Rétrospective : Nobel de littérature pour Mario Vargas Llosa !

Mario Vargas Llosa est un écrivain péruvien naturalisé espagnol ; il est auteur de romans, de  recueils de poésie et d’essaisalain gagnon, Chat Qui Louche, maykan, francophonie, littérature politiques. Il vient d’obtenir le prix Nobel de littérature 2010 « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l’individu, de sa révolte et de son échec ».  Comme beaucoup d’auteurs sud-américains, Vargas Llosa s’est engagé très tôt en politique.  Ses orientations se sont déplacées du communisme au libéralisme, de la gauche vers la droite.  Lors de la révolution cubaine (1959), il a soutenu le gouvernement de Fidel Castro qui l’a rapidement déçu. En 1990, il fut candidat à l’élection présidentielle du Pérou, à la tête d’une coalition de centre-droit .  Après avoir étudié en Espagne, c’est à Paris qu’il rédigera La ville et les chiens (1963), ouvrage qui fera de lui un auteur de renom (Prix de la Biblioteca Breve et Prix de la Crítica). Son roman sera traduit aussitôt dans une vingtaine de langues. Il y décrit la vie des cadets (les chiens) d’une académie militaire, et met en contraste la discipline abusive et les brimades subies par ces jeunes gens avec le vent de liberté qui souffle sur la ville.

Depuis ce roman, Mario Vargas Llosa est un écrivain reconnu, invité dans les universités du monde pour y donner des cours et des conférences. Dans La Maison verte (1966), l’auteur décrit la vie dans la lointaine forêt péruvienne et dans la zone urbaine de Piura. Il reçoit à nouveau le Prix de la Critique et le Prix International de Littérature Rómulo Gallegos en 1967.

Parmi les principaux ouvrages de Vargas Llosa, on retiendra Conversation dans la cathédrale (1969), Pantaléon et les Visiteuses (1973), satire du fanatisme militaire et religieux au Pérou, l’Orgie perpétuelle (1975) et un roman semi-autobiographique, La tante Julia et le scribouillard (1977). Un autre roman, La Guerre de la fin du monde (1982), qui traite de la politique brésilienne au XIXe siècle, connut un large succès public et critique, surtout en Amérique Latine. Citons aussi Qui a tué Palomino Molero (1986), roman consacré aux violences politiques au Pérou, l’Homme qui parle (1987) et Éloge de la marâtre (1988).

Et il ne faudrait surtout pas oublier La fête au bouc (2002) — Folio 2004.  Cette docu-fiction nous projette dans les labyrinthes de la dictature de Rafael Leonidas Trujillo, président-dictateur de la République Dominicaine, au moment de l’attentat qui lui coûta la vie en 1961.

Le politique :

Reconnu comme un être d’un rare talent, Vargas Llosa est aussi décrit comme un être de contradictions.  Si son magistral corpus romanesque dénonce le destin parfois amer des peuples latino-américains, son discours politique encense Margaret Thatcher et le libéralisme économique. Ainsi explique-t-il ces attitudes qui peuvent sembler paradoxales : « L’écriture est œuvre d’instinct et de passion, cependant que la politique est œuvre de raison. »

Quelques mots sur son aventure politique… En 1987, le gouvernement péruvien tente d’étatiser l’ensemble du système bancaire et financier, ce à quoi s’oppose Vargas Llosa. Un mouvement de protestation s’organise autour de l’écrivain qui, fondant le Mouvement des libertés, s’alliera à une coalition de droite en vue des élection de 1990. Une chose en entraînant une autre, il brigue la présidence péruvienne, qui lui échappe au deuxième tour, au profit d’Alberto Fujimori. À la suite de cet épisode, il rentre à Londres pour écrire ses mémoires.

(Sources partielles : Wikipedia et Contact–L’encyclopédie de la création.)

Quelques citations :

« La littérature reste une des meilleures garanties pour espérer une sorte de progrès dans nos sociétés hypertechniques. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait de la revue Le Monde de l’éducation – Avril 2000

« Le moyen audiovisuel apporte des connaissances, des informations, de la distraction mais pas cette créativité critique et cette troublante inquiétude que donne la littérature. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait de la revue Le Monde de l’éducation – Avril 2000

« La chance de la littérature, c’est d’être associée aux destins de la liberté dans le monde : elle reste une forme fondamentale de contestation et de critique de l’existence. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait de la revue Le Monde de l’éducation – Avril 2000

« On n’apprend pas à dominer le monde à travers la biologie ou les mathématiques, mais en lisant les poètes, les romanciers, les dramaturges, les essayistes. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait de la revue Le Monde de l’éducation – Avril 2000

« Si nous ne voulons pas être une société de moutons domesticables et manipulables par toutes les formes de pouvoir, y compris celui de la science, il faut défendre la littérature. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait de la revue Le Monde de l’éducation – Avril 2000

« Il n’y a rien de mieux qu’un roman, pour faire comprendre que la réalité est mal faite, qu’elle n’est pas suffisante pour satisfaire les désirs, les appétits, les rêves humains. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait de la revue Le Monde de l’éducation – Avril 2000

« La liberté n’est pas une notion formelle à tempérer en fonction d’impératifs révolutionnaires. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait de la revue Le Monde de l’éducation – Avril 2000

«Dominer le langage, c’est apprendre à penser, et de surcroît, c’est une manière de développer la sensibilité, l’imagination, l’esprit critique.»
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait de la revue Le Monde de l’éducation – Avril 2000

« Écrire des romans est un acte de rébellion contre la réalité, contre Dieu, contre la création de Dieu qui est la réalité. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Le romancier et ses démons

« Un écrivain ne choisi pas ses thèmes, ce sont les thèmes qui le choisissent. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Le romancier et ses démons

« La politique est un passage obligé pour changer une société. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait d’un Entretien avec Catherine Argand – Février 1995

« Chaque roman est un déicide secret, un assassinat symbolique de la réalité. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Le Romancier et ses démons

« Pour donner libre cours à sa fantaisie, à son imagination, l’écrivain doit ouvrir les portes à tout ce qui sourd en lui, démons compris. »
[ Mario Vargas Llosa ] – Extrait d’un Entretien avec Catherine Argand – Février 1995

(Source Evene.fr)

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4 Responses to Rétrospective : Nobel de littérature pour Mario Vargas Llosa !

  1. Pierre Patenaude dit :

    Ces quelques citations et votre présentation de l’auteur nous donne le goût de lire cet auteur. Bonne soirée à vous, Alain.
    pp.

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  2. Alain Gagnon dit :

    Vous ne le regretterez pas.

    Bonne soirée à vous également,

    Alain G.

    J’aime

  3. dany tremblay dit :

    J’ai découvert la littérature hispano-américaine à l’université et ça a été le coup de foudre. Depuis, je l’ai négligée, mais avec ce nouvel article, vous m’en redonnez le goût. Je vais lire Mario Vargas Llosa.

    Je le répète: votre blogue est une inestimable source.

    Bonne journée.
    Dany

    J’aime

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