Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

Belles-Sœurs, revues et nettement améliorées

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Je fais partie d’une petite troupe de théâtre amateur depuis près de deux ans. Parfois j’agis en tant qu’acteur, d’autres fois en tant que responsable des médias sociaux (et tout ce qui concerne la promotion). À l’été 2014, la fondatrice de la compagnie, une bonne amie à moi, me demande ce que je pense de la pièce Les Belles Sœurs, de Michel Tremblay. Je souligne ici que la question m’est posée par une amie anglophone, qui vit, tout comme moi, dans une ville anglophone de l’Ontario. Mon amie connaît toutefois bien le français et a déjà lu la pièce plusieurs fois au cours de sa vie, dans les deux langues. Moi, par contre, je ne l’ai jamais lue. Pas une seule fois. J’ai lu d’autres trucs de Tremblay, mais jamais Les Belles Sœurs.

Mon amie veut mon opinion, car elle songe à monter la pièce. « Vraiment ?! », me dis-je alors. « Monter Les Belles Sœurs ? En 2014 ? En Ontario ? Mais pourquoi donc ?! » Je me mets alors à la lecture de l’œuvre emblématique de Tremblay.   Et sincèrement, je m’emmerde. C’est vieux, démodé, aucunement subtil. Tout est souligné à gros traits. De plus, tout le monde se plaint dans cette maudite pièce ! Qu’y a-t-il de si intéressant, si révolutionnaire dans ce texte où une dizaine de femmes pleurent sur leur sort du début à la fin ? Bon, d’accord, je vois, c’était la première fois que l’on jouait en joual sur scène, etc. Je saisis le côté avant-gardiste de la chose. Mais merde que ça m’ennuie !!!

Je communique mes nombreuses réserves à mon amie, je lui explique que je ne vois pas du tout en quoi cette pièce pourrait intéresser un public ontarien en 2014, et puis quelques semaines plus tard elle m’annonce finalement que nous allons travailler sur une autre pièce, anglophone cette fois, et soudainement je me sens mal, car je suis certainement coupable de son changement d’idée quant à la pièce. Je n’aime pas avoir ce genre de responsabilité sur les épaules…

Quelques mois plus tard, la version musicale de la pièce de Tremblay, renommée Belles-Sœurs, qui fut un énorme succès sur les planches au cours des dernières années, est diffusée à la télé de Radio-Canada. Et puis en reprise pendant quelques semaines sur Artv. Et maintenant en ligne, dans son intégralité, sur Tou.tv

Et je tombe sous le charme. Et quand je dis tomber, c’est tomber durement ! C’est un virage d’opinion à 180 degrés. Je suis maintenant amoureux de cette version de la pièce.

« Version », car il s’agît bien sûr d’une adaptation. Ce n’est pas exactement la pièce que des milliers de gens ont vue depuis 1965. Ceci étant dit, le texte est repris très fidèlement, et les lamentations de Mesdames Dubuc, Longpré, Vermette, Jodoin et autres font d’excellentes paroles de chansons – celles-ci, écrites par René-Richard Cyr, sur une musique composée par Daniel Bélanger. Le style musical est ancré dans l’époque de la pièce, tantôt yé-yé, tantôt mélancolique, un peu à la Édith Piaf. Mais la plupart du temps, c’est enjoué, malgré la souffrance et la misère évoquées dans les textes.

Et ces chansons restent dans la tête longtemps ! Ma copine et moi ne cessons de les chanter jour après jour. Nous avons vu le spectacle à quelques reprises à la télévision, et quelques autres fois en ligne, et je le répète : je suis en amour avec ce spectacle !

La pièce musicale retient l’essentiel du propos de l’œuvre originale de Tremblay, mais ce qui m’ennuyait à la lecture laisse place ici à un certain amusement, et très souvent à des émotions amplifiées par la musique, qui parfois nous fait taper du pied, et souvent nous donne des frissons.

Et que dire des interprètes ? Marie-Thérèse Fortin, Guylaine Tremblay et Maude chat qui louche maykan alain gagnon francophonieGuérin sont toutes trois fantastiques, mais n’oublions surtout pas les actrices secondaires, telle Kathleen Fortin, absolument sublime dans le rôle de Des-Neiges Verrette, Édith Arvisais dans le rôle touchant de Lise Paquette, ou la comique Suzanne Lemoine dans le rôle de Marie-Ange Brouillette. Le reste de la distribution est également parfait.

Si vous êtes amateurs de la pièce originale, ou que comme moi, vous n’avez jamais été séduit par elle, allez voir la pièce musicale sur Tou.tv pendant qu’elle s’y trouve. Les artisans derrière cette adaptation ont fait un travail remarquable pour la dépoussiérer tout en conservant son esprit et sa force de frappe.

Notice biographiquechat qui louche maykan maykan2 alain gagnon

Jean-François Tremblay est un passionné de musique et de cinéma. Il a fait ses études collégiales en Lettres, pour se diriger par la suite vers les Arts à l’université, premièrement en théâtre (en tant que comédien), et plus tard en cinéma.  Au cours de son Bac. en cinéma, Il découvre la photographie de plateau et le montage, deux occupations qui le passionnent.  Blogueur à ses heures, il devient en 2010 critique pour Sorstu.ca, un jeune et dynamique site web consacré à l’actualité musicale montréalaise.  Jean-François habite maintenant Peterborough.   Il tient une chronique bimensuelle au Chat Qui Louche.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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One Response to Chronique ontarienne, par Jean-François Tremblay…

  1. J-L T dit :

    la misere humaine –  ouf ===  y a autre chose

    J’aime

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