Les apophtegmes de Jean-Pierre Vidal…

Apophtegmes

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Diogène

  1. La vérité n’est jamais qu’une hébétude qui s’ignore.

 

  1. Nous vivons un merveilleux système qui, en vingt ans, a réussi à multiplier par deux… les pauvres et à réduire, à défaut du déficit, les salaires, les pensions, les services, mais pas le nombre des économistes patentés qui nous dévorent sourdement la patience.
  1. Si Mozart était né de nos jours et sous nos climats, on l’aurait mis dans le livre des records Guinness et il serait devenu Liberace ou Dédé Gagnon.
  1. Cultive ce qu’on te reproche : c’est là qu’est ton champ.
  1. Les femmes ont la fierté de l’intelligence ou de la sensibilité, les hommes ont l’orgueil du boulon et de la bielle, quand ce n’est pas celui du houblon et de la bière.
  1. Comme une tendance n’est jamais qu’un consensus involontaire, il est aisé pour qui s’y sent rebelle d’y voir une conjuration inconsciente. Mais quand des intérêts médiatiques puissants l’exploitent avec l’absence de vergogne qui caractérise ce siècle de tous les commerces, il est difficile de ne pas faire de ce complot qu’on croyait inconscient un plan de marketing un peu plus retors que les autres.
  1. La terre, paraît-il, est ronde, plus ou moins. Mais ses habitants de plus en plus deviennent plats comme des billets de banque, évanescents comme le phosphore qui fait valser les milliards des spéculateurs, nuls comme leur conscience sociale.
  1. Certains investisseurs, mal conseillés, ne jouent pas à la bourse, mais à la bourde.
  1. — : —       Vous ne croyez donc en rien ?

               —       Je crois aux A.

               —       Aux A ?

               —       À l’anorexie antédiluvienne, aux antidépresseurs et à l’apocalypse.

  1. Vieillir, c’est sans doute perdre le sens de l’orientation. Parce que les contextes de toute une vie irrésistiblement se superposent, s’enchevêtrent et finissent par se confondre. Vieillir, c’est se retrouver enclos dans le labyrinthe de sa propre mémoire, éventée comme un réduit forcé.

 Notice biographique

Écrivain, sémioticien et chercheur, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis sa fondation en 1969.  Outre des centaines d’articles dans des revues universitaireschat qui louche maykan alain gagnon francophoniequébécoises et françaises, il a publié deux livres sur Alain Robbe-Grillet, trois recueils de nouvelles (Histoires cruelles et lamentables – 1991, Petites morts et autres contrariétés – 2011, et Le chat qui avait mordu Sigmund Freud – 2013), un essai en 2004 : Le labyrinthe aboli – de quelques Minotaures contemporains ainsi qu’un recueil d’aphorismes,Apophtegmes et rancœurs, aux Éditions numériques du Chat qui louche en 2012.  Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (SpiraleTangenceXYZEsseEtc,Ciel VariableZone occupée).  En plus de cette Chronique d’humeur bimensuelle, il participe occasionnellement, sous le pseudonyme de Diogène l’ancien, au blogue de Mauvaise herbe.  Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec–Société et Culture (F.R.Q.S.C.).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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