. Cependant, les rues ne cessent de tourner dans toutes les directions, et nous ignorons si nous sommes dans un quartier qui nous permettra de voir l’enseigne au final, ou s’il y aura toujours plus de maisons et d’arbres.

Et nous sommes constamment attirés par diverses choses : maisons typiques, voitures décorées de manière étrange et surtout, la vue de Los Angeles qui, au fur et à mesure de notre ascension, devient de plus en plus jolie à nos pieds et qui ne cesse d’attirer notre regard.

Dans un tournant, sur Temple Hill Dr, il y a une pente à pic, entre deux maisons. Au sommet de la pente, une clôture qui semble longer un terrain. Convaincus que de là-haut nous serons en mesure de voir dans quelle direction aller, nous montons. Je suis nerveux, car le terrain semble privé. J’entends des hélicoptères à proximité, et je les imagine déjà nous interpeller, et mon imagination s’affole jusqu’à nous voir dans une cellule dans un poste de police quelconque de Los Angeles.

Une fois là-haut, mis à part une vue magnifique de Los Angeles, nous ne voyons rien. La clôture que nous avions aperçue de la rue donne sur un terrain où se trouve une demeure, mais les aspérités des lieux nous empêchent de voir quoi que ce soit d’autre. Nous redescendons, de peine et de misère (c’est très à pic).

Un peu plus sales, un peu plus en sueur, et incertains d’arriver à voir de près l’enseigne d’Hollywood, nous continuons malgré tout notre marche.

Retour, donc, vers Argyle Ave, pour ensuite prendre El Contento Dr vers le nord. Tout ceci se fait en lente montée depuis le début. J’ai très soif. Il fait chaud, mais pas trop. C’est surtout une fin d’après-midi paradisiaque. Le quartier est d’une beauté incroyable, et je suis bien. Il n’y a presque pas de circulation et malgré nos recherches infructueuses pour entrevoir, ne serait-ce qu’un moment, le signe d’Hollywood, nous avons du plaisir à nous trouver là.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecEl Contento monte pendant un petit moment, et j’ai un drôle de sentiment ; celui que nous allons bientôt être chanceux. C’est à ce moment que nous arrivons près d’une intersection. En approchant, je vois le nom de la rue perpendiculaire : Quebec Dr.

Je dis à Marc-André : « Ça, c’est un signe du destin ! »

Et voilà que, trente secondes plus tard, nous sommes sur Quebec Dr et qu’entre deux maisons, nous voyons enfin les lettres HOLLYWOOD au complet.

Enfin !

À partir de là, nous marchons dans Quebec Dr vers l’ouest, qui devient Creston Dr en montant vers le nord, pour aboutir sur Durand Dr.

« Durand » étant le nom de famille de ma copine, j’y vois un autre signe. Un signe de quelque chose que je ne saurais préciser, mais un signe.

Nous abordons une femme qui promène son chien et lui demandons comment on peut s’approcher du signe.

Elle nous conseille de continuer dans Durand Dr, et de prendre ensuite un chemin de terre (une trail, en bon français…), qui longe les collines et qui nous mènera à un belvédère d’où nous pourrons mieux voir l’enseigne.

Et c’est ce que nous faisons. Nous nous rendons, donc, jusqu’au chemin de terre qui longe le Hollywood Reservoir. De là, nous voyons le Mulholland Dam (le même que l’on voyait s’effriter dans le film Tremblement de Terre en 1974).

Et nous arrivons, enfin, au belvédère, vers 18 h 45. La lumière est splendide, tout est calme. Il y a peu de gens. Nous sommes fatigués, mais heureux d’avoir atteint notre but.

Voir le signe d’encore plus près nous aurait demandé plus de temps, voire une voiture. Et de toute façon, les lettres sont derrière une clôture aujourd’hui ; il aurait chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québecété impossible de les toucher. J’étais simplement heureux de voir de mes propres yeux une icône importante de ma vie de cinéphile.

De retour, une heure plus tard, sur Hollywood Blvd, nous avons continué notre périple.

Nous avons visité des boutiques de souvenirs, avons mangé au California Pizza Kitchen, un resto au sein même du Kodak Theatre (où sont présentés les Oscars), et sommes allés nous promener sur Sunset Blvd.

Nous avons terminé la soirée dans un bar de danseuses nues (où l’affiche annonçait  1000’s of Beautiful Girls, and 3 Ugly Ones), et au retour nous nous sommes fait arnaquer par un homme qui a partagé une ballade en taxi avec nous (à nos frais…).  Mais ceci vous sera raconté une autre fois…

Notice biographique

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecJean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Dès un très jeune âge, il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite la métropole depuis 2007.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

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