Flurans Ilia, poète d’origine albanaise…

Cette nuit, je veux boire la mer…  Un poème de Flurans Ilia

chat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Flurans Ilia

Cette nuit, je veux boire la mer

Et la tempête, l’avoir avec moi

Éteignez les lumières, anges apathiques,

Avec vos bras mouillés de pluie et d’orages,

Gardiens muets,

Vous n’êtes pas capables d’une telle merveille.

Cette nuit, je veux boire la mer

Entière, jusqu’au bout.

Et la tempête, l’avoir avec moi

Les feux d’amour

m’accompagnent

De rive, en rive, où il n’y a pas de phare.

Où épuisé, à travers le feuillage de l’automne,

Les mèches de mes cheveux, j’attache

Cordages de bateaux en mer, tisser avec eux

des vers jusqu’à l’aube.

Pour mon corps, pour mon âme,

Jusqu’à ce que la soif, de boire la mer

Se soit éteinte, évanouie,

Comme la tempête qui s’en est allée

et ne reviendra plus

(Traduit de l’Albanais par Leda Kushova)

Notice biographique :

Flurans Ilia est né à Berat (Albanie), le 16mai 1971.  Il a vécu une enfance riche artistiquement.  Comme acteur, il a participé à plusieurs longs métrages à succès destinés à la jeunesse albanaise. Dès son plus jeune âge, il a écrit des poèmes, des récits et des nouvelles. Pendant les années 90, il a parcouru l’Europe et l’Amérique du Nord. Et ce ne sera qu’au début des années 2000 qu’on le publiera — essentiellement ses premiers poèmes.  Il publiera sept recueils de poésie et deux ouvrages en prose en langue albanaise. On retrouve certains de ses textes dans plusieurs anthologies. Avant de quitter définitivement l’Albanie, un recueil de nouvelles a paru sous le titre de « Thembra e kujteses »/ « Le talon de la mémoire » (Editions Ideart- 2008). En décembre 2008, Flurans Ilia s’établira à Montréal.
Il a comme projet la traduction de ses poèmes et nouvelles par Leda Kushova qui a traduit le texte présenté plus haut.

Commentaires sur l’œuvre de Flurans Ilia.

Flurans Ilia adhère à ce groupe  restreint d’écrivains qui croient la littérature capable de changer le destin de l’homme ou de l’adoucir, de rendre le quotidien plus humain.  Il  appartient à une génération qui accompagne la transition albanaise depuis des années, dont les récits sont perceptibles grâce à un sixième sens, pour mieux sentir, mieux flairer la liberté.  Les anime un esprit qui n’aime pas méditer, mais se souvenir et échapper à l’oubli. Cette quête est la caractéristique la plus fascinante de l’œuvre de Flurans, qui est un passage kafkaïen, présenté soit comme postmoderne, soit comme métaphysique, où la réalité est un événement lointain, quelque part dans le passé, avec lequel il vit aujourd’hui.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :