Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

L’arrière-saison

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Notre terre à bois est un lieu rassembleur pour la famille et les amis.  Un espace vert qui favorise un retour aux sources et l’épanouissement de l’amour.

L’Été indien offre des journées ensoleillées, rappelant le mois de juillet, mais le bruissement des feuilles tombantes confirme l’arrivée de l’automne.  Les graminées se balancent au vent et leur dorure scintillante donne un rythme à l’arrière-saison.  Nous prenons le temps de partager des fous rires et d’enseigner à nos enfants certaines habitudes prises par les générations précédentes.  Les nuits sont froides et l’air, en embrassant la chaleur de la terre, forme des bancs de brume qui se dissipent sur les sillons des labours.  Le moelleux de mon vieux sac de couchage et le lit craquant m’incitent à la détente.

On prépare notre bois de chauffage pour l’hiver à venir.  Chacun participe à sa façon à l’ouvrage.  Les arbres sont débités, les bûches fendues, transportées et cordées.  Les enfants comprennent l’importance de l’entraide.  De nos jours, avec la modernisation, tout devient plus facile.  À mon sens, la chaleur du feu de bois est beaucoup plus agréable que celle que procure l’électricité  :  le crépitement des flammes, le bois qui se consume et le sentiment du  travail accompli ajoutent de la cordialité.

La splendeur de la nature impose le respect, surtout quand on prend conscience que l’être humain, fondu au paysage, est si petit.  Lors de nos séjours au chalet, les soucis quotidiens se cicatrisent…  Cette nature est un baume.

Le sentier parcourant la forêt traverse des crans rocheux où se multiplient les pieds de bleuets et le thé du Labrador.  À l’orée d’une sapinière s’ouvre un panorama du lac Saint-Jean.  Le grenat des érables contraste avec les oies blanches qui égayent le ciel.  Là, c’est mon paradis perdu où les heures n’existent pas.  Le soleil qui descend me guide vers le bercail et je poursuis mon chemin dans la nature chatoyante.

En cet après-midi, les gouttelettes d’eau tombent sur le toit de tôle.  Ce clapotis me plonge davantage dans mon rêve où je peins les couleurs de l’automne : mon chevalet de bois est dressé parmi les osmondes de Clayton, ces fougères tamisent la lumière au sol et recueillent l’ondée.  L’odeur d’humus mélangée à celle de la soupe qui mijote me ramène tranquillement à ma douce réalité : ma famille et notre vie dans ce milieu champêtre.

Confortablement assise dans la chaise berçante, à siroter une infusion de thé des bois, je savoure la plénitude.  La beauté se trouve, sans l’ombre d’un doute, dans le regard de mes enfants et dans le bleu du jour.

Notice biographique de Virginie Tanguay

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecVirginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean.  Elle peint depuis une vingtaine d’années.  Elle est près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes.  Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique.  Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif.  Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion.  Les détails sont suggérés.  Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien.

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