Chronique urbaine… Le féminisme, par Jean-François Tremblay…

Le féminisme chez les jeunes

La semaine dernière, ma copine et moi sommes allés voir le documentaire Attention Féministes ! de la réalisatrice Rozenn Potin.

Le film dresse un portrait à la fois dynamique et informatif du mouvement féministe tel que vécu par les Québécoises et Québécois des

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Éros et Psyché

générations X et Y, en suivant une poignée de personnes impliquées activement dans la cause, tous et toutes basé(e)s dans la grande région de Montréal.

Un film que je vous conseille de voir si l’occasion se présente. Selon la réalisatrice (qui était présente lors de la projection), il devrait être lancé en format DVD d’ici quelques mois.

En marchant pour rentrer à la maison, ma copine et moi avons eu une longue discussion sur nos impressions face au film.

Ma copine, finissante au doctorat en histoire, s’intéresse depuis longtemps à l’histoire des femmes et du féminisme. Pour ma part, je n’y connais que bien peu de choses.

Donc, pour elle, le film — quoique très intéressant dans l’ensemble — n’apportait aucun fait nouveau.

En ce qui me concerne, j’ai été confronté à des idées qui firent jaillir en moi des sentiments contradictoires.

D’un côté, certaines idées et revendications me dérangent, surtout lorsqu’il est question des différences biologiques et d’un certain mécontentement des femmes face à ces différences.

Lorsqu’une femme dit, par exemple, se sentir lésée parce qu’elle doit se taper la grossesse et l’accouchement, que son rôle est plus grand, plus difficile, et plus contraignant que son conjoint dans ce processus qu’est celui de donner la vie, je trouve idiot de se baser sur des différences naturelles, biologiques, pour revendiquer quoi que ce soit. Il ne s’agit pas d’une injustice, mais de la façon dont la nature fonctionne.

Et je suis convaincu que plusieurs hommes seraient heureux d’enfanter si cela était humainement possible.

De plus, je n’aime pas le principe de revendiquer. J’aimerais que les femmes prennent leur place, peut-être plus agressivement, ou plus sournoisement qu’elles ne le font présentement. Au lieu de revendiquer, ce qui en revient à demander, elles devraient prendre ce qui leur est dû. Elles forment, après tout, la moitié de la population terrestre.

D’un autre côté, le film m’a fait prendre conscience du chemin qu’il y a encore à accomplir, et de l’importance de garder le mouvement féministe bien vivant. Pour ouvrir les consciences, et continuer à avancer dans la bonne direction.

L’art a-t-il un sexe ?

Durant notre discussion, sur le chemin du retour, ma copine et moi avons bifurqué sur le sujet des œuvres d’art « pour hommes » et celles « pour femmes ».

L’art a-t-il un sexe ?

Par exemple, sans avoir été très informé sur le féminisme au cours de ma vie, je me suis toujours intéressé, et ce de manière tout à fait naturelle, à des œuvres qui s’adressaient principalement aux femmes.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecJe suis, après tout, l’un des plus grands admirateurs de Gilmore Girls, une série télévisée américaine du début des années 2000 qui raconte l’histoire d’une mère de 32 ans et de sa fille de 16 ans, et dont les dialogues savoureux respectent l’intelligence du spectateur (et sont également truffés de références culturelles plus ou moins obscures).

Ceci dit, je ne compte plus le nombre de fois où mes meilleurs amis se sont moqués de moi, du haut de leur surplus de virilité.

Parce que je ne m’intéresse pas au hockey, parce que je n’ai pas de voiture, parce que j’aime les comédies musicales, parce que je possède tous les albums de Jewel et aucun de Metallica, pour ces raisons et bien plus, je me retrouve handicapé lors de conversations de gars, parce que je n’ai pas les mêmes intérêts que la plupart de mes congénères.

Pourtant, je n’ai pas honte de connaître par cœur les paroles de Grease, et je considère que de regarder Gilmore Girls pendant toutes ces années m’a offert – malgré le fait que ça soit une œuvre de fiction – une fenêtre sur la psyché féminine.

On se désole, avec raison, du peu de reconnaissance envers le travail des réalisatrices au cinéma, mais est-ce que le public masculin, celui qui fait rouler la machine cinématographique en payant des fortunes pour voir des œuvres aussi vides que Transformers ou The Dark Knight, serait intéressé par des films réalisés par des femmes ?

La question est vaste, et lorsque je demande si l’art a un sexe, cela s’applique à toutes les formes d’art. Les femmes sont sous-représentées un peu partout.

J’ai été agréablement surpris, le soir des Jutra, de voir que plusieurs nominés dans la catégorie « Meilleur Montage » étaient des femmes, et que le prix fut remis à l’une d’entre elles (Monique Dartonne, pour Incendies).

Et pourtant, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour changer les mentalités. Pour se départir de la honte, par exemple chez les hommes, de regarder un film « de filles ».

Les maudites tapettes

Le chroniqueur Marc-André Lussier a écrit récemment un texte sur l’homophobie à Hollywood, que je vous invite à lire.chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec

Lorsque j’ai partagé ce texte sur Facebook, j’ai reçu un commentaire d’un membre de ma famille.

Je vous laisse sur ces mots pleins d’esprit.

« Jaime jim carry il est bon mais pas les maudite tapette. Dieux nous a pas creer pour etre maudite tapette FAG si tous le monde etait gay personne sur cette planette aurais vu le jour »  (Nous reproduisons le message intégralement, fautes incluses…  NDLR)

Notice biographique

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecJean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Dès un très jeune âge, il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite la métropole depuis 2007.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

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4 Responses to Chronique urbaine… Le féminisme, par Jean-François Tremblay…

  1. pierre patenaude dit :

    Bonjour,
    La politique, la religion, la finance, n’a pas de sexe. Que de cravates ou de soutanes! L’exception est la règle. Mais l’art ! À lire le Journal de Virginia Woolf ou celui de Nina Berberova (C’est moi qui souligne) on croit la femme à sa place dans l’univers où le monde est meilleur. L’illusion soulage.
    pp

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  2. […] Ce texte a été écrit pour Le Chat Qui Louche […]

    J’aime

  3. Gen dit :

    Prendre sa place sans revendiquer, c’est désormais possible, je crois, ici. Mais c’est possible seulement parce qu’un jour on a passé une loi qui disait qu’il était illégal de ne pas engager une femme parce qu’elle est femme. Silleurs dans le monde, on n’est pas encore rendu là.

    Je te rejoins sur un point, en ce que je suis ton inverse : je suis une femme, mais je suis une trippeuse de combats extrêmes, de musique hard rock, de films violents, de romans d’horreur. Mes goûts se reflétent nécessairement dans ma production littéraire. Alors l’art a-t-il un sexe? Non, je ne crois pas. L’art a un public. L’artiste a un sexe, mais ce n’est qu’un paramètre parmi d’autres pour le définir.

    Pour ce qui est des femmes qui sont frustrées par leur biologie… autant être fâchés de la couleur de l’herbe. Débat stérile.

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