Chronique de Milan, par Clémence Tombereau…

L’auteur au bain

chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Il sera difficile, pour cet auteur que nous commençons à connaître, de se frotter à ce réel. Il pourra écrire dans le cercle fou des grandes villes qui jamais ne fatiguent, dans les vertes campagnes où seuls les oiseaux bruissent, il écrira partout – et nulle part. Il aura, évidemment, quelques petits rituels ridicules et puérils, assez proches de la pensée magique, mais il se détachera farouchement de cette idée qui veut qu’une personne écrivante doive s’enfermer, avoir son bureau attitré, soit une sorte de moine vieillot et plein de tics qui ne pourrait écrire que dans un seul endroit. Nous avons affaire ici à un écrivain nomade. Il écrira même en marchant, vous verrez.
L’auteur marchera dans la grande ville, surpris par le mouvement et le nombre des voitures qui n’en finissent pas d’étreindre le bitume de leurs roues trop pressées ; il essaiera de trouver quelque volupté là où la pollution, les gens, les sirènes multiples, les moteurs vrombissants et les bruits indigestes font tout pour bousculer la drôle douceur de vivre.
L’auteur vivra, si, si, on vous promet. De manière surprenante, il s’adonnera à tout ce qui dessine le quotidien d’un homme, d’une femme, peut-être même d’un chien. Il s’y adonnera contraint, il s’y adonnera joyeux, car il ne faut pas croire : il est bon, quelquefois, de sortir du bain bouillonnant qu’est l’écriture pour plonger, ramolli et groggy, dans celui, vivifiant et inévitable, que fait couler le vrai monde. On passe d’un bain à l’autre, on se prend pour un Romain en plein milieu des thermes – des termes, c’est selon.

[…]
Nous ne demanderons pas à cet auteur quand il a commencé à écrire car ses réponses seraient moins déstabilisantes qu’ennuyeuses. J’écrivais déjà dans le ventre de ma mère. J’écris depuis que je suis né. J’écris depuis que je sais écrire. J’écris depuis que je suis mort, à dix-sept ans… ou quelque autre idiotie de ce genre que nous nous abstiendrons d’écrire, justement.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née à Nîmes et vit actuellement à Milan.  Elle a publié deux chat qui louche maykan alain gagnon francophonie  recueils, Fragments et Poèmes, Mignardises et Aphorismes aux éditions numériques québécoises Le chat qui louche, ainsi que plusieurs textes dans la revue littéraire Rouge Déclic (numéro 2 et numéro 4) et un essai(Esthétique du rire et utopie amoureuse dans Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier) aux Éditions Universitaires Européennes.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :