Rétrospective : Romans et subventions : Abécédaire…

Abécédaire sur Alice et quelques autres objets du devenir…

Romans et subventions — Le livre est écrit pour être lu.  Ne serait-ce que par son auteur.  Il a donc une finalité fonctionnelle ; il est utilitaire, dans le sens qu’il comble un besoin.  S’il ne comblait aucun besoin, il n’existerait pas.  Ce besoin est-il réel ou artificiel ?  Posons la question autrement : le besoin est-il urgent et vital au point que la collectivité le subventionne comme objet de consommation de toute première nécessité ?  –– comme le lait, les œufs et la viande ?   Les gens lisent en gros pour trois motifs :

i) Le snobisme : on veut se montrer à la plage ou dans les lobbies d’hôtel avec le dernier Goncourt ou le dernier Pulitzer en main ; on veut chat qui louche maykan alain gagnon francophoniepouvoir en discuter dans les cocktails ou lors de la drague : ça fait chic.  Le roman ou l’essai, que les chantres officiels de l’institution littéraire ont sanctionné, accorde un statut à son lecteur – à ses propres yeux et à ceux des happy few qui sont témoins et complices de ses lectures.  Il s’agit là d’une minorité.

ii) La distraction : les gens s’ennuient.  Ils ont besoin de passe-temps pour oublier qu’ils existent. De là, l’horrible expression : tuer le temps – alors que c’est   lui qui nous tue ! Certains jouent au golf.  Certains travaillent.  D’autres aiment rêver en de longues dérives arlequinesques…  Les clubs de livres et les hard covers en traduction les comblent.  Des écrivains s’enrichissent de leur douce manie.  Il s’agit là d’une majorité de lecteurs.

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Vermeer, Jeune fille au turban

iii) L’impérieuse nécessité : certains demandent aux livres l’explication de leurs univers intérieurs et des univers extérieurs.  Ils vont d’un auteur à l’autre, sont souvent déçus, connaissent parfois de grandes joies, sacrifient leurs heures de loisir à cette quête qui ne les comblera jamais… Ils représentent une minorité.

La politique est l’art de prendre le pouvoir et de le conserver.  Nous sommes en démocratie, donc soumis au règne de la quantité.  De là ce peu d’aide aux auteurs et éditeurs qui valent, et ces dumpings sauvages d’ouvrages médiocres auxquels il est miraculeux que notre littérature québécoise ait pu résister.

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4 Responses to Rétrospective : Romans et subventions : Abécédaire…

  1. Dominique B. dit :

    Bonjour Alain,

    j’adore l’homme rebelle que parfois vous êtes !

    Agréable dernière journée très chaude…

    Dominique

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  2. Emmanuel M. Simard dit :

    Vive les écrivains-prolo !

    travailler le jour, écrire la nuit…

    Si c’est bon pour Kafka, Bukowski, Kerouac et j’en passe… c’est bon pour une bonne partie d’entre nous…

    J’aime

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