Une autre nouvelle étonnante… de Clémence Tombereau…

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Clémence Tombereau

 

Je te plais. Je le sais.

Dès que tu m’aperçois, tu fonds sur moi en m’inondant de mots bizarre. Du velours qui caresse mes oreilles alcôves. Ces mots, je ne les comprends pas. Mais ces mots sont de l’amour. Je le devine, à la forme de ta bouche qui s’arque en un sourire luisant, à tes yeux qui papillonnent et crépitent d’enjôleuses étincelles.

Je te plais. Je le sais.

Qu’est-ce que tu m’aimes ! Tu me câlines, tu m’embrasses, me bichonnes, me lances un regard triste quand tu pars travailler. Tu m’aimes, oui.

Au début, je ne t’aimais pas : tu n’étais pas comme ma mère. Je te fuyais, mâle effrayé par tant d’ardeur. Je t’en ai fait baver, multipliant les incartades, les infidélités avec tes copines. Avec elles je me montrais adorable, avec toi infâme. Tant pis : tu m’aimais déjà, que je le veuille ou non, et tu pensais à juste titre qu’une si grande affection aurait raison de mon caractère farouche.

Tu n’étais pas comme ma mère, non, ou comme les femelles que je guettais, la pupille aux abois et les sens au bord de l’explosion. Ces femelles dont je rêvais.

Mon ingratitude première, ambigu phénomène, te rendait plus aimante. Je me disais que tu étais folle. J’étais jeune tu sais, avec toute la bêtise que cela implique.

En douce tu m’as apprivoisé. Des petites couches d’amour, çà et là, tous les jours. De l’indulgence envers mes bêtises. Parfois de la colère, des cris : là tu m’intéressais drôlement. J’aimais bien t’énerver.

Je te plais. Je le sais.

Je sais aussi que tu n’as que moi. Ta solitude souvent maquille ton sourire en une grimace grise.

Ma belle. Je souhaite tellement que tu rencontres un homme. Un vrai. Je ne serai pas jaloux. Pas trop. Je partagerai avec lui la dose d’amour immense qui incendie ton cœur. Et s’il te fait souffrir je le défigurerai.

Ma maîtresse. Je t’aime désormais. J’en ronronne de plaisir sur tes genoux brûlants.

Notice biographique

Clémence Tombereau est née  à Nîmes en 1978. Après des études de lettres classiques, elle a enseigné le français en lycée pendant cinq ans.  Elle vit désormais à Porto au Portugal.  Finaliste du prix Hemingway en 2005, lauréate cette année du concours littéraire organisé par le blogue Vivre à Porto.  Elle a contribué à la revue littéraire Rougedéclic (numéro2) et elle nourrit régulièrement un blogue que vous auriez intérêt à visiter : le Clémence Dumper :http://clemencedumper.blogspot.com/

 

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