Rétrospective : Chronique urbaine, par Jean-François Tremblay…

Retour en arrière

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieLorsque j’ai commencé à écrire pour Le Chat Qui Louche au début de 2011, j’étais nerveux. Nerveux du fait d’écrire sur le blogue d’un auteur ayant publié de nombreux livres, et parce que je suis un éternel inquiet.

J’étais un habitué des blogues (j’en ai tenu un pendant plusieurs années, me livrant avec plus ou moins de pudeur), mais le niveau littéraire du Chat Qui Louche dépassait largement celui du blogue moyen. Et bien que j’aie lu toute ma vie, et écrit depuis le secondaire, ma plume est très différente de celle des autres auteurs de ce site.

Si le format du blogue personnel me fut bénéfique au cours des années 2000, m’offrant une occasion d’écrire de manière régulière et de me pencher sur de nombreux sujets, il a eu comme effet de teinter mon écriture de narcissisme. Et, en partie par paresse, et parce que le blogue en général n’est régi par aucune règle, je ne soignais pas nécessairement mon écriture. Au lieu d’avancer, celle-ci a plutôt fait du sur place pendant des années.

Lorsque j’étudiais au Cégep, en Lettres, au milieu des années 90, je baignais dans un vaste monde littéraire. J’avais des prétentions d’écrivain. Par

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Michel Tournier

la suite, j’ai laissé tout cela au profit du théâtre et du cinéma. Mais au fond de moi est toujours restée allumée la flamme de l’écriture. Prenant exemple de Michel Tournier, je me dis, encore aujourd’hui, qu’il ne sera jamais trop tard pour devenir auteur…

Tout cela pour dire que mon style, très personnel et centré sur moi-même, et littéralement très pauvre, est une résultante de nombreuses années de blogue et de paresse intellectuelle. Je n’essaie pas de m’en excuser, au contraire, je m’en désole. Ma façon d’écrire n’a pas évolué. C’est en partie pourquoi j’étais nerveux lorsqu’on m’a approché pour écrire ici.

Lorsque je mis de côté la littérature dans ma vie, vers la fin des années 90, je cessai presque totalement de lire. Alors que je dévorais des romans au cours de l’adolescence, étant parfois plongé dans deux livres en même temps, ma vingtaine fut marquée par un ralentissement au niveau de la lecture, ne lisant parfois qu’un ou deux livres par année(!).

Lorsque je dis que le blogue personnel m’a été bénéfique au milieu de la vingtaine, c’est qu’il m’a permis de pratiquer l’écriture sur une base régulière, ce que j’avais délaissé lorsque j’avais quitté le Cégep et mes tentatives maladroites de nouvelles d’horreur et de fantastique (que je conserve bien cachées chez moi).

Ce fut ma copine, il y a deux ans, au tout début de notre relation,  qui m’a suggéré un livre, un roman, qui m’a relancé – involontairement – sur le chemin de la lecture.

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieLa Dame Dans l’Auto avec Des Lunettes et Un Fusil, de Sébastien Japrisot, m’ont redonné goût à la lecture. Je ne saurais dire exactement ce qu’il y avait dans ce livre qui m’a tant plu, mais ce fut le déclencheur d’une nouvelle ère dans ma vie de lecteur, peut-être la plus riche.

Depuis lors, j’ai plongé dans la bibliothèque  de ma copine (et redécouvert la mienne), et je me suis réabonné à la bibliothèque municipale (et le réseau est vaste ici à Montréal…)  Si bien qu’en 2011, j’ai ramené ma moyenne de lecture à un ou deux livres par semaine environ. Je crois que je n’ai jamais autant lu dans ma vie, du moins pas depuis l’adolescence. La période « noire » que j’ai vécue dans la vingtaine étant passée, je redécouvre ce monde que je croyais perdu, dont je ne pensais plus faire partie. Un monde riche et dense, dans lequel un prend un plaisir immense à plonger.

Un enseignant dont j’étais proche, aujourd’hui décédé, qui a beaucoup marqué le jeune adulte que j’étais à 20 ans, m’a dit un jour : « La littérature est la clef qui ouvre toutes les portes ».

Depuis le début de cette chronique en janvier, je suis passé de chômeur à salarié. Je travaille pour une compagnie de la Rive-Sud de Montréal qui crée des sites web pour des PME, et je m’y sens comme un poisson dans l’eau, même si je ne me dirigeais pas nécessairement dans cette voie. Ma facilité à comprendre le fonctionnement d’Internet m’a grandement aidé (je navigue sur le net depuis 1995), et le petit nombre d’employés dans cette boîte fait en sorte que je m’y sente à ma place. Je suis très bien.

Ma copine a, quant à elle, déposé et soutenu sa thèse, obtenu son doctorat (en présence de William Shatner qui, lui, recevait un diplôme

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William Shatner

honorifique en ce froid matin de juin), et passé une entrevue pour un poste en Ontario.

J’ai fait mon premier voyage hors du Canada en avril, qui a beaucoup enrichi ma vie. Mon travail de critique chez Sorstu.ca, bien que bénévole, m’apporte tant de joie et de bonheur en plus de nourrir régulièrement ma curiosité sur le plan musical, que je ne saurais m’en passer.

Et nous voilà à la mi-juillet. Je viens de terminer la lecture du deuxième volume des Mémoires de Simone de Beauvoir, « La Force de l’âge », une lecture fascinante sur laquelle je ferai certainement un retour bientôt.

Je lis, je découvre, je m’instruis ; à 34 ans, j’ai les yeux grands ouverts comme à l’adolescence, et ma vie s’enrichit chaque jour, chaque minute. Je me sens extrêmement bien.

Cette chronique m’apporte beaucoup. Entourée de textes si bien écrits, je ne crois pas qu’elle fasse tellement le poids, mais je reçois de bons commentaires, alors je me dis que ce que je fais n’est pas complètement mauvais.

Dans tous les cas, j’essaie de faire de mon mieux. Et ce que j’écris, je l’écris avec passion. Lorsque écrire ici deviendra une corvée, je cesserai de le faire. Mais pour l’instant je m’amuse, et j’espère que vous appréciez.

Je vous reviendrai bientôt avec d’autres de mes découvertes et de mes opinions.

D’ici là, l’amateur d’horreur en moi va faire sa sélection de films pour le festival Fantasia, et j’ai de douloureux choix à faire…

Notice biographique

chat qui louche maykan alain gagnon francophonieJean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma.  Dès un très jeune âge, il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite la métropole depuis 2007.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

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9 Responses to Rétrospective : Chronique urbaine, par Jean-François Tremblay…

  1. Dominique B. dit :

    Bonjour monsieur Tremblay,

    c’est une vraie confession que vous nous faites ! Lisez les blogues de certaines personnes, je vous jure que vous êtes loin du compte. Ces personnes devraient réviser leur grammaire et recouvrir leur nombril, elles se porteraient mieux, je pense…

    Toutes mes félicitations, vous avez bcp d’humilité pour nous faire part de vos doutes. Doutez toujours, vous écrirez de mieux en mieux…

    Bon mardi collant!

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  2. jacques girard dit :

    Monsieur Jean-Francois, je ne suis pas un lecteur assidu de votre chronique. Mes yeux survolent les lignes sans plus. Par contre, votre dernier texte a retenu mon attention parce que la qualité littéraire des textes m’interpellent. Les références à Tournier et Japrisot m’ont fait succomber. Votre texte est bien écrit et intéressant. Écrire, c’est écrire et lire et vice versa. Votre texte m’a fait penser à une réflexion de Goethe à 80 ans dans son journal.«Aujourd’hui, j’ai appris à écrire.» Vous avez raison: écrire demande du travail. Et je suis d’accord avec les raisons retenues par madame Blondeau entre autres votre humilité. Mes hommages, monsieur Tremblay.Jacques Girard, écrivassier.

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    • Merci M. Girard d’avoir pris le temps d’écrire ce commentaire. Moi non plus je ne lis pas tout ce qui se trouve sur ce site. Mais je reconnais le talent de chaque auteur, et je trouve intéressant ce mélange de points de vue et de sujets divers.

      Intéressante cette citation de Goethe. Merci encore.

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  3. Anonyme dit :

    J’ai été particulièrement interpellé par votre texte Jean-François. Comme vous, je rédige une chronique pour le CQL depuis janvier, . Je n’ai jamais rédigé de blogue. Je suis nouveau dans le monde littéraire. Au début, je me suis demandé dans quelle galère je m’étais embarqué. Monsieur Gagnon avait sûrement de bonnes raisons pour m’offrir cet honneur. Comme vous, j’apprivoise tout ça. Et j’apprends. Chaque fois, j’apprends. J’aime vos chroniques et quant à moi, votre écriture l’enrichit tout autant que vos sujets forts intéressants. Votre humilité vous honore.

    Jean-Marc O.

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    • Merci beaucoup. J’aime vos textes aussi, et même si je ne prends pas le temps de commenter comme je voudrais (ou je devrais) le faire, sachez que vous avez beaucoup de talent. C’est toujours intéressant, et très bien écrit.

      Merci.

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      • Anonyme dit :

        Merci, Jean-François.

        Je ne sais pas si j’ai du talent, mais tout comme vous, j’apprécie cette opportunité d’écrire. Je m’amuse, et goûte cette chance de partager un peu de moi. Si les lecteurs aiment, c’est le bonus qui pousse à continuer, et même, à se surpasser.

        Jean-Marc O.

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  4. pierre.patenaude@gmail.com dit :

    « Votre style personnel et très pauvre », comme vous nous confessez, Jean-François, est ce qui m’accroche. Dès votre première chronique j’ai vu que vous disiez juste, et que ce qui vous semblait superficiel était l’essentiel. Continuez et cassez-vous pas trop la tête. On est tous si différents les uns des autres. Les mots nous aident… une tit coup de vin aussi… hic !
    pp

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    • Haha! Cette histoire de vin il y a quelques semaines…. c’était un peu pour provoquer. J’aime pointer les défauts des autres, autant ici que chez moi, tout haut (ma copine doit subir toutes mes remarques plus ou moins stupides à longueur de journée… pauvre elle…).

      Mais j’aime, essentiellement, remettre en question ce que les gens prennent pour acquis.

      Et quand j’ai écrit ce texte, j’en avais marre des gens qui entrent et sortent des SAQ avec des paniers pleins de bouteilles comme si c’était normal. Un comportement qui, en général, me répugne.

      Enfin, j’aime remettre les choses en question,et parfois je ne fais qu’écrire un début de réflexion, pour provoquer des réactions, d’autres réflexions.

      Merci pour votre commentaire. J’aime bien cette phrase: « Dès votre première chronique j’ai vu que vous disiez juste, et que ce qui vous semblait superficiel était l’essentiel.  »

      Une chose qui me répugne plus que tout, c’est l’hypocrisie. Quoiqu’il arrive, mes propos seront toujours honnêtes, au risque d’être ridicules.

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