Balbutiements chroniques*, par Sophie Torris…

I will survive, t’sais…

Hello, le Chat !

Permettez qu’à l’agenda du jour, j’introduise right now un sujet touchy. Ça va me prendre du guts, je ne me ferai pas de chums, mais anyway, c’est là que je suis chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québecrendue. Arrêtons donc de filer à l’anglaise et ploguons nous sur le débat, that’s it, that’s all. Voyez-vous, cher Chat, et je précise ici mes intentions, j’ai bien du trouble avec les anglicismes des Français de France. C’est donc le temps qu’on les mette sur le stage et qu’on check ça comme il faut, man, parce que ça regarde mal, et que je commence à badtripper full pin. Yes sir !

C’est tough en effet de constater que le français de France se perd et que ça n’inquiète possiblement personne là-bas. Come on ! À date, c’est tout un stock d’anglicismes qu’ils utilisent, et c’est faire un fou de soi que de ne pas s’en rendre compte ! C’est tout de même weird qu’ils garent encore leurs voitures dans un parking alors qu’on peut les parquer dans un stationnement, qu’ils continuent de faire du shopping quand on peut magasiner une vente. Je ne voudrais pas paraître straight, mais dans le milieu des affaires, c’est une vraie joke ! On ne se contente pas de triper sur une couple d’anglicismes, on se la joue all dressed pour avoir l’air hot. Allez, go, une petite shot de plus. Et on abuse du « ing » en six pack : « marketing, meeting, merchandising, timing, brainstorming et surbooking », un gros smile commercial dans la face. Never mind, ça shine ! And so what ?

Moi, j’en shake, le Chat. Ils se croient ben safe,  les Français de France, mais aoutche, à dealer comme ça avec toute le kit d’anglicismes, leur langue est en train de perdre sa shape. Ça serait le fun qu’ils slackent un peu et qu’ils en flushent quelques-uns dans le bol à toilettes. Sinon, ils vont finir par parler comme eux autres. Quoique…  On pourra toujours questionner leur accent. À défaut de se pratiquer, les Français continueront toujours à se céduler des « mitigne » et à se faire des p’tits « débrifigne », à partir en « ouikènne »  ou en « ouiquinde ». Mais j’y pense, le Chat…  Et si c’était une manière de franciser l’emprunt ? Attaboy ! Pourquoi, en effet, ne pas martyriser quelques anglicismes quand on finit par trouver cute le « cale-de-sec »* de l’anglophone qui lui, ne fera jamais aucun effort pour bien prononcer.

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, Québec Wathever, cher Chat, pensez-vous qu’il est urgent que le français se mouve ? Doit-il switcher de bord de manière radicale ? Risque-t-il de se déculturer en empruntant volontairement la langue d’un plus fancy ou inconsciemment celle d’un voisin king size ? Enfin, la fluctuation  d’une langue est-elle le signe d’un fonctionnement déficient ou la preuve d’une certaine souplesse ?

Quand je rentre en France, je mange des Mac nuggets, parce que les croquettes, sur l’Hexagone, c’est de la bouffe pour vous, les chats. Mais j’avale mon quart de livre ici, parce qu’en France on ne connait que le système métrique. Oh, my god, il y aurait donc ici aussi matière à s’interroger sur la présence d’anglicismes ? Oups !

Si l’emprunt anglais chez les Français est essentiellement lexical, et souvent volontaire, dites-moi, le Chat, ce qu’il en est chez les Québécois ? Vous n’êtes pas game ? Ça prendrait full de temps ? Vous avez peur d’arriver short ? Anyway, il me semble qu’il se joue ici une toune plus heavy sur l’insécurité linguistique, comme si on watchait un suspect dans chaque emprunt. N’est-ce pas le signe d’une volonté un peu exagérée et naïve de protéger la langue que d’aller jusqu’à franciser un polar en  fiction pulpeuse ou un Scarface en balafré ? En tous cas, on sent ici bien plus qu’ailleurs le désir de protéger la langue, désir qui semble fitter avec l’ampleur du péril.

So long,

Sophie

* cul-de-sac

Notice biographique

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonie, littérature, QuébecSophie Torris est d’origine française, Québécoise d’adoption depuis 15 ans. Elle vit à Chicoutimi où elle enseigne le théâtre dans les écoles primaires et l’enseignement des Arts à l’université. Elle écrit essentiellement du théâtre scolaire. Parallèlement à ses recherches doctorales sur l’écriture épistolaire, elle entretient avec l’auteur Jean-François Caron une correspondance sur le blogue In absentia à l’adresse : http://lescorrespondants.wordpress.com/.

Advertisements

One Response to Balbutiements chroniques*, par Sophie Torris…

  1. Brunengo dit :

    Comme tu le dis si bien Sophie heureusement qu’il y a l’accent en France dans chaque région! Il y a deux nouveaux mots anglais furieusement tendance c’est burn out et measing!!!!!!
    Vive le Québec « Je me souviens »

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :