Ma page littéraire, par Dominique Blondeau…

Un été à Port-Alfred, hôtel Plaza

C’est l’impression que j’ai eue en me régalant cet été du roman d’André Girard.  Pleine d’humour et de choses savantes, cette histoire se déroule chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophoniedans une petite ville de Ville de Saguenay, Port-Alfred.  Des personnages truculents, doués d’une verve intarissable, nous racontent leurs faits et gestes, à partir de témoignages enregistrés sur cassette par un étudiant.  André Girard mène tambour battant ces personnages dans ce roman polyphonique, le terme est vraiment approprié.  Étienne, le narrateur, abandonne sa thèse de doctorat en muséologie pour se consacrer à l’écriture d’un roman que lui inspirent ces témoignages.  Nous avons droit aux aventures imaginaires d’un chauffeur de taxi, aux lectures réfléchies d’un manœuvre, aux nostalgiques réminiscences d’une prostituée sur le déclin.  Et puis, à travers ces monologues d’hommes insatisfaits, mais toujours sur le qui-vive, se profile Joanna dans le sillage d’Étienne qui ne résiste pas à ses étranges manières.  Elle est femme de chambre à l’hôtel Plaza où loge provisoirement le jeune homme, elle est aussi étudiante en philosophie et bien autre chose de surprenant encore…

Avec un immense talent, André Girard tisse un chassé-croisé irrésistible de personnages déambulant tant dans notre mémoire que dans ce lieu mythique qu’est la taverne.  Taverne et mémoire, parfois, faisant partie du passé.  Tout se passe d’un monologue à un autre, tout, c’est-à-dire ce qui fait qu’un être humain bâtit son existence sur des joies, des déceptions.  Des clartés, des ombres.  Des cris, des silences.  Inévitablement, des regrets.

C’est un grand roman que ce dernier d’André Girard.  L’auteur, qui se veut léger, nous dépeint un microcosme replié sur des profondeurs auxquelles nul lecteur ou lectrice ne peut demeurer insensible.  On souhaite à André Girard les honneurs de grands prix littéraires pour cette très intelligente polyphonie.

PORT-ALFRED PLAZA
André Girard,
Québec Amérique, 208 pages.

Notes bibliographiques

chat qui louche, maykan, alain gagnon, francophonieInstallée au Québec depuis 1969, Dominique Blondeau, romancière et nouvellière, a été lauréate du Prix France-Québec/Jean-Hamelin pour son roman Un Homme foudroyé. Entre autres ouvrages, elle est aussi l’auteure de Les Feux de l’exilFragments d’un mensonge,Alice comme une rumeur, Éclats de femmeset Larmes de fond, ces cinq derniers livres publiés aux éditions de la Pleine Lune. En 2002, les éditions Trois-Pistoles ont édité son essai, Des grains de sel, dans la collection «Écrire». Elle a fait paraître des nouvelles dans plusieurs revues et collectifs et, en 1997, elle a été lauréate du Prix de la Meilleure Plume au concours XYZ. La revue de la nouvelle. Son treizième roman Une île de rêves a été publié en 2004 chez VLB éditeur. En 2008, elle a publié un recueil de nouvelles, Soleil et cruautés, dans Internet, sur le site Lulu. Au début de 2012, elle publiait Des trains qu’on rate aux éditions numériques Le Chat Qui Louche. En 2007, elle a créé un blogue surtout consacré à la littérature québécoise, Ma page littéraire : (http://dominiqueblondeaumapagelitteraire.blogspot.com/)

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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