Billet de Maestitia, par Myriam Ould-Hamouda…

La même histoire

 chat qui louche maykan alain gagnon francophonieL’histoire a commencé comme ça. Comme toutes ces mêmes histoires. Toutes ces histoires dont ils revendiquent l’unicité, alors qu’elles ne sont jamais que la même. Qui tourne en boucle. Avec ce même refrain, avec ce goût amer de Jamais plus que l’écho étouffera. L’histoire a commencé comme ça – donc – avec ces deux cœurs qui battent un peu trop fort, ces regards qui s’évitent, et puis s’effleurent, se pénètrent, avec ces corps qui se rapprochent un peu trop faux, ces mots qui glissent, piquent, réchauffent enfin.

 Il y avait lui. Il y avait elle. Il y avait eux. Les mêmes, il y a trois ans. Ils étaient faits l’un pour l’autre. Il était l’homme de sa vie. Elle était la princesse de ses mille et une nuits. Ils faisaient l’amour un peu trop fort. Ils chantaient l’amour un peu trop faux. Et le monde tournait autour de leur nombril. Je t’aime ! L’histoire a commencé comme ça. Avec des shabadabadas. Avec des chamallows, des pommes d’amour et un peu de barbe à papa. Sur un rythme toujours trop mou de Reality de Richard Sanderson. L’histoire a commencé comme ça. En trop. Trop peu, aussi. Avec passion. Avec parcimonie. Avec elle. Avec lui.

 Mais le temps qui passe, le quotidien qui s’installe, les preuves de n’importe quoi qui s’accumulent, éloignent toujours même les plus téméraires des amants. Aimer, un combat de tous les jours. Entre lui et elle. Entre eux. Depuis ce il y a trois ans, depuis ces shabadabadas, et autres sornettes qui font papillonner les premiers jours et chanter les lendemains ensoleillés. Lui, il y a deux ans, a exploré d’autres contrées. Plus blondes. Plus minces. Plus rieuses. Plus niaises, aussi. Elle, il y a deux ans, a posé sur son visage des œillères et un masque au large sourire dévoué. Demain, demain encore chantera.

 Mais le temps qui file, le quotidien qui oppresse, les preuves qui alimentent la haine au détriment de l’amour éloignent toujours plus les amants des premiers jours. Aimer, un combat voué à l’échec. Entre lui et elle. Entre eux. Depuis ce il y a trois ans, depuis ces shabadabadas, et autres sornettes qui font papillonner les premiers jours et chanter les lendemains ensoleillés. Lui, depuis un an, mène une double vie avec une autre princesse. Une princesse qui grogne un peu moins à cause de ses affaires qui traînent. Une princesse qui jouit de l’attention qu’il daigne encore lui accorder. Une princesse un peu plus légère. Elle, depuis un an, a fait tomber le masque. Et a choisi de faire un pas en arrière, en cette valse à trois temps. Elle est déjà loin lorsqu’il l’imagine encore déjà trop là, juste derrière lui.

 Mais le temps qui galope, le quotidien qui retient, les preuves qui rendent fou avant l’heure éloignent pour toujours les amants d’hier. Aimer, un combat qui n’aura jamais plus de raison d’être. Entre lui et elle. Entre eux. Depuis ce il y a trois ans, depuis ces shabadabadas, et autres sornettes qui font papillonner les premiers jours et chanter les lendemains ensoleillés. Lui, aujourd’hui, dort sur le canapé, loin du lit conjugal comme son esprit s’éloigne des rêves conjugaux, dans les bras de l’autre aux yeux bleus océan, à la chevelure blé, et au sourire contagieux. Elle ne ferme même plus le premier œil dans ce lit conjugal aux songes mille fois trop grands, aux songes mort-nés, et rêve éveillée de contrées vastes à souhait. De contrées-paradis. De belles histoires, de contes de fées. Comme avant.

 Comme avant. Il y a trois ans de ça. Quand il y avait encore un lui. Encore une elle. Des shabadabadas, des chamallows, des pommes d’amour, un peu de barbe à papa et autres sornettes qui font papillonner les premiers jours et chanter les lendemains ensoleillés. Ces histoires de contes de fées que l’on raconte aux petites filles pour les endormir. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Mais aujourd’hui n’a plus rien de comme avant. Et son prince charmant, lui, s’est tiré depuis longtemps. Sans s’en apercevoir. Elle a pris ses distances depuis longtemps aussi, sans qu’il s’en aperçoive. Pour ne plus souffrir, enfin, de ce manque d’attention. De ce manque de tout. De ce manque de rien. De ce manque de prince charmant. De marmots à tire-larigot. Et ils vécurent heureux et… merde.

 Demain, le monde ira mieux. Lorsque la même histoire cessera enfin de se répéter. Avec ses cœurs quichat qui louche maykan alain gagnon francophonie battent la chamade. Avec ses ils vécurent heureux, avec ses et eurent beaucoup d’enfants. Avec ses shabadabadas, ses chamallows, ses pommes d’amour, ses barbes à papa et autres sornettes qui font papillonner les premiers jours et chanter les lendemains ensoleillés. Demain lorsque, enfin, il/elle/eux se réveillera(ont).

 Notice biographique

Chat Qui Louche maykan alain gagnon francophonieMyriam Ould-Hamouda (alias Maestitia) voit le jour à Belfort (Franche-Comté) en 1987. Elle travaille au sein d’une association pour personnes retraitées où elle anime, entre autres, des ateliers d’écriture.  C’est en focalisant son énergie sur le théâtre et le dessin qu’elle a acquis et développé son sens du mouvement, teinté de sonorités, et sa douceur en bataille — autant de fils conducteurs vers sa passion primordiale : l’écriture. Elle écrit comme elle vit, et vit comme elle parle.  Récemment, elle a créé un blogue Un peu d’on mais sans œufs, où elle dévoile sa vision du monde à travers ses mots – oscillant entre prose et poésie – et quelques croquis,  au ton humoristique, dans lesquels elle met en scène des tranches de vie : http://blogmaestitia.xawaxx.org/

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)

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