Les apophtegmes de Jean-Pierre Vidal…

 Apophtegmes

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Alexandre et Diogène, Nicolas-André Monsiau

  1. Si la langue ne servait qu’à communiquer, nous n’aurions jamais dépassé Neandertal. Mais elle sert aussi à concevoir le monde et c’est pour ça que nous avons « réussi » Auschwitz.
  1. Le futur est une idée désuète mais qui nous agite encore parfois. Comme un tic.
  1. La différence entre l’acné juvénile et les valeurs, c’est que ces dernières, un tout petit nombre d’individus les emporte, presque inchangées, jusque dans la tombe. Le visage plein de boutons.

 

  1. Comme Diogène enjoignant à Alexandre le Grand de ne pas lui faire d’ombre, l’artiste devrait dire au public « ôte-toi de mon art ! ». Mais nous avons désormais des artistes qui n’aspirent plus qu’à se faire tripoter l’intériorité par les mains moites d’un public de badauds.

 

  1. Au Canada, le monde se divise en deux : ceux qui se sucrent et ceux qu’on poivre.

 

  1. Le métissage ne se fait qu’à deux, le reste, c’est un virus. Mais quand plus de deux mettent la main à la pâte humaine, cela prend du temps et de l’espace, de la patience et des générations entières, et cela s’appelle, tout bêtement, l’identité.
  1. L’art véritable ne peut être qu’universel et nous ne connaissons plus qu’un articulet clinquant dont l’éternité se borne le plus souvent à une classe d’âge, comme la culture se réduit à la nostalgie.

 

  1. Si l’élégance ne devient pas une façon d’être, elle n’est jamais qu’une autre forme de vulgarité.

 

  1. Si les riches sont pingres, c’est sans doute que c’est leur seule façon de s’excuser ou d’avoir honte.

 

  1. Si vous savez maintenir une attitude positive, refuser toute critique, ne pas admettre que quiconque vous dicte votre conduite ou même vous donne des conseils ; si vous êtes persuadé que votre opinion vaut celle de n’importe qui et que personne ne pourrait vous en faire changer, même s’il en sait infiniment plus que vous sur la question, surtout s’il en sait plus que vous, vous bénéficierez d’une sorte d’effet Zellers inversé : vous seul ne saurez pas que vous valez si peu.

(Apophtegmes tirés de : Apophtegmes et rancœurs,  Éditions du Chat Qui Louche, 2012.)

Notice biographiquechat qui louche maykan alain gagnon francophonie

Écrivain, sémioticien et chercheur, Jean-Pierre Vidal est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi où il a enseigné depuis sa fondation en 1969.  Outre des centaines d’articles dans des revues universitaires québécoises et françaises, il a publié deux livres sur Alain Robbe-Grillet, trois recueils de nouvelles (Histoires cruelles et lamentables – 1991, Petites morts et autres contrariétés – 2011, et Le chat qui avait mordu Sigmund Freud – 2013), un essai en 2004 : Le labyrinthe aboli – de quelques Minotaures contemporains ainsi qu’un recueil d’aphorismes,Apophtegmes et rancœurs, aux Éditions numériques du Chat qui louche en 2012.  Jean-Pierre Vidal collabore à diverses revues culturelles et artistiques (SpiraleTangenceXYZEsseEtc,Ciel VariableZone occupée).  En plus de cette Chronique d’humeur bimensuelle, il participe occasionnellement, sous le pseudonyme de Diogène l’ancien, au blogue de Mauvaise herbe.  Depuis 2005, il est conseiller scientifique au Fonds de Recherche du Québec–Société et Culture (F.R.Q.S.C.).

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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